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Les collections publiques de la ville de Paris passent en open content

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Les fonds iconographiques et photographiques de la ville de Paris en accès libre

Logo de la Parisienne de photographie

Le 15 novembre 2018, le Conseil de Paris a pris une importante décision [1], passée jusqu’à présent inaperçue : la Parisienne de Photographie n’est plus en charge de la diffusion des fonds photographiques de la Ville. L’open content devient la règle pour les collections publiques de la ville de Paris ! Cela signifie une « mise à disposition gratuite sur Internet des reproductions numériques des œuvres sous une licence garantissant leur libre accès et leur réutilisation par tous, sans restriction technique, juridique ou financière » [2].

Depuis 2005, la société Parisienne de Photographie bénéficie d’une délégation de service public afin de mettre en valeur les fonds photographiques de la ville de Paris. Par mise en valeur, il s’agit surtout de vente de photographies.

Une bonne nouvelle pour la libre diffusion de la connaissance

Wikimédia France se réjouit que la ville de Paris reconnaisse que la vente des droits de reproduction des fonds patrimoniaux est une impasse financière (950.000 euros de pertes constatées) et qu’enfin une véritable diffusion des collections de la Ville puisse se faire.

Concrètement :

  • les fonds Roger-Viollet et France Soir restent exploités commercialement dans le cadre d’une concession de service public,
  • les reproductions des collections de la ville de Paris (musées, bibliothèques patrimoniales et autres institutions culturelles municipales) seront publiées en haute définition et sous licence libre. Cela permet notamment d’illustrer Wikipédia. Jusqu’à présent, les wikimédiens devaient aller dans les musées de la ville de Paris pour photographier les œuvres afin d’illustrer les articles de Wikipédia. Ce temps passé par les bénévoles à dupliquer ce qui a déjà été fait, et souvent en meilleure qualité, pourra être consacré à des tâches plus utiles de valorisation des collections publiques et de diffusion des connaissances.
Photos des collections du Musée Carnavalet
Sortie photo au Musée Carnavalet le 6 avril 2014

Le livre blanc « Droit des images, histoire de l’art et société » [2] issu du programme Image/Usages rappelle justement les inconvénients de ne pas diffuser largement les images patrimoniales. Cette large ouverture des contenus est une formidable opportunité pour les musées de la ville de Paris qui vont pouvoir accroitre la valorisdation de leurs collections et répondre aux besoins des professionnels et des amateurs.

Ce changement majeur opéré par la ville de Paris doit inciter le Ministère de la Culture à prendre ses responsabilités en adaptant les missions de l’agence photographique de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais (Rmn-GP)  aux nouvelles pratiques nées de l’ère du partage numérique et de saisir les nouvelles opportunités pour la diplomatie culturelle française.

[1] 2018 DAC 609 : Devenir de la Parisienne de Photographie. Politique d’accès au patrimoine photographique de la Ville.

[2] Livre blanc « Droit des images, histoire de l’art et société »

4 thoughts on “Les collections publiques de la ville de Paris passent en open content

  1. Derrière la belle idée universaliste de la distribution gratuite des images, on omet souvent de se rappeler que les images ne se font pas toute seules… Derrière ces millions d’images il y a des gens qui travaillent depuis des décennies, non seulement des photographes professionnels qui oeuvrent à longueur d’années à travers toute la France avec beaucoup de matériel de pointe pour pouvoir proposer des reproductions d’une qualité exceptionnelle non seulement d’un point de vue définition mais également colorimétrique. Il ne s’agit pas comme je l’ai lu de « simples » reproductions… Les images sont faites avec des protocoles scientifiques ( chefs d’oeuvres de la peinture des musées nationaux) ET artistiques quand il s’agit de photographier des sculptures, des objets d’art, des véhicules, des vêtements, des momies, des oeuvres monumentales ou microscopiques… On est bien loin d’une image prise « à la volée » avec un téléphone portable. Les images délivrées par des agences comme celle de la RMNGP servent à bien autre chose qu’à illustrer des articles sur un wiki, elles sont d’une qualité telle qu’elle servent de support de travail à des equipes scientifiques afin d’étudier certaines oeuvres, mais également des documentalistes qui enrichissent les images de données, des retoucheurs, etc … Bref des dizaines de personnes qui travaillent à plein temps pour pouvoir proposer des images d’une qualité inégalée. Comme n’importe quel autre métier, ces gens ont besoin d’un salaire ! Pourquoi des images qui ont nécessité des jours de travail devraient être données gratuitement ? Je répète que cela est une belle chose que l’universalité de la connaissance, mais ces images qui sont là aujourd’hui et qu’on veut distribuer gratuitement ne sont pas apparues par enchantement. Si des propositions sont faites concrètement afin de conserver un financement permettant aux gens des agences de continuer à remplir leur mission de couverture des collections nationales, alors ce sera un très beau projet. Mais si l’universalité de la connaissance doit exister par le fait de tuer des agences en mettant des dizaines de personnes au chômage serait un non sens et ressemblerait plus à du « pillage » qu’à une belle aventure idéaliste. Cela reviendrait à réduire la valeur du travail de tout ces gens pendant des décennies à 0… C’est assez triste.

  2. Information à prendre avec précaution. Le sujet est actuellement étudié mais il n’y a pas d’information officielle de la Ville de Paris et hier soir aucune image n’était accessible en HD.

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