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Combiner Lingua libre et le Wiktionnaire, c’est possible : le témoignage de Lyokoï

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Lingua Libre, la médiathèque linguistique participative de Wikimédia France a franchi en juin le seuil symbolique des 500 000 enregistrements audio. À cette occasion, l’association vous fait découvrir quelques bénévoles qui participent à cette aventure collaborative.

Lingua Libre et Lyokoï

Lyokoï

Lyokoï est un contributeur de longue date puisqu’il compte une cinquantaine d’interventions menées dans le cadre de l’association pour promouvoir le wiktionnaire et Lingua Libre. Co-fondateur de Lingua Libre, il est l’un des premier a s’être intéressé à un projet d’enregistrement des langues de France.

Aujourd’hui, il en fait la promotion et participe très activement à son développement. Le métier qu’il exerce actuellement en dit long sur son engagement auprès du libre partage des connaissances.  De fait, il dispense des formations aux institutions culturelles, aux bibliothèques et aux archives afin de les accompagner tout au long de la valorisation numérique de leurs collections.

En quoi est-ce que Lingua Libre enrichit le wiktionnaire ?

« En tant que wiktionnariste, j’aperçois en effet tout ce que Lingua Libre peut apporter au Wiktionnaire en termes de linguistique. L’enregistrement audio est ce qui se rapproche le plus d’une langue orale, davantage que les procédés grammaticaux qui figurent dans le Wiktionnaire en tout cas. Actuellement, sur Lingua Libre, on a des bases de données de sons qui sont comme des photographies de la langue en instantané. On ne peut pas faire mieux pour cerner une langue dans son intégralité. Quand on écrit une langue, on renseigne le signifié écrit mais celui-ci peut être prononcé de pleins de manières différentes en fonction de la provenance régionale des personnes par exemple. Un enregistrement audio seul peut rendre compte de cette diversité linguistique en termes de prononciation. De ce fait, avec l’oralité, on peut décrire les évolutions de la langue sur ce dernier siècle, les premiers enregistrements audio datant de la fin du XIXe et du début du XXe. »

Tes premiers pas dans l’association : comment s’est passée ton intégration au mouvement wikimedia en tant que bénévole ?

« J’ai commencé à contribuer sur le Wiktionnaire en 2012, puis j’ai intégré l’association Wikimédia France deux ans plus tard. Je me trouvais alors à Lyon donc j’ai d’abord intégré le groupe local lyonnais. Tout a commencé à prendre beaucoup plus d’ampleur lorsque Pierre-Antoine Le Page, ancien salarié de l’association parti à la recherche d’un wiktionnariste pour une de ses interventions, a fait appel à moi. C’est donc à Angoulême qu’a eu lieu ma première présentation du Wiktionnaire, portant tout haut la bannière de Wikimédia.

Par la suite, il m’a été attribué plus de responsabilités au sein du mouvement, comme lorsque j’ai été invité à participer à la journée des dictionnaires à Paris, en présence d’éditeurs reconnus comme ceux du Larousse ou du Robert.

Ma contribution à la diversité linguistique chez Wikimédia France prend son origine dans mon travail sur les langues de France que j’avais déjà renseigné sur le Wiktionnaire. J’avais en effet commencé à compléter les annexes qui dressent la liste des langues de France et lancer les articles sur Wikipédia pour les langues qui n’en avaient pas. En bref, j’ai posé les bases pour que les locuteurs.trices en langues régionales de France se mettent à contribuer sur les projets Wikimedia. Pierre- Antoine et moi-même sommes également partis de ces fondements pour mener un travail sur la valorisation des langues de France en lien avec un outil d’enregistrement pour les faire vivre sur Wikimedia Commons. »

Stand de Wikimédia France (tenu par des bénévoles dont Lyokoï) aux Journées du logiciel libre 2018 de Lyon

Quels sont les idéaux portés par le mouvement wikimedia qui te poussent à toujours contribuer davantage ?

« Au moment présent, il y a des moments où en effet c’est compliqué de cristalliser mon occupation salariale avec ma contribution sur les projets Wikimedia. Cependant, la contribution, sur le Wiktionnaire notamment, est une partie de plaisir pour moi. Il est hors de question que je fasse cela par obligation ou alors je le ferai mal.

Je dirai que c’est avant tout l’ambiance qui règne dans le mouvement Wikimedia qui me pousse à contribuer toujours plus. J’ai été très bien accueilli à mon arrivée sur le Wiktionnaire et jusqu’ici, cette bienveillance entre contributeurs et contributrices bénévoles est toujours très présente. Dès que je rencontre un problème, j’ai quelqu’un pour m’aider ou je m’aide des contributions qui ont été mises en ligne par elles. C’est ce que j’apprécie beaucoup des projets wikis, le fait que nos modifications, une fois qu’elles sont mises en ligne, sont instantanément disponibles à toutes et à tous. Tel est l’un des piliers phares du wiki : pour modifier un bout de rédaction en ligne, il suffit de retoucher le texte. Cette façon de co-travailler me permet d’apprendre énormément sur des sujets auxquels je ne connaissais pas grand chose et c’est d’ailleurs comme ça qu’est née mon affection pour la diversité linguistique, car au tout début, pour être honnête, je n’en savais rien.

C’est aussi une méthode de travail qui s’accompagne de beaucoup de rigueur car nous devons constamment justifier notre contribution par des sources, notamment lorsqu’on est en désaccord avec une autre personne et il faut démêler l’affaire en allant vérifier ses propres sources et celles de l’autre. En réalité, c’est comme un jeu de piste et c’est très ludique. C’est ainsi qu’en concertant les sources dénombrées par d’autres contributeurs et contributrices, je me suis aperçu que les langues régionales ont un apport assez considérable en Français en termes de vocabulaire, ce qui est plutôt méconnu ou alors mal renseigné par les dictionnaires de référence. Ce constat m’a poussé à valoriser la diversité linguistique car elle est une réalité et je n’aime pas travestir la réalité. »

Des Wiktionnaristes dont Lyokoï qui discutent lors de la permanence lyonnaise de juillet 2021.

Comment vois-tu l’avenir de tes contributions ?

« Aujourd’hui, mon objectif est d’arriver à trouver une porte d’entrée dans des associations de patoisants pour les rendre autonomes à l’usage de Lingua Libre. Cependant, même si Lingua Libre est l’outil sur lequel je suis le plus visible pour le moment, cela ne représente qu’une partie de mon engagement au sein du mouvement Wikimedia. De fait, je suis également très présent sur le Wiktionnaire et c’est la-dessus que je compte mener mon prochain projet. Il s’agira de créer une base de dictionnaires sur Wikisource. Actuellement, je suis en train de recenser tous les dictionnaires anciens et il en existe plusieurs milliers. De fait, l’idée c’est de générer une page automatiquement, grâce à laquelle on pourra rentrer un mot et obtenir tous les dictionnaires qui contiennent ce mot. Ainsi, on pourra comparer les entrées de chaque dictionnaire, des anciens et des plus récents, pour un mot en particulier. Le meilleur outil pour faire une liste de recensement des dictionnaires reste tout de même Wikidata, car il permet de faire revivre des listes d’objets anciens rien qu’en ayant leur photo. Enfin, il s’agira de référencer cette base de données de dictionnaires sur Wikidata et sur le Wiktionnaire grâce à une liste de référence. Cela permet aussi d’utiliser cette base de données sur Wikisource pour savoir quels dictionnaires sont là ou pas. »

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Crédits images
Sarah Krichen WMFr, CC BY-SA 4.0
Lyokoï
Habib M’henni / Dyolf77, CC BY 4.
Antoine Lamielle, CC BY-SA 4.0
Noé, CC BY-SA 4.0
Wikinade, CC BY-SA 4.0

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