Assemblée Générale 2008

L'Assemblée Générale de 2008 a eu lieu le 16 février 2008 à la Cité des Sciences et de l'industrie à Paris.

 

L’Assemblée générale est ouverte à 14 heures 10 en présence de Pierre BEAUDOUIN, président, Guillaume PAUMIER, secrétaire et Jean-François GAFFARD, trésorier.

Guillaume PAUMIER constate que les membres présents, représentés ou ayant voté par correspondance sont au nombre de 66. Le quorum étant réuni, l’Assemblée générale peut valablement délibérer tant dans sa partie ordinaire que dans sa partie extraordinaire.

Assemblée générale mixte de Wikimedia France 2008

Rapport d’activité

Nombre de membres

Pierre BEAUDOUIN expose que l’association compte 107 adhérents à jour de leur cotisation, dont 3 personnes morales. Le nombre de membres a donc doublé par rapport à l’année précédente. Pour mémoire, l’association a été créée en octobre-novembre 2004 et compte donc trois ans d’existence. L’évolution du nombre de membres peut sembler très positive, mais l’association manque encore de taille critique, en particulier par rapport à son homologue allemande.

Principales activités de l’année

Les deux temps forts de l’année ont été le colloque organisé sur le thème « Développer – Valider – Ouvrir » et l’aide à la fourniture de contenu.

Accréditation de photographes

Dans le cadre des élections présidentielles, l’association a contacté les partis politiques et demandé des accréditations pour des photographes amateurs, ne possédant pas de carte de presse. Finalement, chaque candidat à l’élection a eu sa photographie dans Wikipédia, soit qu’il ait été photographié au cours d’un meeting, soit qu’il ait, à la demande de l’association, placé sous licence libre l’une de ses photographies. L’association a également demandé des accréditations pour des manifestations musicales. Un membre a ainsi couvert le festival des Eurockéennes de Belfort, rapportant plusieurs dizaines d’images qui illustrent les articles de nombreux groupes et artistes.

Elle a également essuyé un échec : le Musée de la Marine a refusé que les photographies prises en ses murs soient placées sous licence libre.

Florence DEVOUARD indique avoir rencontré l’ICOM (International Council of Museums) dans le but de mettre en place un partenariat et récupérer des photographies. L’ICOM est intéressé, mais il est difficile de trouver un musée qui veuille se prêter à l’expérience.

Pierre BEAUDOUIN conclut que le projet est à l’état d’ébauche.

Jean-François GAFFARD estime qu’il faut replacer le problème dans le cadre plus général des institutions dépendant de l’Etat, notamment pour ce qui est de l’IGN et l’INSEE : ces établissements se voient demander d’assurer leur propre financement, notamment par la vente de leur patrimoine immatériel. Ce débat dépasse Wikipédia et est porté par d’autres associations que Wikimédia France.

Daniel LETOUZEY incite les collaborateurs de Wikipédia a davantage utiliser les initiatives déjà existantes. Ainsi, le personnel des Archives de l’Eure a mis en ligne des milliers de cartes postales. De même, la Web Gallery of Art présente des milliers de reproductions de tableaux.

Projets de numérisation

Pierre BEAUDOUIN indique qu’un projet de numérisation est en cours ; il porte sur des thèses de médecine vétérinaire de la Faculté de Toulouse. Valérie CHANSIGAUD précise que le corpus concerné regroupe une centaine de thèses des années 1880-1890, représentant 4300 pages au total. Le projet a été proposé par le bibliothécaire de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse ; le Conseil national de l’ordre vétérinaire a donné son accord explicite pour que ces thèses soient mises dans le domaine public.

Valérie CHANSIGAUD espère également constituer un petit groupe d’historiens de la médecine vétérinaire, domaine mal connu en France, ce qui permettra d’intéresser des disciplines connexes. Il s’agit donc d’un laboratoire grandeur nature.

Pierre BEAUDOUIN explique que les projets de numérisation intéressent principalement Wikimedia Commons et Wikisource. Le Conseil d’administration a également voté la numérisation d’un atlas de 1828 et du fonds de la bibliothèque de Gray.

Jean-François GAFFARD explique que Gray, petite ville de Franche-Comté, présente la particularité de posséder une bibliothèque patrimoniale de grande qualité. Elle a récupéré les fonds des monastères voisins lors de la Révolution française et mené une politique d’acquisition ambitieuse tout au long du XIXe siècle, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Jean-François GAFFARD est en cours de négociation avec le Conseil municipal pour permettre la numérisation du contenu de cette bibliothèque, qui serait placé dans le domaine public. Le projet est sans doute un peu prématuré, le fond n’étant pas encore catalogué correctement. Un inventaire a été débuté.

Travail de sensibilisation

Pierre BEAUDOUIN expose que, parallèlement à ces projets spécifiques, l’association mène un travail de sensibilisation plus général. Des membres ont ainsi rencontré des responsables de la BNF.

Marie-Lan NGUYEN indique que Valérie Chansigaud et elle-même ont rencontré en début d’année le directeur général adjoint de la BNF et d’autres responsables. Il s’agissait avant tout d’une prise de contact, qui n’a débouché sur aucun projet concret. Elle a cependant permis d’apprendre une information intéressante : de l’aveu de la responsable des services juridiques, la BNF ne revendique aucun droit d’auteur au titre des intermédiaires techniques sur les contenus présents sur Gallica. Ceux-ci sont donc libres de tout droit, y compris pour un usage commercial. La responsable juridique reconnaît que les mentions juridiques présentes sur le site sont peu claires et portent à confusion ; elles devraient être revues et clarifiées dans le cadre de Gallica 2. Par ailleurs, Gallica compte placer en ligne prochainement plusieurs milliers d’images en haute résolution. Elles porteront un tatouage numérique en bas de page, qui n’altèrera pas le texte.

Valérie CHANSIGAUD souligne l’enjeu économique que représentent ces contenus pour des institutions comme la BNF : son agence de reproduction a vu son chiffre d’affaires baisser après que Gallica a mis à disposition gratuitement des images, alors même qu’elles étaient en basse résolution.

Baptiste FOUQUES demande si la situation est susceptible d’évoluer dans un sens plus favorable aux contenus libres.

Pierre BEAUDOUIN ne croit pas que ce sera le cas. Il cite notamment le rapport paru en 2007 sur l’économie de l’immatériel ; une agence a été créée sur le sujet, que Wikimédia France contactera dès qu’elle deviendra active.

L’association siège au Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA), qui dépend du Ministère de la Culture. L’une de ses commissions de travail s’intéresse aux œuvres orphelines, c’est-à-dire aux œuvres dont on ignore l’auteur ou le traducteur. Le contenu des débats est encore confidentiel, le rapport devant être publié à la mi-avril, mais la tendance n’est pas à la libération de ces œuvres.

Wikimédia France siège également sur une commission qui réfléchit sur la responsabilité des intermédiaires techniques sur l’Internet. La Wikimedia Foundation se positionne en effet comme hébergeur des sites, et non comme éditeur. Les travaux de la commission pourraient déboucher sur une proposition de loi, sachant que des débats de même nature ont lieu actuellement au niveau communautaire. Ils devraient déboucher avant la présidence par la France dans l’Union européenne. L’influence de Wikimedia France reste limitée, mais le fait qu’elle soit invitée dans ces cercles est déjà un signe encourageant ; cela permet à l’association d’être tenue informée.

Par ailleurs, la Wikimedia Foundation siège à l’ASIC (Association des services Internet communautaires), qui regroupe les prestataires techniques de l’Internet comme Google ou eBay. Son but est de contrebalancer l’influence des représentants des ayants-droits. La Fondation est représentée par Olivier Hugot, son avocat français, qui sert également de conseil juridique, à titre bénévole, à Wikimedia France.

Florence DEVOUARD témoigne que la France est, avec l’Allemagne, le pays qui comporte le plus de risques juridiques et où la Fondation rencontre le plus de difficultés avec les pouvoirs publics.

Daniel LETOUZEY estime que la participation à ces réunions est un enjeu essentiel : ces organisations contribuent à façonner l’opinion publique. Il invite l’association à être présente chaque fois qu’il existe un débat à ce sujet. Il prend l’exemple de la commission que vient de créer Xavier Darcos sur les logiciels pédagogiques : elle ne comprend que des éditeurs de logiciels propriétaires, sans aucun représentant du logiciel libre, ni des enseignants, ni des collectivités territoriales.

Valérie CHANSIGAUD propose d’organiser des événements courts sur des thèmes précis, en collaboration avec d’autres structures ou associations, par exemple sur l’accès gratuit à des fins pédagogiques, la promotion de licences libres pour les biens culturels, etc. Jusqu’à présent en effet, l’association se contente de courir derrière l’actualité sans la créer. Le colloque a été, à cet égard, une expérience intéressante.

Philippe LEQUESNE déclare qu’il s’attend personnellement à un grand durcissement politique en faveur des ayants-droits, notamment après les municipales. Ensuite, il souligne la menace que représentent les procès pour Wikipédia : il incite à une grande vigilance sur les problèmes juridiques. Enfin, il indique que le Ministère de la Culture est actuellement en pleine réorganisation : le rattachement des DRAC est notamment appelé à changer. Les interlocuteurs de l’association ont donc d’autres priorités en ce moment.

Florence DEVOUARD confirme que les procès peuvent détruire la Fondation, non pas sur le plan purement juridique ou financier, mais sur celui des relations publiques. Sur le fond, elle se déclare plus optimiste quant à l’évolution des rapports de force. Un colloque récemment organisé au Sénat comprenait effectivement beaucoup d’ennemis irréductibles de Wikipédia, mais les organisateurs ont tenu à équilibrer les débats en invitant la Wikimedia Foundation.

Georges MENAHEM juge nécessaire de produire davantage d’information sur Wikipédia et ses procédures, pour aider les tierces partie à mieux comprendre son fonctionnement.

Pour Valérie CHANSIGAUD, il est urgent de sensibiliser et d’informer de manière spécifique les publics intermédiaires, comme les bibliothécaires-documentalistes et les enseignants

Baptiste FOUQUES remarque que la documentation actuellement présente sur le site de Wikipédia porte essentiellement sur les modalités de contribution. En revanche, il n’existe que peu de choses pour les simples lecteurs, notamment sur l’usage raisonné des articles de l’encyclopédie.

Philippe LEQUESNE indique que cet axe a été travaillé lors du groupe de travail sur l’éducation.

Valérie CHANSIGAUD incite à une certaine prudence dès qu’il s’agit de raisonner sur les usages. De fait, les visiteurs restent assez peu de temps : ils trouvent l’information et s’en vont. Les dernières estimations de Médiamétrie évaluent à 40 minutes le temps passé par un visiteur sur Wikipédia en un mois. Les critiques à l’encontre du projet se fondent sur un mode d’utilisation qui ne correspond pas à la réalité ; il importe de ne pas les suivre sur ce terrain.

Daniel LETOUZEY observe que les journalistes tendent à se lire entre eux. Le livre récemment publié par les élèves de Pierre Assouline se contente par exemple de compiler des critiques précédemment publiées, à l’exception d’un entretien avec Alain Rey et d’un autre avec Michel Serre.

Pour Daniel LETOUZEY, il convient d’inverser le questionnement : pourquoi les étudiants, lycéens et collégiens se servent-ils de Wikipédia ? Ainsi, les lycéens ont à réaliser des travaux personnels encadrés (TPE) : ils doivent trouver à la fois un sujet, une bibliographie et de la documentation. Compte tenu de l’ampleur du travail, ils se tournent naturellement vers des contenus en accès direct. En comparaison, les enseignants américains de certaines universités remettent directement un dossier contenant une trentaine d’articles à leurs étudiants : ceux-ci n’ont pas besoin de se reporter à Wikipédia.

Daniel LETOUZEY relève cependant des points à améliorer dans Wikipédia, et cite en exemple l’article relatif à l’Affaire Dreyfus : sa longueur dépasse de beaucoup ce qu’un visiteur souhaite savoir sur le sujet.

Florence DEVOUARD suggère d’identifier des thématiques précises pour contacter des personnels du secteur. Elle-même assure un séminaire mensuel à l’IUFM d’Auvergne. Une autre piste consisterait à approcher les sociétés privées. Elle a par exemple rencontré des grands dirigeants en janvier ; ils n’ont pas d’appréhension négative vis-à-vis de Wikipédia, mais ne savent pas quel comportement adopter vis-à-vis du projet.

Nathalie SAVARY met en avant une trop grande complexité de la page d’accueil. La plupart du temps, des visiteurs confrontés à une information qu’ils savent fausse ne savent pas comment réagir.

Un intervenant constate que les journalistes, pressés par le temps au moment de boucler un article, ont tendance à se recopier entre eux. L’idéal serait de leur offrir des informations faciles d’accès et de réutilisation, qui leur permettent de se renseigner très rapidement.

Valérie CHANSIGAUD remarque que la structure de Wikimedia France est très petite et que ses membres sont débordés. Le contact avec les journalistes occupe un temps considérable pour des résultats parfois assez décevants.

Pierre BEAUDOUIN indique qu’une base de données de journalistes a été mise en place. L’association a désormais accès à des journalistes permanents, et non plus à des pigistes, ce qui a permis d’améliorer la qualité des contacts presse.

En réponse à une question de Georges Menahem, Pierre BEAUDOUIN estime que les articles de presse comprennent un peu moins d’erreurs que par le passé. La confusion entre Wikimédia et Wikia a encore lieu, mais tend à s’atténuer. Les journalistes ont davantage l’habitude de contacter Wikimedia France. L’association elle-même a gagné en expérience : quand survient un événement affectant Wikipédia, elle s’efforce d’intervenir avant qu’une dépêche AFP ne soit publiée. Dans l’ensemble, l’association reste encore assez passive dans sa gestion de la presse. Elle devra être beaucoup plus proactive en 2008.

Guillaume PAUMIER souligne que le nombre de membres impliqués dans les relations presse est encore trop limité.

Pierre BEAUDOUIN confirme que l’activité presse est très chronophage. Une meilleure répartition du travail entre les membres est nécessaire : certains par exemple sont plus à l’aise à la radio, d’autres préfèrent échanger avec la presse écrite.

Compte tenu du temps imparti, Valérie CHANSIGAUD propose d’organiser une réunion publique d’ici quelques mois sur les thèmes évoqués pendant les débats.

Pierre BEAUDOUIN conclut que le Conseil d’administration a prévu de se réunir quatre fois par an ; plus généralement, l’association tiendrait deux réunions publiques annuelles. Il est également possible d’organiser des sessions locales régulières, à l’instar de ce que font déjà les contributeurs de Toulouse. Enfin, il conviendra de développer des réunions virtuelles par visio- ou téléconférence, par groupes de travail de cinq ou six personnes.

Liste des décisions prises par le Conseil d’administration

Conformément aux statuts (article 7.2.2.3), Guillaume PAUMIER donne la liste des décisions du Conseil d’administration. Au cours du premier trimestre, le Conseil a arrêté :

  • la composition du Bureau ;
  • le changement du siège social, suite à l’élection d’un nouveau président ;
  • la souscription d’une police d’assurance ;
  • la signature d’un certain nombre de pétitions : candidats.fr (sur l’initiative de l’APRIL), ec-petition.eu et Open Access ;
  • la restriction du wiki membres aux adhérents de l’association.

Au cours du deuxième trimestre, le Conseil a décidé de la participation de l’association aux RMLL d’Amiens. Aucune décision n’a été prise au cours du troisième trimestre.

Au cours du quatrième trimestre, le Conseil a décidé :

  • l’adhésion au Forum des droits de l’Internet, à l’APRIL et à l’AFUL ;
  • une aide opérationnelle de 10 000 euros à la Wikimedia Foundation ;
  • la participation aux Rencontres d’Autrans 2008 ;
  • la signature du chapter agreement avec la Fondation ;
  • un nouveau tarif de cotisation ;
  • la prise en charge du voyage d’un wikipédien volontaire pour prendre des photographies dans les musées de Bruxelles (action reportée) ;
  • la numérisation des thèses de l’école vétérinaire de Toulouse et de l’atlas de Brué ;
  • la prise en charge des dépenses des membres du Conseil d’administration pour les réunions ;
  • la participation à un projet ANR de recherche sur Wikipédia (Autograph 2) ;
  • l’envoi de remerciements à Thomas Séchet pour son travail dans le cadre du Colloque 2007.

Approbation du bilan moral

Le bilan moral 2007 est approuvé par 63 votes favorables, 1 vote défavorable et 2 votes blancs.

Bilan financier

Bilan

Jean-François GAFFARD rappelle la situation financière au 1er janvier 2007. Le compte courant présentait un solde de 7000 euros ; l’association détenait également 14 000 euros sur un livret. Le bilan s’établissait à 21 126 euros.

Au 31 décembre 2007, le compte courant présente un solde de 2 570,57 euros, contre 44 637,54 euros pour le compte sur livret. Les intérêts de l’année, non encaissés à cette date, représentent 784,46 euros. L’association détient 60 euros en caisse. Le passif s’élève à 3 489 euros ; il s’agit principalement de la facture de la Cité des Sciences au titre du Colloque 2007.

Valérie CHANSIGAUD précise qu’elle correspond aux frais de mise à disposition des techniciens chargés du son et de la lumière. Si l’on y ajoute le prix de location des salles, elle représente au total près de 12 000 euros, dont 7 000 à 8 000 euros pris en charge par la médiathèque de la Cité des Sciences.

Pierre BEAUDOUIN ajoute que le contact de l’association à la Cité, Thomas Séchet, a fourni un important travail à titre bénévole. Jean-François GAFFARD indique que l’excédent sur l’année est de 24 632,93 euros. Le capital propre de l’association s’établit donc à 44 574,65 euros.

Recettes

Les recettes se décomposent en :

  • vente de goodies, principalement des T-shirts ;
  • adhésions, pour 4 809 euros ;
  • recettes diverses, essentiellement des participations rémunérées à des colloques et autres manifestations ;
  • dons, pour 18 891 euros ;
  • dons liés au colloque, pour 13 000 euros ;
  • produits financiers, pour 784,46 euros.

Jean-François GAFFARD présente la répartition par mois des adhésions et des dons ; ils se concentrent en début d’année et à l’occasion du colloque. Les dons atteignent un pic au moment de la levée de dons de la Fondation. 291 dons ont été recensés en 2007, dont 22 supérieurs à 250 euros. 60 % des dons sont supérieurs à 150 euros. Le don moyen s’élève à 65 euros. Pour mémoire, les dons et adhésions à l’association sont déductibles de l’impôt sur le revenu ; un reçu fiscal sera envoyé en début d’année.

Florence DEVOUARD indique que seuls 0,02 % des visiteurs font un don, ce qui est extrêmement faible. La Fondation a compté 45 000 donateurs lors de son dernier appel de fonds, dont 4 000 Français.

Pierre BEAUDOUIN témoigne que la proportion des donateurs en France est dérisoire par rapport à l’Allemagne et la Suisse. Il est donc urgent d’accroître et améliorer la communication face à la croissance vertigineuse du trafic.

Guillaume PAUMIER note que l’offre de solutions de dons en ligne (don par carte bleue ou par Paypal) pourrait améliorer le taux de dons. Le site Wikipédia.fr pourrait être utilisé en ce sens.

Dépenses

Les dépenses s’élèvent au total à 38 123,87 euros. Elles se décomposent en :

  • études et prestations de service : financement d’une extension de Mediawiki relative à la validation, dans le cadre du projet de version stable de Wikipédia ;
  • souscription d’une police d’assurance souscrite de la MAIF : les bénévoles sont couverts dans le cadre de leurs activités associatives, par exemple en cas de vol de matériel ;
  • frais de colloques, conférence et séminaire, essentiellement le Colloque 2007 (excédentaire de 2500 euros) ;
  • adhésions et cotisations au Forum de l’Internet, à l’AFUL et à l’APRIL (adhésions croisées dans ces deux derniers cas) ;
  • frais de déplacement et d’hébergement.

Jean-François GAFFARD explique qu’en règle générale, les membres de l’association demandent à être défrayés pour leur participation à des colloques ou séminaire. Sur certaines manifestations « amies », comme les Rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL), l’association prend en charge ces frais. La ligne comprend enfin les frais de déplacement et d’hébergement liés à une réunion du Conseil d’administration à Lyon. Celle-ci a également donné lieu au paiement d’un forfait Internet de 16 euros qui se retrouve à la ligne « liaisons informatiques ».

En réponse à Philippe Lequesne, Jean-François GAFFARD indique que des honoraires ont été versés à Olivier Hugot en 2006, mais non en 2007. Pierre BEAUDOUIN précise qu’ils correspondaient à l’affaire dite « latin moderne », pour laquelle Olivier Hugot a représenté l’association devant le Tribunal d’Instance. Le plaignant a été débouté de toutes ses demandes et condamné à payer 1500 euros au titre de l’article 700 du Nouveau Code de procédure civile. Cette somme n’a pas pu être recouvrée, le plaignant étant insolvable.

Affectation du résultat

Jean-François GAFFARD propose à l’Assemblée générale d’affecter :

  • 10 000 euros à un fonds de réserve en cas de problème juridique ;
  • 15 000 euros à l’investissement dans des serveurs européens pour Wikipédia et le toolserver ;
  • 2 650 euros, correspondant à l’excédent du Colloque 2007, pour le Colloque 2008 ;
  • 44 574 euros de report à nouveau utilisable pour toutes les dépenses de l’association.

Florence DEVOUARD indique que Sue Gardner, directrice de la Fondation, souhaite contractualiser davantage la relation entre la Fondation et les chapters. Ceux-ci seraient regroupés en trois catégories. La première rassemblerait les associations nouvellement créées, à l’instar du chapter tchèque. Le deuxième niveau comprendrait les associations française, italienne, britannique, etc. A ce stade, seule l’association allemande est actuellement en mesure d’être classée dans la première catégorie : elle est beaucoup plus développée que son homologue français. Elle reçoit 200 000 euros de dons par an, sachant que les montants versés aux associations sont intégralement déductibles en Allemagne. Elle possède des locaux et un salarié. Sue Gardner envisage de donner davantage de droits aux associations de catégorie 1, notamment pour ce qui est de l’usage des logos. Wikimédia France doit donc s’interroger sur son avenir. Si elle souhaite s’orienter vers la diffusion de DVD ou les partenariats avec des entreprises comme Orange ou SFR, elle doit se doter de locaux et d’employés, ce qui implique d’accroître et de stabiliser ses revenus. En revanche, une telle logistique n’est pas nécessaire si elle préfère se limiter à une activité de promotion, d’information ou de numérisation.

En réponse à Georges Menahem, Florence DEVOUARD précise que SFR a lancé une campagne de publicité lors du Noël 2007, affichant le logo de Wikipédia. Actuellement Wikimedia France n’a pas de licence de marque et ne récupère pas les fonds afférents.

Vote du quitus

Quitus est donné au trésorier par 64 votes favorables et 2 votes blancs.

Election du Conseil d’administration

Sont élus : Pierre Beaudouin, Florence Devouard, Michèle Drechsler, Julien Fayolle, Jean-François Gaffard, Christophe Henner, Alexandre Moatti, Bruno Oudet, Guillaume Paumier.

Modification des statuts

Pierre BEAUDOUIN rappelle les règles relatives à la révision des statuts. Les modifications proposées au vote relèvent de deux catégories. Les premières sont de simples clarifications ; les secondes sont plus substantielles.

Révision des statuts

Pierre BEAUDOUIN précise qu’il s’agit de clarifier le statut des membres bienfaiteurs.

La révision des statuts est adoptée par 64 votes favorables et 2 votes blancs.

Cooptation de membres du Conseil d'Administration

Pierre BEAUDOUIN explique que le Conseil d’administration est, à ce jour, élu par les adhérents. La modification, si elle était acceptée, permettrait de nommer de désigner des administrateurs, étant entendu que la majorité de ces derniers restera élue.

Hélène PEDROSA-MASSON demande si le Conseil d’administration aurait profit de cette clause si elle avait été mise en œuvre dès le début.

Pierre BEAUDOUIN fait valoir que la question ne s’est pas posée en 2007, le Conseil d’administration comptant alors 9 membres.

Marie-Lan NGUYEN, secrétaire en 2006-2007, rappelle que le Conseil d’administration 2006 a compté 5 membres seulement pendant une partie de l’année, suite à plusieurs démissions. Le faible nombre d’administrateurs a sans doute induit un certain attentisme.

Guillaume PAUMIER ajoute que cette mesure pourrait permettre de faire entrer au Conseil d’administration de nouvelles compétences et de nouveaux carnets d’adresse. En outre, cette clause pourrait permettre à des administrateurs qui ne sont plus actifs de démissionner, en sachant qu’ils seront remplacés.

Alexis DUFRESNOY s’étonne de cette proposition d’amendement, qui tend à faire croire que seuls les membres du Conseil d’administration ont un rôle à jouer au sein de l’association. S’il ne s’agit que d’avoir un titre vis-à-vis des interlocuteurs extérieurs, il suffit de se présenter comme « chargé de mission » ou « responsable de projet ».

Baptiste FOUQUES est du même avis : il est possible au Conseil d’administration de mandater un membre sur une thématique précise.

Au-delà, Alexis DUFRESNOY souligne l’importance d’une meilleure communication auprès des adhérents. L’information ne doit pas rester limitée au Conseil d’administration.

Pierre BEAUDOUIN explique que des appels aux membres ont été lancés par le biais de la mailing-list ; ils n’ont pas rencontré beaucoup de succès.

David CROCHET remarque que tout dépend de l’action proposée et de sa localisation. Il a lui-même lancé un appel ; cinq adhérents se sont déclarés intéressés. Il souligne à cet égard qu’une carte montrant la répartition géographique des membres serait très utile.

Pierre BEAUDOUIN répond qu’un tel outil existe ; il est réservé pour l’instant au Conseil d’administration. Il rappelle que la géolocalisation des membres a un coût de mise à jour ; tout est donc question de priorités, sachant qu’à l’heure actuelle, seule une dizaine de personnes est très impliquée. L’association pèche aussi, paradoxalement, par manque de travail collaboratif.

Florence DEVOUARD juge que la fermeture de la mailing-list a été très utile : elle a permis aux membres du Conseil d’administration de donner davantage d’informations et aux adhérents de davantage s’exprimer.

Bruno OUDET suggère d’utiliser des outils comme Facebook.

Julien FAYOLLE indique que l’association possède un channel IRC où plusieurs membres se trouvent régulièrement.

Florence DEVOUARD objecte que la démultiplication des canaux d’information peut être aussi un handicap.

Hélène PEDROSA-MASSON suggère de mettre en place un blog, ce qui permettrait de suivre les nouvelles par fil RSS.

Pierre BEAUDOUIN indique que le site Web de l’association passera prochainement sous SPIP. La nouvelle mouture permettra notamment aux groupes de travail de faire des comptes rendus sur le site.

Guillaume PAUMIER précise que le retard pris dans la transition s’explique par un manque de compétences techniques.

L’amendement est rejeté par 48 votes favorables, 17 votes défavorables et 1 vote blanc.

Droit de regard sur les nouveaux adhérents

Pierre BEAUDOUIN explique que le deuxième amendement vise à introduire un droit de regard sur les nouveaux adhérents.

Jean-François GAFFARD souligne l’importance d’une telle clause pour renforcer l’identité de l’association, la confiance des membres entre eux et donc la diffusion de l’information. Il s’agit également d’une protection contre l’entrisme, c’est-à-dire l’arrivée massive et non maîtrisée de nouveaux adhérents.

Pierre BEAUDOUIN souligne que le risque diminue au fur et à mesure que l’association grandit en taille

L’amendement est adopté par 51 votes favorables, 13 votes défavorables et 2 votes blancs.

Facilité d'adhésion pour les autres associations

Pierre BEAUDOUIN explique que le troisième amendement vise à faciliter l’adhésion des autres associations ; il introduit le statut de membre associatif.

Guillaume PAUMIER précise que les adhésions croisées avec l’APRIL ou l’AFUL se sont heurtées à un problème financier. A ce stade, les associations ne peuvent cotiser qu’en tant que membres bienfaiteurs, c’est-à-dire en versant 100 euros, ce qui peut représenter un montant non négligeable pour de petites structures.

L’amendement est adopté par 59 votes favorables, 4 votes défavorables et 3 votes blancs.

Perte de la qualité de membre du Conseil d'Administration

L’amendement est adopté par 58 votes favorables, 5 votes défavorables et 3 votes blancs.

Pierre BEAUDOUIN remercie les participants au nom du Conseil d’administration sortant. Les résultats de l’Assemblée générale seront disponibles sur le site Web de l’association.

La séance est levée à 18 heures.