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Blog sur Wikipédia et les projets Wikimedia. Les critiques, l'actualité, les études et les informations générales
Mis à jour : il y a 35 min 23 sec

Des photographes tous terrains

21 mai, 2015 - 11:11

Aux quatre coins de la France, nos membres photographes travaillent quotidiennement à l’enrichissement des projets Wikimedia. Et nous pouvons dire qu’ils ont du travail ! Afin de les épauler dans cette tache, l’association dispose de différents leviers. Elle équipe notamment les membres en matériel photographique professionnel et aide à l’obtention d’accréditations. Par ailleurs, les sorties photo organisées par Wikimédia France sont l’occasion pour les photographes confirmés de former les plus novices, tout en les intégrant dans l’association et les projets. Certains de nos membres sont photographes dans la vie, d’autres s’adonnent à cette activité régulièrement, comme passion… Mais tous ont en commun cette même envie de donner à voir leurs images au plus grand nombre en partageant leurs travaux sur Wikimedia Commons. Wikimédia France soutient donc toutes les productions photographiques, quelqu’en soit le sujet, le volume et l’importance.  Nous voulons ici mettre à l’honneur trois des photographes les plus productifs.

“Pierre-Yves Mevel photographiant Jean-Robert Pitte”, par Claude Truong-Ngoc – CC BY-SA 3.0

Pyb

Wikipédia est très développé dans le domaine du sport. Mais la plupart du temps les articles sont pas ou mal illustrés. Depuis deux ans et demi, je photographie le sportsous toutes ses formes : masculin, féminin, handisport, sports classiques (foorball, rugby, handball, athlétisme, etc.) et des sports méconnus (lutte sénégalaise, chanbara, kin-ball, etc.). En deux ans et demi, j’ai identifié les événements à couvrir, j’ai appris les techniques de la photo de sport, mais aussi les us et coutumes pour se faire accréditer afin d’avoir accès au bord du terrain aux côtés des photographes de l’Equipe et de l’AFP. Je suis devenu accro à la photo de sport, à l’ambiance lors des finales de coupe de France, à ces matchs clés qui se terminent dans la joie pour les uns et la déception et les larmes pour les autres. J’aime avoir quelques secondes pour réussir la photo déterminante.

En 2014 j’ai photographié le meeting d’athlétisme paralympique de Paris. J’étais un peu réticent, mal à l’aise à photographier le handisport. Malgré mes 5 heures sous la pluie sans pouvoir m’abriter, ce fut une expérience marquante. Voici une photo de l’épreuve de saut en longueur. La brésilienne Simplicio da Silva s’élance et est guidée par le son afin de courir droit.

Au cours du gala de lutte sénégalaise au palais omnisport de Paris Bercy, j’ai retrouvé l’ambiance de ce que j’ai vécu lors de mes séjours au Bénin et au Ghana. A l’heure où les sports professionnels français tentent de créer sans grand succès des spectacles, la lutte sénégalaise est un véritable spectacle : sport, danse, musique, gris-gris, marabouts.

Avec le match amical Mali-Ghana à Paris, je découvre l’organisation d’un match amical à Paris. Mais qui l’organise ? Qui délivre les accréditations ? J’ai moins d’une semaine pour obtenir le fameux sésame. Emails, Twitter et Facebook sont des outils très pratique et incontournables dans la photo de sport. J’ai finalement obtenu le 06 grâce au compte Facebook de la fédé malienne et obtenu sans problème (Wikipédia ouvre de nombreuses portes) l’accord pour l’accréditation 24h avant le début de la rencontre. Ce match aura permis d’illustrer 350 articles de Wikipédia, toutes langues confondues.

“Pyb at work”, par Cyrille BERTIN – CC BY-SA 4.0

Thesupermat J’ai sérieusement commencé à verser des photos sur Commons à partir de 2010, année où j’ai acheté mon reflex. Etant équipé à peu près correctement, j’ai décidé de demander des accréditations pour des festivals bretons, en vue d’illustrer les articles Wikipédia avec des photos de qualité correcte. J’en ai sollicité plusieurs et le premier à me répondre favorablement (grâce à l’aide de (:julien:), qu’il en soit remercié), a été le festival de musique celtique de Cornouaille de Quimper, en 2010. Depuis, j’ai été accrédité sur plusieurs festivals : festival du bout du Monde (Crozon, Finistère), la fête de l’Humanité, Solidays et pour finir en apothéose en 2014 avec une accréditation pour le plus grand festival de France, les Vieilles Charrues. A ce jour, festivals obligent, j’ai couvert plus de 150 concerts, que ce soit l’artiste local ou la star internationale. En plus de photographier les artistes, une accréditation est aussi le moyen de les croiser dans les coulisses et de voir l’envers du décor. Tout cela n’aurait pas été possible sans l’aide apportée aux photographes par Wikimédia France, que ce soit la mise à disposition de matériel photographique de qualité professionnelle ou un soutien à l’obtention d’accréditations. Mon meilleur souvenir restera le jour où Cali a fait monter les photographes sur scène pour “participer” au show. Se retrouver ainsi face à 20 000 spectateurs procure des émotions indescriptibles.

Ma participation ne se limite pas aux concerts, je suis également accrédité pour des événements liés à l’automobile, que ce soit le Mondial de l’auto, Rétromobile ou encore le salon du deux roues. Ces accréditations sont l’occasion de produire une documentation iconographique nombreuse et variée dans des conditions favorables ; absence de public, véhicules présentés sous leur meilleur jour… En plus de ces salons, je couvre aussi des ventes aux enchères automobiles qui offrent de meilleurs opportunités que les salons car y sont présentés de nombreux véhicules de collections couvrant la production automobile mondiale, avec des véhicules parfois exclusifs, de ses début jusqu’aux années 80-90.

Pour finir car c’est aussi une grosse partie de ma production photographique, je “chasse le monument historique” ! Le concours Wiki loves Monuments y est pour beaucoup. Cela m’a permis, en plus d’enrichir Commons, de découvrir le patrimoine architectural proche de mes lieux de résidence ou de vacances et de le photographier dans les moindres détails. J’ai ainsi versé plus de 1600 photos de détails architecturaux du palais du Louvre sur Commons et il n’est pas rare que je produise plusieurs centaines de clichés dans un enclos paroissial finistérien.

“Main de Wikimédien photographiant des mains votives”, par Myrabella – CC BY-SA 3.0

Thomas Bresson J’ai commençé petit à petit à couvrir certains événements depuis 2007. Mais c’est en 2013, à l’occasion des débats et autres meetings électoraux que j’ai commencé à couvrir des événements de façon intensive. Ainsi, pour l’année 2014, 52 événements ont été couverts par mes soins, quant à 2015, c’est déjà 49 événements qui ont été illustrés… Et l’année n’est pas finie ! Je couvre donc aussi bien des meetings politiques que des événements sportifs ou culturels. De plus, j’ai réalisé quelques dossiers photographiques sur des lieux précis, notamment le sentier du kilomètre zéro situé dans le sundgau alsacien ou le jardin des papillons à Hunawihr. Plus récemment, l‘événement le plus intéressant que j’ai couvert récemment était l’éclipse partielle de soleil du 20 mars 2015.

“Views of the CICG during 10th Plenary of the Group on Earth Observations (GEO-X) in Geneva”, par Rama – CC BY-SA 2.0

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C’est parti pour Wiki Loves Earth !

11 mai, 2015 - 09:40

Photographiez la Terre et participez à la mise en valeur du patrimoine naturel. Wiki loves Earth, le concours international qui met la biodiversité à l’honneur sur Wikimedia Commons et Wikipédia a démarré le 1er mai. Rendez­-vous sur wikilovesearth.fr !

Cette troisième édition du concours  Wiki Loves Earth, organisé par le mouvement Wikimedia, a été lancée le 1er mai. Jusqu’au 30 mai 2015, vous pouvez enrichir les articles consacrés à la biodiversité en partageant vos photos.

Une première en France

Organisé pour la première fois en France et simultanément avec 21 autres pays, les photographes amateurs et professionnels sont invités à photographier notre patrimoine naturel protégé et à partager leurs œuvres.

Le territoire français est concerné, via 377 zones allant des parcs nationaux jusqu’aux réserves régionales, englobant ainsi la globalité des paysages et des biotopes variés.

Chacun est donc invité à aller photographier la nature. Ce concours est une manière de sensibiliser les Français à leur propre patrimoine, de créer un lien de proximité avec celui-­ci et de faire connaître les projets Wikimédia au grand public. Les photographies des aires naturelles sont placées sous licence libre (CC­-by­-sa) pour permettre au plus grand nombre d’y accéder gratuitement et légalement via Internet (principalement via l’encyclopédie Wikipédia et sa médiathèque Wikimedia Commons).

Un concours international

Lors de l’édition internationale 2014, ce sont plus de 70 000 photos représentant 15 pays du monde qui ont été mises en ligne. Parmi les pays se trouvait notamment l’Autriche, le Népal ou le Brésil. En Allemagne uniquement, ce sont près de 15 000 photos qui ont été importées !

Pendant l’été, un jury national sélectionnera les dix meilleures photographies de France. Elles rejoindront alors les sélections des autres pays participants pour être visées par un jury international. Le jury international constituera à son tour une sélection des meilleures photographies mondiales.

Envie de participer ?

Vous trouverez toutes les informations sur le site du concours. Pour verser vos photos numériques, rendez-vous sur Wikimedia Commons. N’oubliez pas que vous allez photographier des lieux protégés et fragiles !

Wikimédia France met également à l’honneur chaque jour du mois de mai une photographie soumise dans le cadre du concours, sur son site wikilovesearth.fr et sur les réseaux sociaux.

http://wikilovesearth.fr/post/118102053011/coup-de-coeur-du-jour-premieres-neiges-sur-les

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Prêts, feu, remixez !

7 mai, 2015 - 10:00
En partenariat avec l’Open Knowledge Foundation[1], Wikimédia France ouvre le 9 mai 2015 la 2e édition du Public Domain Remix ! Initié en 2013, ce concours est une invitation à réutiliser et remixer les œuvres appartenant au domaine public. Nous estimons que cette précieuse ressource n’est pas suffisamment valorisée et utilisée : avec cet événement, nous souhaitons montrer en quoi le domaine public est une inestimable source de création dans tous les domaines de l’art et de l’invention. Vous êtes plasticien, vidéaste, sculpteur, photographe, illustrateur ou animateur ? Amateurs ou professionnels, ce concours est pour vous !

En France, une œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort de son auteur. Une fois ce délai passé, il n’est plus nécessaire de demander une autorisation d’exploitation quelconque. Imaginez les possibilités induites par le domaine public ! Cependant, malgré l’apparente précision du code de la propriété intellectuelle en la matière (et notamment le détail des exceptions : œuvres de collaboration, collectives, anonymes, pseudonymes, posthumes et prorogations de guerre), il n’est pas si simple de déterminer la mise dans le domaine public d’une œuvre. Nos amis de Romaine Lubrique[2] ont par exemple eu quelques difficultés à déterminer les trente et un élus de leur calendrier de l’Avent du domaine public de 2015[3].

Avec le Public Domain Remix, Wikimédia France souhaite continuer à faire découvrir ces artistes, souvent tombés dans l’oubli. Ainsi, la seule contrainte du concours est l’obligation de remixer l’une des œuvres des artistes sélectionnés dans le fameux calendrier de l’Avent. Vous avez de la chance, nous profitons cette année d’une très belle « promotion » ! Pour ne citer qu’eux, vous trouverez dans cette liste des artistes comme Edward Munch, Piet Mondrian, et Vassily Kandinsky… Mais n’hésitez pas à nous faire redécouvrir les vingt-huit autres artistes proposés.

Dans cette même idée, nous avions soutenu en janvier dernier le premier Festival du domaine public[4]. Nous avions notamment noué un partenariat avec l’École supérieure des arts et techniques (ESAT). L’idée était de donner carte blanche aux étudiants pour la création de la charte graphique du festival. Ainsi, nous invitons les participants du Public Domain Remix à suivre l’exemple de Manon Darcel et Lucie Broulou. Ces étudiantes de l’ESAT ont utilisé une œuvre d’André Devambez pour réaliser l’affiche du Festival du Domaine Public. Grâce au domaine public, Le seul oiseau qui vole au-dessus des nuages, peint en 1910, continue à vivre, et ce, au-delà des cimaises du vénérable musée d’Orsay.

Retrouvez toutes les infos sur le Public Domain Remix sur son site dédié
http://publicdomainremix.org/

[1] http://fr.okfn.org/
[2] http://romainelubrique.org/ [3] http://www.aventdudomainepublic.org/ [4] http://festivaldomainepublic.org/ Articles pouvant vous intéresser:

WikiArabia, une place au soleil

27 avril, 2015 - 12:56
La communauté Wikimedia se renforce progressivement sur le continent Africain et plus précisément dans la région du MENA (“Middle East and North Africa”, littéralement “Moyen-Orient et Afrique du Nord”). Le mouvement se structure peu à peu, avec la création en 2014 de groupes d’utilisateurs en Tunisie, en Egypte et en Algérie. Les membres de la communauté arabe Wikimédia avaient déjà eu l’occasion de se rencontrer et d’échanger en marge de la Wikimania de Londres en 2014[1]. De cette première rencontre est née l’envie d’officialiser et pérenniser ce type de rassemblements.

Par Fjmustak, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ainsi, la première conférence WikiArabia a eu lieu du 3 au 5 avril 2015 à Monastir (Tunisie). Cet événement, le premier dans son genre dans le monde arabe, a été co-organisé par l’association pour la Culture numérique Libre (CLibre) et la communauté Wikimedia Tunisie. L’association CLibre est une association qui travaille sur la promotion de la culture numérique libre et qui assiste les autres associations en leur fournissant des outils libres. Elle travaille aussi sur l’arabisation des logiciels libres. Quant à lui, Wikimedia Tunisia User Group n’est pas un groupe d’utilisateurs comme les autres : il est devenue en juin 2014 le premier officiellement reconnu par la fondation Wikimédia sur le continent africain.

Pendant trois jours, cet événement a rassemblé près d’une cinquantaine de participants, issus principalement de pays comme le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, la Syrie, la Jordanie et les Émirats arabes unis. Lila Tretikov, la directrice exécutive de la Fondation Wikimedia, était aussi présente. Elle a pu transmettre sa connaissance transversale du mouvement, ainsi que sa vision “d’un monde noyé dans l’information où on confond informations, connaissances et vérité”[2].

Par Habib M’henni, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Tous   les  participants, membres de groupes d’utilisateurs ou non, se sont  retrouvés à l’occasion de rencontres et d’interventions variées, et ont pu  présenter leurs diverses approches expérimentales. Ils ont poursuivi  leurs échanges autour de différents sujets, comme la motivation des utilisateurs de Wikipédia, la neutralité des contenus et la délicate question de l’usage des dialectes locaux.

Le rassemblement  WikiArabia a aussi été pensé comme un  événement de promotion des  projets Wikimedia en langue arabe auprès du grand public et du monde de l’éducation et de la culture[3]. Tighe Flanagan de la Wikimedia Foundation, Walaa AbdelManaem et Reem AlKasheef du groupe d’utilisateurs égyptien sont ainsi intervenus au sujet du programme d’éducation de Wikipédia. Des collaborations futures avec des universités et des académiciens ont été proposées et permettront dans le futur d’améliorer le capital confiance des lecteurs de Wikipédia en arabe.

Ainsi, tous les acteurs du mouvement impliqué dans cette région s’accordent sur un point : malgré la grande évolution de la Wikipedia arabe des dernières années, cela ne reflète pas complètement le véritable potentiel de la communauté arabe. Mark Graham, du Oxford Internet Institute, a pu exposer le fossé entre les contributions par pays, tout en démontrant la richesse des langues et des cultures de cette région

Par Agnieszka Wolska, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

WikiArabia 2015 a aussi été l’occasion pour le Groupe d’utilisateurs Wikimedia Tunisie d’organiser la cérémonie de remise des prix de la 2e édition du concours national Wiki Loves Monuments 2014. Sur les 1176 photos téléversées, dix photographies ont été récompensées, et la 1ère place a été attribuée à une image de l’Amphithéâtre d’El Jem, photographié par Agnieszka Wolska. Cette photo illustre depuis l’article Wikipédia labellisé “Article de qualité” dédié à ce monument.

Les membres de WikiArabia seront à nouveau réunis à l’occasion de la Wikimania, à Mexico en juillet prochain, où ils pourront continuer à renforcer leur communauté. Une seconde conférence WikiArabia sera organisée ultérieurement, sans doute du côté de Dubaï. L’organisation de ce type d’événements peut aider les pays dans la région du MENA à finaliser leurs demandes pour devenir les nouvelles structures reconnues par la fondation : l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’Iran en tant que chapitres ; et le Maroc et la Jordanie comme groupes d’utilisateurs. Tous les participants ont salué la réussite de ce rassemblement unique organisé par la communauté Wikimédia Tunisienne.

[1] “WikiArabia Monastir 2015 à partir du 3 avril prochain“, Tunisie Haut Débit, Mariam Hammouda [2] “WikiArabia 2015 comme si vous y étiez“, Jamaity, Ahmed Zoghlami [3] “Communiqué de presse WikiArabia Monastir 2015“, Association CLibre

 

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Wikimédia France organise le Hackathon Européen Wikimedia

22 avril, 2015 - 15:36

Depuis plusieurs années, il est de coutume que les organisations du mouvement Wikimedia organisent à tour de rôle un Hackathon Européen. Et cette année… c’est Wikimédia France !

Mais alors… qu’est ce qu’un Hackathon Wikimedia ?

Hackathon 2014 à Zurich – Chandres – CC-BY-SA

Durant 3 jours et 3 nuits, plus de 200 développeurs du mouvement Wikimedia vont se réunir pour travailler sur diverses thématiques permettant l’amélioration et le développement des projets Wikipédia, Wikimédia Commons, Wikidata et les 9 autres. D’après Lila Tretikov, Directrice générale de la Wikimedia Foundation :

“Certains des projets travaillés sont l’incarnation même du mouvement Wikimedia : élargir notre façon de recueillir, de structurer et de partager le savoir, et comment nous reconnaissons et nous encourageons les contributions et la participation à tous les projets.”[1]

Outre ce hackathon européen annuel réunissant 150 à 200 participants venant de plus de 20 pays, un autre de même ampleur est organisé chaque année en marge de la Wikimania, la grande convention annuelle du mouvement. La Wikimania aura lieu cette anné, à Mexico. D’autres Hackathons de grande envergure ont lieu ponctuellement sur d’autres continents (principalement en Inde), complétés par de petits événements en Europe (réunissant entre une dizaine et une trentaine de participants).

Cette année, c’est à Lyon !

Valpré Lyon – Alexandre Cella – CC-BY-SA

Wikimédia France organisera donc le prochain Hackathon du 23 au 25 mai 2015. Il se tiendra à Lyon, et plus particulièrement à Valpré, un centre de congrès et séminaires, pour répondre aux exigences logistiques d’un tel projet. Le choix de la ville permet d’impliquer le groupe local des Wikimédiens lyonnais, qui est en fort développement depuis quelques mois.

Une attention particulière sera portée aux projets sémantiques : Wikidata, le projet de base de données éditée de manière collaborative pour aider à la mise à jour des données de Wikipédia ; et Sémanticpédia, qui vise à faciliter la sémantisation et la publication de données issues des projets Wikimedia en français. Wikimédia France souhaite profiter de cet événement pour mettre en évidence la complémentarité de ces deux projets. Les personnes ayant participé à la mise en place de Sémanticpédia en France (la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique et l’entreprise Vocal Apps) seront ainsi invitées à participer à ce Hackathon.

Cette année, Wikimédia France ouvre les portes du Hackathon Wikimedia au grand public. Une présentation du mouvement Wikimedia et des projets (Wikipédia, Wikimedia Commons, Wiktionnaire et bien d’autres !) ; ainsi que de l’association Wikimédia France et de ses actions sera proposée aux curieux. Vous pouvez vous y inscrire dès maintenant !

[1] “Hacker osmosis: Ideas abound at the European Hackathon in Zurich“, Wikimedia Blog, Lila Tretikov

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Clarifier les enjeux autour de la liberté de panorama

2 avril, 2015 - 16:00

La directrice de l’ADAGP, la société de gestions des droits des architectes, peintres et sculpteurs vient de donner une interview, où elle évoque la liberté de panorama et ses contacts avec l’association Wikimédia France. Nous nous réjouissons, bien évidemment, que l’ADAGP s’intéresse ainsi à la liberté de panorama et soit enfin venue vers nous pour en discuter. Le moment est propice pour avancer, car des évolutions se dessinent, tant au niveau national avec la future loi numérique d’Axelle Lemaire, qu’au niveau européen.

Malheureusement, quand on lit l’interview de Madame Ferry-Fall, on s’aperçoit qu’il reste encore du chemin à parcourir. Non, nous n’avons aucune volonté d’exproprier qui que ce soit. Les artistes ont des droits sur leurs œuvres, et nous sommes pour l’existence du droit d’auteur. Les licences libres qu‘utilisent les projets Wikimedia imposent bien sûr de toujours citer l’auteur de l’œuvre, et lui permettent en même temps de décider des modalités d’emploi de sa création – sans céder ses droits à quiconque.

Le problème avec les sociétés de gestion de droits est qu’elles se focalisent sur l’aspect financier du droit d’auteur, celui de l’exploitation économique du travail des créateurs. Sur cet aspect, nous estimons qu’un équilibre doit être trouvé entre les droits du public et ceux des artistes. Cela passe par des discussions et des compromis, et implique que tous fassent un pas vers l’autre, en recherchant, avec bienveillance et bonne foi, à comprendre la position et les attentes de son partenaire…

Les exemples pris par l’ADAGP ne sont pas pertinents. Les enjeux autour de la liberté de panorama vont bien au-delà des cartes postales et des magnets souvenirs réalisés à partir des fresques de Miss Tic. L’existence des droits sur les bâtiments d’architectes empêche la publication de nombreuses photos d’œuvres contemporaines qui font partie du patrimoine de la France. Cherchez des photos de la ville du Havre, classée patrimoine mondial de l’Unesco, sur Wikimedia Commons, vous en trouverez très peu. Elles ne seront publiables sous licence libre qu’en 2035, 70 ans après la mort d’Auguste Perret, l’architecte qui a reconstruit la ville…

Seule vue du Havre disponible sur Wikimedia Commons à cause de l’absence de liberté de panorama
Le Havre 2008 – Kamel15 – GPL ou CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Les héritiers d’Auguste Perret ne perdraient pas grand chose, financièrement, à la liberté de panorama. Par contre, ils seraient sans doute très heureux que l’œuvre de leur père ou grand-père soit présente sur Internet et puisse ainsi être vue du plus grand nombre. L’exemple de l’ossuaire de Douaumont, cité dans l’article, montre l’absurdité du système : un bâtiment construit il y a presque un siècle pour le compte de l’État afin de ne pas perdre le souvenir de la Grande Guerre ne peut servir d’illustration à Wikipédia. Aujourd’hui, l’architecture du XXe siècle est absente d’Internet, ou y figure de manière illégale.

Le public a des droits et le travail d’un créateur ne saurait être ramené à la seule dimension financière du droit d’auteur. L’enjeu de la diffusion libre et gratuite de la culture et du savoir est notre préoccupation première. Nous sommes persuadés que cela peut se faire en bonne intelligence avec les créateurs.

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Europeana et Wikimédia France réunissent les coordinateurs GLAM-Wiki à Paris

25 mars, 2015 - 14:59

L’impact, la diversité et le champ d’action de l’activité de la communauté des Wikimédiens en lien avec le secteur culturel (regroupé sous l’acronyme GLAM dans l’univers wiki : Galleries, Libraries, Archives & Museums) se sont largement accrus ces dernières années. Et pourtant, les personnes en charge de ces aspects au sein des organisations locales du mouvement Wikimedia en Europe ne s’étaient encore jamais réunies pour une rencontre dédiée. En accord avec la stratégie d’Europeana de renforcer sa collaboration avec le mouvement Wikimedia (voir l’article sur le blog d’Europeana) et la volonté de Wikimedia de mettre l’accent sur le partage de bonnes pratiques entre ses entités locales, les coordinateurs GLAM des “chapitres” Wikimedia européens ont été conviés à Paris, pour la première fois, pour un séminaire proposé par Europeana et hébergé par Wikimédia France.

15 représentants sont venus de toute l’Europe à Paris
CC-BY-SA 4.0 – Gampe

Les institutions culturelles européennes et les organisations Wikimedia cherchent à nouer des liens et à s’investir dans des projets transfrontaliers. A la suite des recommandations produites par un groupe de travail dédié mis en place entre août 2014 et janvier 2015, Wikimédia France et Europeana étaient ravies de pouvoir prolonger cet effort pour rendre le patrimoine culturel européen plus accessible, plus réutilisable et plus connecté, ce qui coïncide par ailleurs avec la stratégie d’Europeana pour 2020. Et quel meilleur moyen pour accroître les connexions pan-européennes que de faciliter la mise en relation et la communication entre les Wikimédiens eux-mêmes ?

Indicateurs de mesure d’impact, réplicabilité des actions à plus grande échelle, engagement et formation des bénévoles… Chaque organisation locale du mouvement fait face à des défis et des opportunités partagés par ses voisins européens. Partager ses succès aussi bien que ses échecs est un levier essentiel pour capitaliser sur des projets existants à fort potentiel mais aussi pour gagner du temps et éviter des reproduire les erreurs déjà commises.

Les 15 pays représentés durant le week-end du 7-8 mars dernier ont tous mis en place des programmes de sensibilisation envers les GLAM, qui sont à différents stades de développement et plus ou moins complexes. Ces activités sont d’ailleurs coordonnées par des salariés dans certains cas, en soutien des bénévoles, ou bien directement par des bénévoles, ou encore des membres de conseils d’administration élus.

Les deux jours d’ateliers ont permis à tous de tirer profit à la fois d’une rencontre physique, et bien sûr également du partage d’expériences, en vue de concevoir ou formaliser certains objectifs communs pour l’année à venir. Le compte rendu de ces deux journées de travail est disponible en ligne.

Pour en savoir plus sur les prochaines étapes, rejoignez-nous à La Haye dans moins d’un mois lors de la “GLAM Wiki Conference” qui se tiendra à la Koninklijke Bibliotheek & National Archive of The Netherlands et est organisée par Wikimedia Pays-Bas : https://nl.wikimedia.org/wiki/GLAM-WIKI_2015

 

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Europeana and Wikimédia France gather European GLAM Wiki coordinators in Paris

The impact, diversity and scope of the Wikimedia community’s activities relating to the cultural sector have greatly expanded in recent years, but until recently, the people charged with coordinating all this activity had never actually met! So, consistent with Europeana’s strategy to deepen its involvement in GLAM-Wiki collaboration (see previous blogpost) and the Wikimedia movement’s desire to emphasise sharing best practices among its local organisations, the GLAM coordinators from Europe’s Wikimedia Chapters were recently invited together for their first ever gathering, facilitated by Europeana and hosted by Wikimédia France.

Europe’s GLAMwiki Coordinators together for the first time (CC-By-SA 4.0 / Gampe)

Both Europe’s GLAMs and Wikimedia Chapters are seeking ongoing relationships and to join projects that cross borders and languages. Following the work done by a dedicated Wikimedia-Europeana taskforce in August and January – in which Wikimédia France participated – Europeana and Wikimédia France are extremely happy to support these efforts as they both help to make European cultural heritage more accessible, re-usable and connected, and also consistent with Europeana’s 2020 strategy. What better way to increase the pan-European connectivity and re-use of cultural heritage than to facilitate greater communication between its Wikimedians?

What could be the most meaningful indicators to measure impact in GLAM Wiki projects? How to scale-up local projects by involving other chapters? Local Wikimedia organizations, as well as Europeana, are facing similar challenges and opportunities. Sharing successes as well as failures is key to leverage already existing actions and avoid repeating mistakes that others already experimented.

The 15 nations represented at the weekend’s-workshops all have GLAM outreach programs at different stages of development – sometimes coordinated by volunteers, sometimes by staff, sometimes by elected board members – but in all cases benefited from the sharing of experiences and devising of common goals for the forthcoming year. The full minutes and outcomes of the weekend’s workshop are available online.

If you want to learn more about current developments, please join us in The Hague in less than a month at the 2015 GLAM-Wiki Conference, hosted by Koninklijke Bibliotheek & National Archive of The Netherlands and organised by Wikimedia Nederland: https://nl.wikimedia.org/wiki/GLAM-WIKI_2015

Liam Wyatt (Europeana) & Anne-Laure Prévost (Wikimédia France), co-organizers of the meeting
(CC-By-SA 4.0 / Gampe)

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La Francophonie au sein du mouvement Wikimedia

20 mars, 2015 - 15:52

Chaque année, à la date du 20 mars, est célébrée la Journée internationale de la Francophonie. Les 220 millions de francophones sur les 5 continents fêtent leur langue en partage et la diversité de la Francophonie, à travers des concours de mots, des spectacles, des festivals de films, des rencontres littéraires, des rendez-vous gastronomiques, des expositions artistiques… Cette date a été choisie en référence au 20 mars 1970, marqué par la création à Niamey (Niger) de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), future Organisation internationale de la Francophonie.” [1]

La Francophonie est un axe important d’action pour Wikimédia France, et pour le mouvement Wikimedia en général. En 2013, WikiFranca a vu le jour. Collaboration entre les chapitres francophones de Wikimédia et les groupes de travail affiliés, elle a pour objectif d’encourager les activités dans les différents projets Wikimédia en français tels que Wikipédia et ses projets frères, autant sur le Web que sur le terrain. Elle permet non seulement aux groupes de travail locaux n’ayant pas de chapitres dans leur pays de pouvoir organiser des activités et des événements dans leur localité et dans leur langue, mais aussi de construire un pont entre les pays participants aux projets Wikimédia en langue française.

Et si l’on en croit l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui a publié fin 2014 son Rapport sur l’état de la francophonie numérique [2], ce n’est pas du luxe. Issu de celui-ci, le graphique ci-contre illustre clairement le fossé qui existe entre contributeurs des pays membres de l’OIF dans le Nord et dans le Sud, sur la Wikipédia francophone. Cette disparité se retrouve tant au niveau du nombre de contributeurs et de leur répartition géographique, que dans la diversité des contenus. Ainsi, au sein du mouvement Wikimedia, plusieurs actions ont été entreprises, par exemple aux États-Unis lors du “Black History Month”, mois de commémoration de l’histoire des diasporas africaines. [2]

Sur ce blog, nous vous avions déjà parlé de l’initiative mise en place dans le cadre de WikiFranca : le mois de la contribution francophone, et avions détaillé certaines actions ayant eu lieu en France lors de la deuxième édition, en octobre 2014.

12 pays ont participé à cette aventure : Algérie, Belgique, Bénin, Burkina Faso, Canada, Estonie, France, Inde, Madagascar, République Tchèque, Suisse et Tunisie (pour laquelle nous avons une pensée en cette semaine tragique). 36 villes ont organisé des manifestations, le plus souvent des ateliers d’une petite dizaine de personnes de sensibilisation à la contribution sur l’encyclopédie Wikipédia.

Des outils de communication adaptables et partagés avaient été mis en place pour faciliter la communication et l’engagement autour de ces initiatives : communiqué de presse personnalisable, affiches déclinables, et ont été appréciés par les organisateurs des différents pays. L’objectif pour l’année prochaine (WikiFranca songe à organiser son prochain mois de la contribution en mars 2016, pour faire écho à l’agenda international de la Francophonie) est d’accroître le nombre de pays participants et de mieux coordonner les actions en amont, ainsi que d’encourager le soutien des organisations Wikimedia ayant le moins de ressources humaines et financières.

Clin d’œil particulier au mouvement Wikimedia cette année : dans le cadre du concours français “Dis-moi dix mots”, le mot “wiki” était à l’honneur [3].  Nous fêtons d’ailleurs en ce mois de mars les 14 ans de la Wikipédia francophone… L’occasion de terminer ce post en adressant un grand salut à tous les contributeurs francophones de la planète !

Extrait du site du concours “Dis-moi dix mots”

 

 

[1] Extrait du site : http://www.20mars.francophonie.org/
[2] Lire le rapport : http://www.francophonie.org/IMG/pdf/isoc-rapport_francophonie_numerique2014_web.pdf
[3] Voir le post sur le blog de la Wikimedia Foundation : http://blog.wikimedia.org/2015/02/24/black-history-month-edit-a-thons/
[4] Site du concours “Dis-moi dix mots” : http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

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Wikimedia v. NSA : la Wikimedia Foundation assigne en justice la NSA à propos de la surveillance amont

11 mars, 2015 - 17:47

La Justice préside avec sa balance et son épée à Francfort-sur-le-Main.
Photo par Roland Meinecke, sous licence Art Libre.

Cette annonce a été postée sur le blog de la Wikimedia Foundation le mardi 10 mars 2015. Il s’agit ci-dessous d’une traduction en français de cette annonce.

Aujourd’hui, la Wikimedia Foundation dépose une action en justice contre la National Security Agency (NSA) et le Département de la Justice des États-Unis (DOJ) des États-Unis. [1] L’action en justice se focalise sur le programme de surveillance de masse et plus spécifiquement sur la recherche et interception à grande échelle des communications internet — fréquemment appelée surveillance amont (“upstream”). Notre but, dans cette action, est de mettre fin à ce programme de surveillance de masse afin de protéger les droits de nos utilisateurs du monde entier. Nous avons été rejoints par huit autres organisations [2] et représentés par l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). (Nous mettrons à jour ce billet avec la plainte finale une fois qu’elle sera déposée.)

La vie privée est le fondement de la liberté individuelle. C’est un droit universel qui permet les libertés d’expression et d’association. Ces principes permettent de questionner, de dialoguer et de créer, et sont essentiels dans la vision que nous portons de permettre à tout un chacun de partager l’ensemble de la connaissance humaine. Quand celles-ci sont en danger, notre mission est menacée. Si l’on est contrraint de vérifier derrière soi avant de chercher quelque chose, de s’arrêter avant de contribuer à un article controversé, ou de se retenir de partager des informations vérifiables mais impopulaires, Wikimedia et le monde s’en appauvrissent.

Lors des divulgations publiques de 2013 sur les activités de la NSA et des révélations liées à l’étendue de ses programmes, la communauté Wikimedia fut à juste titre alarmée. En 2014, la Wikimedia Foundation a entamé des discussions avec l’ACLU sur la possibilité de poursuivre la NSA et d’autres, au nom de la Fondation, de ses personnels et utilisateurs.

Notre affaire aujourd’hui remet en cause l’utilisation par la NSA de la surveillance de masse conduite sur l’autorité du Foreign Intelligence Surveillance Act Amendments Act (FAA). La surveillance amont utilise les « dorsales » Internet pour capturer les communications avec les « personnes non-américaines ». Le FAA autorise la collecte de ces communications si elles tombent sous le coup de la large catégorie de « l’information sur le renseignement étranger » qui comprend presque toute information qui peut être interprétée comme étant en rapport avec la sécurité nationale ou les affaires extérieures. Le programme surveille un important réseau, et en conséquence capture des communications qui ne sont pas liées à une quelconque « cible » et peuvent être simplement nationales. Ceci comprend les communications par nos utilisateurs et personnels.

« En s’introduisant dans les dorsales de l’Internet, la NSA froisse le cœur de la démocratie » dit Lila Tretikov, directrice exécutive de la Wikimedia Foundation. « Wikipédia est basée sur les libertés d’expression, d’interrogation et d’information. En violant la vie privée de nos utilisateurs, la NSA menace la liberté intellectuelle qui est centrale dans la capacité des personnes à créer et comprendre la connaissance. »

La NSA a interprété le FAA comme lui laissant le champ libre pour définir les menaces, identifier les cibles et surveiller les personnes, les plates-formes et l’infrastructure avec un faible regard sur les causes probables ou sur la proportion à garder. Nous pensons que les pratiques actuelles de la NSA excèdent de loin l’autorité déjà large qui lui est donnée par le Congrès américain au travers du FAA. De plus, nous pensons que ces pratiques violent le premier amendement de la Constitution des États-Unis qui protège les libertés d’expression et d’association, ainsi que le quatrième amendement qui protège contre des recherches et saisies irraisonnables.

De plus, nous pensons que les pratiques de la NSA et la surveillance judiciaire négligeable de ces pratiques violent l’article III de la Constitution des États-Unis. Une cour spéciale, la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), reçoit des causes relatives aux requêtes de services de renseignement étrangers, y compris de surveillance. En droit américain, le rôle des cours est de résoudre des « affaires» ou des « controverses » — pas d’émettre des opinions-conseils ou d’interpréter des situations théoriques. Dans le cadre de la surveillance amont, les procédures de la FISC ne sont pas des « affaires ». En effet, il n’y a aucune partie en opposition, ni de controverse en jeu. La FISC ne fait que passer en revue la légalité des procédures proposées par le gouvernement — le type d’opinions-conseils que l’article III visait à limiter.

En 2013, la Cour suprême des États-Unis a rendu publique une affaire de la FAA Amnesty v. Clapper dont les parties se sont retrouvées sans « intérêt à agir ». L’intérêt à agir est un concept juridique important qui demande à une partie de montrer qu’elle a souffert d’une quelconque façon de sorte à entamer des actions en justice. Les divulgations sur la surveillance de masse de 2013 incluaient une diapositive vers une présentation classifiée de la NSA faisant explicitement référence à Wikipédia, et utilisant notre marque mondiale. Puisque ces divulgations ont révélé que le gouvernement ciblait spécifiquement Wikipédia et ses utilisateurs, nous pensons que nous avons là une preuve plus que suffisante pour justifier cet “intérêt à agir”.

Wikipédia est la plus grande ressource de connaissance libre et collaborative de l’histoire humaine. Elle représente ce que nous pouvons atteindre lorsqu’on est ouvert aux possibilités et non-contraints par la peur. Au cours des quatorze années passées, les Wikimédiens ont écrit plus de 34 millions d’articles dans 288 langues différentes. Tous les mois, près d’un demi-milliard de personnes accèdent à cette connaissance depuis quasiment chaque pays du monde. Cette communauté mondiale et engagée d’utilisateurs est unie autour de sa passion pour la connaissance, sa soif de questionnements et son engagement au respect de la vie privée et de la liberté d’expression qui rendent Wikipédia possible. Nous déposons cette action en justice aujourd’hui en leur nom.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire notre article d’opinion en anglais, Arrêtez d’espionner les utilisateurs de Wikipédia, par le fondateur de Wikipédia Jimmy Wales et la directrice exécutive de la Wikimedia Foundation Lila Tretikov, dans l’édition du 10 mars du New York Times. [3]

Michelle Paulson, conseillère juridique senior, Wikimedia Foundation *
Geoff Brigham, Conseiller général, Wikimedia Foundation

* La Wikimedia Foundation et ses co-plaignants sont représentés par l’ (ACLU) dans cette action en justice. Nous aimerions les remercier, et en particulier Patrick Toomey, Ashley Gorski et Daniel Kahn Gillmor pour leur travail et leur engagement dans cette affaire.

Références
  1. [1] Les autres inculpés sont : Michael S. Rogers, dans sa fonction officielle de directeur de la National Security Agency et Chef du Central Security Service ; l’Office du directeur du renseignement national ; James Clapper, dans sa fonction officielle de Directeur du renseignement national ; et Eric Holder dans sa fonction officielle de procureur général des États-Unis.
  2. [2] Aujourd’hui, nous sommes fiers de soumettre cette action en justice en étant accompagnés d’une coalition d’organisations venant d’un large spectre idéologique, dont The National Association of Criminal Defense Lawyers, Human Rights Watch, Amnesty International USA, Pen American Center, Global Fund for Women, The Nation Magazine, The Rutherford Institute et Washington Office on Latin America. Nous pensons que la large étendue des perspectives représentée dans cette action en justice démontre que la protection de la vie privée et de la liberté d’expression et d’association n’est pas définie par une idéologie ou des idées partisanes.
  3. [3] Pour en savoir plus sur notre opposition à la surveillance de masse du gouvernement, vous pouvez lire notre précédents billets de blog sur PRISM, l’opposition à la surveillance de masse de l’internet et la transparence dans l’utilisation de la surveillance.

Vous pourrez trouver plus d’informations dans ces questions couramment posées, sur Wikimedia.org. Le document de l’action en justice déposée est disponible au bout de ce lien.

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La cuisine africaine célébrée au cours d’un concours photographique

18 février, 2015 - 20:47

Je suis fière d’annoncer les prix du jury du concours Wiki Loves Africa. Le premier prix est attribué à Terrence Coombes de Tanzanie pour la photo Nutmeg Ready.

Wiki Loves Africa Cuisine : mettre en valeur la culture culinaire africaine

Le concours photographique international, Wiki Loves Africa (voir précédent blogue sur le sujet) s’est déroulé durant les mois d’octobre et de novembre 2014 à travers toute l’Afrique et au-delà. Il portait sur la cuisine au sens large : ce que nous mangeons, comment cela est préparé, à quoi cela ressemble, comment et où se déroulent les repas, et d’une façon générale, comment l’alimentation reflète les diverses cultures de ce continent si complexe. Les images furent téléchargées sur Wikimedia Commons, la médiathèque associée à Wikipedia, afin d’illustrer des articles déjà existant dans Wikipedia ou autres projets Wikimedia, ou pour stimuler la création de nouveaux articles. Les images données sont utilisables librement par tous, sous la licence Creative Commons CC BY SA 4.0.

Le concours Wiki Loves Africa fut co-organisé par Isla (Sud-Africaine) travaillant à l’Africa Centre en Afrique du Sud et par Florence (aka Anthere, française, membre de Wikimedia France). Wiki Loves Africa est financé par la Wikimedia Foundation et la Fondation Orange.

Le concours est devenu une célébration visuelle inédite de l’universalité de la nourriture et de la diversité des pratiques traditionnelles et contemporaines relatives à notre alimentation. Nous sommes fières d’annoncer les photos gagnantes du concours Wiki Loves Africa, sélectionnées par un jury international constitué de Wikimediens, de photographes et de professionnels du monde culinaire.

Accroître le contenu libre sur Wikimedia Commons et augmenter la visibilité des projets Wikimedia en Afrique

Wiki Loves Africa a bénéficié de l’action locale de divers groupes (Wikimedia Chapter, Wikimedia User Group reconnus ou groupes de wikimédiens) sur le terrain en Côte d’Ivoire, Ghana, Egypte, Ethiopie, Malawi, Afrique du Sud, Tunisie, Algérie ou Ouganda. Ces groupes de bénévoles ont organisé divers évènements autour de la thématique du concours. Au total, 27 évènements ont été organisés sur la période de 2 mois pour stimuler la participation au concours et la découverte des projets Wikimedia : trois séances de cuisine ont été organisées pour la plus grande joie des participants, ainsi que des photo-hunts (comme par exemple dans des marchés), des sessions de formation à Wikimedia Commons ou des séances de téléversement collectives. Trois conférences de presse ont également été organisées et ont permis d’obtenir une visibilité dans les médias, ce qui a non seulement stimulé la participation, mais également apporté un éclairage supplémentaire aux projets Wikimedia dans les pays concernés.

 

 

Au cours de la compétition, 6 116 images ont été téléversées par 873 contributeurs uniques issus de 49 pays. Les pays ayant montré le plus fort taux de participation sont la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tunisie, l’Ouganda, l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud (ce qui correspond peu ou prou aux pays dans lesquels des équipes de Wikimédiens se sont impliqués). Nous avons également pu nous réjouir de réponses enthousiastes et de bons taux de participation au Nigeria, au Kenya et en Tanzanie, malgré l’absence d’événements locaux dans ces pays.

Les entrées les plus délicieuses…

Les photos téléversées dans le cadre de Wiki Loves Africa ont été étudiées par un jury d’experts constitués de Wikimédiens, de photographes et de professionnels de l’art culinaire. Ce jury incluait Carianne Wilkinson (South Africa), Paul Sika (Côte d’Ivoire), Africa Melane (South Africa), Pierre-Selim Huard (France), Pierre-Yves  Beaudoin (France), Habib M’henni (Tunisie), and Mike Peel (United Kingdom). Après d’amples réflexions, notre jury a porté son choix sur les photos suivantes :

Le premier prix est attribué à Terrence Coombes de Tanzanie pour la photo Nutmeg Ready.

Le deuxième prix revient à la photographie Egyptian Grains de Dina Said Eid, d’Egypte.

Le troisième prix récompense Natnael Tadele d’Ethiopia pour la photographie Girls Cleaning Coffee.

Les prix offerts aux gagnants sont :

  • 1er prix : Samsung Galaxy Note 4 + Star Fish : Top 10 Sustainable Fish by Daisy Jones and Lazy Days by Phillipa Cheifitz (un livre publié et offert par Quivertree) + a Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la photo gagnante
  • 2e prix : Sony Xperia Z3 Compact + The Karoo Kitchen : Heritage recipes and true stories from the heart of South Africa, by Sydda Essop and The Bo-Kaap Kitchen (publié et offert par Quivertree)  + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la 2ème photo gagnante
  • 3e prix : un bon d’achat Amazon de  US$200 + The Bo-Kaap Kitchen and Lazy Days by Phillipa Cheifitz (publié et offert par Quivertree) + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la 3ème photo gagnante
  • Prix de la Communauté : un bon d’achat Amazon de  US$200 + Wiki Loves Africa t-shirt + version imprimée de la photo gagnante du prix de la Communauté
Votez pour le prix de la Communauté !

Le prix de la Communauté n’a pas encore été finalisé. Le processus de sélection propose à la communauté Wikimedia de choisir leur photographie préférée dans une liste de 20 photos présélectionnées par le jury. Les votes peuvent être soit postés sur une page dédiée sur Wikimedia Commons, soit sur le compte Facebook du concours, soit sur twitter en indiquant dans le message : #communityvote #wikilovesafrica #[la lettre de la photo choisie]. Le vote pour le prix de la communauté sera clos mercredi 25 février 2015 à 24h UTC+1.

Félicitations aux vainqueurs et merci à tous ceux qui ont aidé !

Liens utiles

Le site : www.wikilovesafrica.org

Facebook : www.facebook.com/WikiLovesAfrica

Twitter : https://twitter.com/wikilovesafrica

———-

Propos rédigés par Florence Devouard (membre de Wikimedia France et chef de projet Wiki Loves Africa)

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Quelle taille prendrait Wikipédia si on l’imprimait ?

2 février, 2015 - 10:00

Depuis sa création, Wikipédia n’a cessé de grandir, dans des proportions inimaginables à ses débuts. Au départ comparé aux autres encyclopédies existantes, elle les a rapidement dépassés en taille et en couverture pour redéfinir le standard encyclopédique actuel.

De fait, Wikipédia n’a plus commune mesure avec les encyclopédies qui furent imprimées sur papier. Là où Britannica — la plus ancienne et sans doute la plus reconnue des encyclopédies — contient 40 000 articles en langue anglaise, Wikipédia contient à l’heure actuelle plus de 27 millions d’articles dans plus de 250 langues, accompagné de plus de 23 millions de fichiers multimédia.

Ces chiffres sont difficiles à appréhender, comment comparer des objets aussi différents ? Britannica, dans son ultime version imprimée, occupait environ deux étagères… quelle place prendrait Wikipédia si on l’imprimait dans des conditions similaires ?

Nous avions déjà tenté de répondre à cette question en 2010, avec un dessin en 2D. Aujourd’hui, nous vous proposons une mise à jour à l’aide d’un allié inattendu : le jeu vidéo le plus vendu de tous les temps, Minecraft.

Minecraft est un jeu vidéo où le joueur peut construire des bâtiments en 3D un peu à la manière des Lego, par assemblage de blocs cubiques de différentes matières (bois, pierre, … et même un bloc « étagère de livres »). Nous allons mettre à profit ses qualités pour construire une bibliothèque virtuelle prenant la même place qu’une version papier de Wikipédia.

En partant de l’hypothèse conservatrice que chaque bloc étagère dans Minecraft peut contenir 10 000 articles et en arrangeant ces blocs sur deux rangées superposées, on peut construire un bâtiment de bibliothèque à deux étages qui (une fois rendu à l’aide d’un visualiseur à lancé de rayon), ressemble à ça :

Aperçu de l’intérieur d’un bâtiment contenant une Wikipédia imprimée… en Minecraft.

Dans cette approche, Britannica occupe 4 blocs, là où Wikipédia en occupe plus de 2300 :

L’encyclopédie Britannica, représentée par 4 blocs dans l’univers Minecraft.

Dans l’article de 2010, nous répartissions les articles en différentes catégories, suivant l’étude scientifique d’Aniket Kittur et ses collègues (1). Ici, nous utilisons une étude menée par  Jacopo Farina et ses collègues (2), plus récente et menée sur des bases un peu différentes. Les étagères sont donc classées selon les thèmes dégagés par cette dernière étude (histoire, sciences, géographie, etc.) dans des zones agrémentées de tapis colorées. Les drapeaux anglais indiquent les rangées d’étagères occupées par les articles anglophones (les autres langues ne sont pas indiquées, l’anglaise étant la plus représentée au sein de l’encyclopédie).

À titre d’exemple, les articles traitant de géographie et de lieux (le plus grand thème) prennent plus de 17 longues rangées sur un tiers de la largeur du bâtiment, dont trois seulement sont en langue anglaise :

Vue sur la zone « géographie et lieux ».

Le rez-de-chaussé est occupé par les articles de Wikipédia proprement dit, le premier étage par la médiathèque « Wikimedia Commons » :

Vue générale avec le premier étage, contenant Wikimédia Commons.

La vidéo ci-dessous vous invite à une promenade dans le bâtiment :

Wikipédia construite en Minecraft from Noj Han on Vimeo.

Si vous disposez vous-même d’une copie de Minecraft, vous pouvez également y explorer la bibliothèque Wikipédia en y installant les  fichiers sources : Wikipedia-Minecraft.zip. Décompressez cette archive dans le répertoire « data/saves » de votre installation.

Merci à Amélie, Clémence et Claire pour leur précieuse aide lors de la réalisation de cette construction.

Sources
    1. Aniket Kittur, Ed H. Chi, and Bongwon Suh, What’s in Wikipedia?: Mapping Topics and Conflict using Socially Annotated Category Structure. In Proceedings of the 27th international Conference on Human Factors in Computing Systems (Boston, MA, USA, April 04 – 09, 2009) — CHI ’09. ACM.
    2. Jacopo Farina, Riccardo Tasso and David Laniado, Automatically assigning Wikipedia articles to macrocategories. In Proceedings of the 22nd ACM conference on Hypertext and hypermedia (Eindhoven, The Netherlands, June 6-9, 2011) — HT’11. ACM.
    3. reportcard.wmflabs.org
    4. stats.wikimedia.org
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