Accueil / Politique et société / Infox : le CSA publie son deuxième rapport sur la manipulation de l’information

Infox : le CSA publie son deuxième rapport sur la manipulation de l’information

Posted on

Wikipédia dans la liste des plateformes concernées

Depuis le 22 décembre 2018, la France s’est dotée d’une loi contre la manipulation de l’information. Le texte fixe des obligations de moyens et de transparence pour mieux lutter contre la désinformation. Le législateur a confié au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) le soin d’établir un bilan de l’application et de l’effectivité des mesures mises en œuvre par les plateformes pour lutter contre la diffusion de fausses informations. La loi française ne prévoit pas de sanctions, le CSA procèdera par name and shame si les plateformes ne suivent pas ses recommandations.

Les plateformes concernées sont les sites participatifs et les moteurs de recherche qui ont plus de 5 millions de visiteurs uniques par mois. Avec 30 millions de visiteurs uniques chaque mois, Wikipédia figure dans la liste des plateformes concernées.

Naïma Moutchou, rapporteure de « loi fake news »
Au total onze opérateurs de plateformes numériques doivent rendre des comptes : Dailymotion, Facebook, Google (Google Search et YouTube), LinkedIn, Microsoft (Bing et Microsoft Advertising), Snapchat, Twitter, Unify (Doctissimo), Webedia (Jeuxvideo.com), la Fondation Wikimedia (Wikipédia) et Verizon Media (Yahoo Search).
 

Le CSA a publié, le 21 septembre 2021 et pour la deuxième année consécutive, son bilan et ses recommandations mais également les déclarations des opérateurs de plateforme. La page étant très chargée, nous rappelons les liens utiles ci-dessous :

Les recommandations du CSA pour Wikipédia

Du côté de Wikimédia France, nous maintenons une page sur Méta-Wiki dédiée à la manipulation de l’information sur Wikipédia.

Sur les seize recommandations publiées par le CSA, voici celles qui se rapportent à Wikipédia :

Transparence en général

  • n° 1 : fournir de manière proactive aux utilisateurs, sur la plateforme, si possible de manière personnalisée et contextuelle, des explications claires et accessibles sur les mesures mises en œuvre face aux risques liés à la manipulation de l’information.
  • n° 2 : faire preuve de plus de transparence vis-à-vis du public en fournissant davantage de précisions chiffrées et d’éléments contextualisés, notamment dans les déclarations, et communiquer au Conseil toutes les informations, fussent-elles confidentielles, permettant de mieux comprendre les mesures prises et leur impact.

Dispositif de signalement

  •  n° 3 : pour les moteurs de recherche, améliorer la visibilité et la facilité d’utilisation de leur dispositif de signalement.
  • n° 4 : mieux informer les auteurs de signalement, et utilisateurs ayant publié un contenu signalé, de l’avancée des procédures de traitement des signalements en cours, et leur en communiquer l’issue dans un délai raisonnable. Par ailleurs, il apparaît impératif de mieux expliquer aux utilisateurs les voies de recours existantes.
  • n° 5 : à l’exception de la lutte contre certaines pratiques aisément détectables automatiquement, maintenir une intervention humaine dans le processus de décision d’une action à l’égard d’un contenu ou d’un compte.

Transparence des algorithmes

  • n° 6 : proposer aux utilisateurs des fonctionnalités leur permettant de comprendre, si possible de manière personnalisée et contextuelle, les effets des systèmes algorithmiques de recommandation et de modération.
  • n° 7 : déclarer tout élément donnant à voir comment la lutte contre les biais est concrètement mise en œuvre sur leurs services : ressources dédiées, outils, modifications opérées par la suite, résultats.

Promotion des contenus issus d’entreprises et d’agences de presse et de services de communication audiovisuelle

  • n° 9 : développer des initiatives et partenariats tels que ceux pris dans le contexte de la crise sanitaire (en coopération avec des pouvoirs publics, des associations, des chercheurs, etc.) tout en veillant, le cas échéant, à distinguer les sources gouvernementales, à des fins de transparence vis-à-vis des utilisateurs.
  • n° 10 : informer davantage les utilisateurs sur les pratiques coordonnées d’influence et les risques qui en découlent, tout particulièrement en période électorale.

Éducation aux médias et à l’information et relations avec le monde de la recherche

  • n° 15 : évaluer l’impact sur le comportement des utilisateurs des actions en matière d’éducation aux médias et à l’information et en rendre compte au public et au régulateur.
  • n° 16 : intensifier les collaborations avec le monde de la recherche, notamment en mettant en œuvre les conditions permettant la mise à disposition et l’exploitation des données à grande échelle.

Nos priorités pour lutter contre la manipulation sur Wikipédia

En conclusion de cet article, il nous paraissait pertinent de souligner ce qui nous paraissait prioritaire en matière de lutte contre la manipulation sur Wikipédia :

  • Approfondir notre connaissance de la modération. Wikimédia France finance l’outil statistique Wikiscan qui est un bon début, mais il est nécessaire d’aller au delà. Nous sommes en train de mettre en place un projet de recherche sur la question afin de mieux comprendre la modération sur l’encyclopédie.
  • Améliorer les outils de modération. Il nous semble nécessaire que la communauté francophone envisage de remplacer le robot modérateur Salebot par Cluebot NG.
  • Poursuivre les efforts d’éducation aux médias et à l’information. Wikimédia France va développer un jeu pédagogique visant à développer l’esprit critique des lycéens à travers l’apprentissage ludique de la contribution sur Wikipédia.
  • Accroître les relations institutionnelles. Jusqu’à très récemment, quasiment aucune institution publique n’avait rencontré de personnes du mouvement Wikimedia, cela ne nous semble pas convenable pour un site consulté par un français sur deux chaque mois. Wikimédia France a donc entrepris de corriger cela.
  • Sourcer l’information. La meilleur arme de Wikipédia contre la désinformation réside dans l’utilisation de sources de qualité. Wikimédia France promeut l’initiative #1Bib1Ref / #1Lib1Ref en France afin que les bibliothécaires ajoutent des références dans les articles.
  • Développer l’accès à la presse, aux articles universitaires et aux ouvrages. Pour les articles universitaires, la Wikimedia Foundation développe le projet de Bibliothèque Wikipédia où des éditeurs mettent à disposition gratuitement des accès aux rédacteurs. Il est également possible de se faire financer l’achat d’ouvrages auprès de la commission micro-financement de Wikimédia France. Enfin, Wikimédia France étudie la possibilité de développer l’accès à la presse auprès de la communauté de rédacteurs de la Wikipédia francophone.

Recevez nos courriels

Abonnez-vous pour découvrir nos projets actuels et à venir.

Parlez à un être humain

Des questions sur notre association ou sur nos projets ? Contactez notre équipe.

Contact →

Nous suivre sur les réseaux sociaux
Crédits images
Frederick Burr Opper, domaine public
Jean-Luc Freezkies, CC BY-SA 4.0
Wikinade, CC BY-SA 4.0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Top