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Blog sur Wikipédia et les projets Wikimedia. Les critiques, l'actualité, les études et les informations générales
Mis à jour : il y a 38 min 14 sec

Droit de réponse : TV5 Monde

31 juillet, 2015 - 14:00

À la suite d’un article de TV5 Monde publié le 28 juillet 2015 par Pascal Hérard et contenant un certain nombre d’approximations et d’erreurs manifestes, notamment relatives au rôle de Wikimédia France, l’association a décidé de réagir à l’aide d’un article de blog.

Suite à la publication de l’article, la direction de Wikimédia France a contacté la rédaction de TV5 Monde afin que soient rectifiées les contre-vérités qui y sont présentes.

Dans une première version de l’article publiée le 28 juillet 2015 à 16 h 37 (archivée ici),  le paragraphe « Pour la France, les Sysop dépendent d’une association loi 1901, Wikimedia France, émanation de la Fondation américaine Wikimedia  (Wikimedia étant aussi et surtout le nom du logiciel open-source de Wikipédia, ndlr). » contient pas moins de trois erreurs :

  • Les sysop de Wikipédia, également appelés administrateurs, sont des bénévoles de langue française totalement indépendants de l’association Wikimédia France, avec laquelle ils n’entretiennent strictement aucun rapport de subordination. De manière plus générale, l’association Wikimédia France n’a d’ailleurs aucun pouvoir éditorial sur l’encyclopédie ; ses missions sont d’en assurer la promotion, de nouer des partenariats avec des institutions culturelles (musées, bibliothèques, etc.) pour les encourager à verser des contenus sur Wikipédia, ainsi que de soutenir les contributeurs bénévoles qui le désirent. Les rédacteurs de l’encyclopédie, administrateurs compris, sont indépendants, ne sont que pour partie français et n’adhèrent pas nécessairement à l’association Wikimédia France.
  • Wikimédia France est une association loi 1901 indépendante juridiquement de la Wikimedia Foundation (de droit américain) ; elle n’en est pas une émanation. Une partie de son budget provient toutefois des dons faits par les internautes à la Wikimedia Foundation lors de la campagne annuelle d’appel aux dons, visible via une bannière en haut des articles Wikipédia.
  • De façon plus anecdotique, le logiciel utilisé par les projets Wikimédia – dont Wikipédia – est nommé « MediaWiki » et  non « Wikimédia ».

La première lourde erreur relevée ci-dessus est répétée dans le paragraphe suivant : « Wikimedia France est dotée d’un CA (Conseil d’administration) de 12 membres et gère le Wikipédia francophone (…) »

Cela accrédite l’idée auprès des lecteurs que la version francophone de l’encyclopédie est gérée par des bénévoles, dont des administrateurs, qui « dépendent » en réalité de l’association Wikimédia France (faux), laquelle est-elle même une « émanation » de la Wikimedia Foundation (faux), laquelle serait elle-même financée par des multinationales (imprécis ; cf. infra).

La présentation des financements de la Wikimedia Foundation est à ce titre également biaisée. S’il est, d’un point de vue journalistique, tout à fait normal de citer les quelques multinationales qui ont effectué des dons importants, il est tout à fait anormal de ne pas alors mentionner qu’en 2013, plus de 98 % des dons, en nombre est d’un montant inférieur ou égal à 200 dollars (https://meta.wikimedia.org/wiki/Fundraising/2013-14_Report). En valeur, le rapport est semblable, puisque (toujours en 2013), 83 % des sommes perçues proviennent de dons inférieurs ou égaux à 200 dollars (source identique).

Suite à de nombreux commentaires émanant d’une part de contributeurs de Wikipédia (soit dit en passant généralement appelés Wikipédiens et non Wikipédistes…), dont certains sont administrateurs (Sysop) et, d’autre part d’adhérents à l’association Wikimédia France, TV5 Monde a mis à jour son article le 30 juillet à 8 h 17 (archivé ici) en précisant  : « après des contestations sur la responsabilté éditoriale de Wikimedia France vis-à-vis de wikipédia.fr :  L’association Wikimedia France loue les serveurs du nom de domaine wikipedia.fr chez l’hébergeur Gandi. Wikimedia France est donc éditrice des contenus wikipédia.fr (https://www.whois.net/ requête sur “wikipedia.fr”) »

Il se trouve que si le nom de domaine wikipedia.fr (portail vers les projets Wikimédia francophones) appartient bien à l’association Wikimédia France, les articles de l’encyclopédie, eux, sont hébergés sur le nom de domaine fr.wikipedia.org, ce qui est vérifiable via une simple recherche sur le web. Nom de domaine qui appartient à la Wikimedia Foundation, hébergeur du contenu.

À la suite de divers échanges avec la direction de la rédaction, le rédacteur en chef s’est présenté cette après-midi, jeudi 30 juillet, dans les locaux de l’association Wikimédia France pour rencontrer la directrice exécutive Nathalie Martin. L’interview qui en a résulté a été publiée en bas de l’article initialement publié.

 

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Wikipédia, la science et les lorrains

15 juillet, 2015 - 15:13

Au printemps, en Lorraine, Wikimédia France a mis son grain de sel dans l’événement culturel et scientifique Science&You. Soutenu par l’université de Lorraine et une vingtaine de partenaires, Science&You est un événement d’envergure internationale qui s’adresse à toute personne intéressée par la médiation des sciences. A l’occasion d’un colloque, d’un forum et d’événements variés, chercheurs, doctorants, médiateurs, journalistes ou curieux ont pu échanger et débattre sur de nombreuses thématiques. Wikipédia et ses projets frères ayant peu à peu fait leurs preuves dans le monde des sciences, l’association Wikimédia France est intervenue de différentes manières tout au long de l’événement Science&You.

En mai, une conférence intitulée La Galaxie Wikipédia s’est tenue, chose peu commune, dans… le planétarium d’Epinal ! Jacqueline Louviot, contributrice et chercheuse en sciences de l’information et de la communication, y a donné toutes les clés pour mieux comprendre l’encyclopédie et y contribuer. S’en sont suivis trois ateliers de sensibilisation tenus, plus classiquement, dans des médiathèques et des bibliothèques de la région. Pour l’anecdote, dans le petit village d’Attignéville qui compte quelques deux cents habitants, ils étaient douze participants !

En juin, deux ateliers contributifs à Wikipédia ainsi qu’un stand Wikimédia France se sont tenus les 3 et 6 juin, à l’initiative de Jean-Olivier Gransard-Desmond, archéologue indépendant et président d’ArkéoTopia. Cette jeune association a pour vocation de « porter un autre regard sur l’archéologie d’aujourd’hui pour mieux aider les organismes existants à préparer celle de demain ». Ainsi, à l’occasion de ces deux ateliers contributifs ouvert à tous (les débutants étaient les bienvenus), la douzaine de participants a d’abord appris à créer un compte utilisateur sur Wikipédia, puis a été initiée aux règles de publication sur le projet d’encyclopédie. Grâce aux compétences des participants (principalement des étudiants en médecine, en anthropologie, etc.), et malgré quelques problèmes techniques, les différents échanges ont été riches et ont permis notamment d’aborder la question de l’évaluation de la qualité des contenus et de la fiabilité des sources… Ils ont aujourd’hui nous l’espérons, toutes les clés en main pour devenir des contributeurs aguerris !

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La liberté de panorama au service des biens communs

1 juillet, 2015 - 09:16
Les débats autour de la réforme du droit d’auteur et du rapport Reda sont très éclairants. Ils permettent à chacun d’exprimer ses positions, et de montrer ses compétences, et parfois ses lacunes… comme par exemple Jean-Marie Cavada ! Dans un billet publié sur son blog, il montre qu’il passe complètement à coté du mouvement collaboratif et des biens communs. Pour lui, Facebook et Wikipédia, c’est la même chose, à savoir “des monopoles américains” dont le but est de gagner de l’argent en ne payant pas les créateurs. Wikimédia n’est pas Facebook La fondation Wikimédia gère des sites de contenus, administrés directement par les utilisateurs, pour la libre diffusion de la connaissance, sans le moindre but lucratif. La fondation n’est absolument pas propriétaire des contenus. A l’inverse, Facebook est une plateforme à but lucratif, dont le but n’est pas d’améliorer le bien commun mais d’exploiter commercialement une position d’intermédiation entre des personnes ainsi que les contenus qu’ils postent. La comparaison serait pertinente si Facebook était dirigée, non par Mark Zuckerberg, mais par la communauté des utilisateurs, que Facebook ne réclame aucun droit sur ces contenus et n’en tire aucun bénéfice. On en est loin !
Or, c’est là que se fait la différence, car Wikimédia se situe dans la lignée du mouvement des biens communs, avec des motivations toutes autres que les grandes plate-formes propriétaires. L’idée n’est pas de gagner de l’argent, mais de permettre à tous d’avoir le meilleur accès possible à la connaissance.

M. Cavada, député européen, en février 2014. Photo : Leila Paul, CC-By-SA

L’opposition des industries culturelles Il est évident que ce mouvement se heurte aux titulaires des droits de propriété intellectuelle, car le droit d’auteur est une barrière à la libre diffusion de la connaissance. L’obstacle est double. Il faut solliciter une autorisation de l’ayant droit, ce qui demande des démarches, et bloque toute fluidité. Alors que la technologie permet aujourd’hui une diffusion massive du savoir et la culture, il faudrait ne pas s’en servir… L’autre aspect, et c’est celui-là qui est bloquant chez Jean-Marie Cavada, est la barrière financière. Les industries culturelles et sociétés de gestion de droit, qui se sont développées à l’ombre des artistes, veulent diffuser les œuvres, mais moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Cette revendication est légitime et Wikimédia n’a jamais contesté l’existence du droit d’auteur. Il demande juste des aménagements, sur des contenus à la marge, qui ne sont pas les plus lucratifs pour l’industrie culturelle, mais dont la rétention bloque sérieusement la diffusion et la réutilisation de la connaissance. L’exemple de la liberté de panorama Cette opposition entre le monde des biens communs et celui de la propriété intellectuelle s’est cristallisée, dans le cadre du rapport Reda, sur la question de la liberté de panorama, cette exception au droit d’auteur permettant de représenter une œuvre (architecture en particulier) si elle a été conçue pour demeurer en permanence dans l’espace public à la vue de tous. Les débats se sont focalisés sur la possibilité d’une réutilisation commerciale. Les députés de la commission des affaires juridiques ont adopté un amendement de Jean-Marie Cavada qui écarte cette possibilité de réutilisation commerciale. Cela viderait la liberté de panorama de son intérêt, car la notion de réutilisation commerciale est extrêmement floue. Si vous utilisez une image sur votre site personnel, sur lequel figure une bannière ou un bouton permettant de recueillir des dons, vous êtes déjà hors des clous… Autant dire que les possibilités de réutilisation seront plus que limitées du fait de l’insécurité juridique. Les sociétés privées de gestion du droit d’auteur ont beau dire qu’elles n’entendent pas attaquer les wikipédiens en justice, nous n’avons que leur promesse, qui n’engage, on le sait, que ceux qui l’entende. Devant un tribunal, cet engagement ne pèsera rien face à la loi. Par contre, nous comprenons très bien l’intérêt des ayants-droit à ne pas attaquer Wikimédia. Sans possibilité de réutilisation commerciale, nous sommes un formidable pressbook gratuit, charge à Wikipédia de modifier les règles qui ont fait d’elle le premier site culturel mondial, en acceptant du contenu non libre, selon les desiderata de ces entreprises privées…

Bâtiment conçu par Le Corbusier (1887-1965) à Stuttgart en 1927. Cette photo devra-t-elle être bientôt supprimée de Wikipédia ? Photo Andreas Praefcke – CC-By

Le choix de la rente contre l’innovation Les enjeux sont assez clairs. La liberté de panorama peut faire perdre quelques revenus à certains auteurs ou ayants-droit, ce qui est assez facile à calculer. Mais elle peut aussi générer de l’activité économique, en levant des obstacles, notamment à la transformation des œuvres et à leur réutilisation “imprévue”. L’impact est alors plus difficile à évaluer car toutes les possibilités et donc les gains, ne sont pas connus au moment où la décision d’ouvrir les vannes est prise. Les gains ne sont pas seulement économiques, ils sont aussi sociétaux. La libre diffusion de la connaissance n’est pas qu’une question d’argent. La possibilité de réutilisation commerciale et l’innovation économique qui peut en découler ne sont pour nous qu’un moyen d’arriver à notre véritable but : l’amélioration du bien-être de tous, par une meilleure diffusion du savoir. Articles pouvant vous intéresser:

Pas de grève pour les hackers de Wikimedia !

23 juin, 2015 - 13:52

Le vendredi 23 mai, jour de grève pour les transports en commun lyonnais… mais il en fallait plus pour décourager nos codeurs venus du monde entier pour travailler sur le développement d’outils autour des projets Wikimedia ! C’est ainsi que l’association Wikimédia France a organisé le hackathon annuel de Wikimedia à Écully, une petite ville juste à coté de Lyon.


Hackathon Wikimedia 2015 – France / Lyon par Wikimedia_France

La traditionnelle photo de groupe – PierreSelim, CC BY

Mais pourquoi un hackathon… et pourquoi à Lyon ? 

Le Hackathon Wikimedia est le rendez-vous annuel des développeurs et codeurs du mouvement Wikimedia. C’est dans ces moments là que sont développés certains outils que vous utilisez désormais tous les jours lors de votre utilisation de Wikipédia et des autres projets. C’est pourquoi l’association a choisi d’organiser cet événement à Lyon, et plus précisément à Valpré, un centre de congrès et séminaires de la région lyonnaise. Les participants pouvaient ainsi profiter de tout le confort nécessaire, les logements et les salles de travail étant au même endroit. Une garderie, un restaurant, un grand terrain ainsi que 5 salles de travail étaient entièrement à disposition des codeurs nuit et jour.

L’édition 2015 du Hackathon Wikimedia fut une vraie réussite, avec la présence de plus de 200 participants venant de 20 pays différents ! De plus, cette année, l’organisation a été pensée pour accueillir de nouveaux contributeurs, et c’est ainsi que 66 nouveaux participants ont pris place le 23 mai à 9h dans l’amphithéâtre bondé du centre de congrès et séminaires Valpré où s’est déroulée la conférence d’ouverture du hackathon.

Salle comble pour la cérémonie d’ouverture – Jean-Philippe Kmiec, CC BY-SA

Comment ça marche ?

Durant trois jours, les codeurs ont travaillé sur des modules et des outils en relation avec Wikipédia, Wikimédia Commons, WikidataMediaWiki et bien d’autres…  Au total, ce sont 62 rencontres et ateliers. Les participants avaient le choix de travailler dans une des 5 salles à disposition, ils pouvaient ainsi travailler de jour comme de nuit pour optimiser au mieux leurs développements. En parallèle des ateliers et des sessions, des conférences publiques étaient organisées. Celles-ci permettaient d’échanger avec le public et de présenter le mouvement Wikimedia, l’association ou encore les différents projets. Ce fut un coup de projecteur et un temps d’échange fort pour le groupe local lyonnais qui a partagé avec le public les initiatives organisées régulièrement dans la région.

33 projets présentés

Ce ne furent pas moins de 33 projets qui ont été présentés le lundi 25 mai à 16h, lors de la cérémonie de clôture. On retrouve des projets très graphiques comme Wikipédia sur iWatch ou encore une version ultra minimaliste de l’encyclopédie libre : La découvrir ! Mais aussi des projets plus technologiques avec la recherche de données en écrivant une phrase en langage naturel : testez-le (en anglais).

Un événement médiatisé 

Le Hackathon Wikimedia a été couvert par une quinzaine de médias régionaux et nationaux, ce fut l’occasion de communiquer autour de l’association et des projets de Wikimedia.

Retrouvez ci-dessous une infographie des statistiques de l’événement ! 

Jean-Philippe Kmiec – CC-By-SA

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Offrir des sources de qualité aux contributeurs

18 juin, 2015 - 07:07

En 2013, un petit groupe de wikipédiens a lancé le projet The Wikipedia Library sur la wikipédia anglophone. L’objectif de ce projet est d’offrir les meilleures conditions de travail aux wikipédiens, en leur facilitant l’accès aux sources. Plusieurs solutions ont été mises en place pour cela, au premier rang desquelles la mise à disposition d’accès à des bases de données en ligne habituellement payantes.

Logo de la bibliothèque Wikipédia

Pour cela, ces wikimédiens se sont rapprochés de plateformes numériques pour obtenir des accès qui, cumulées, représentent aujourd’hui plusieurs milliers de ressources. Alors que ce projet est désormais bien établi dans le paysage wikimédien anglophone ; il a été décidé de l’étendre avec l’ouverture de branches localisées, et parmi les premières de cette série, la bibliothèque Wikipédia qui ouvre aujourd’hui officiellement sur la wikipédia francophone.

Le lancement de cette branche francophone est l’occasion d’annoncer trois partenariats avec des éditeurs francophones de premier plan :

Tout wikimédien inscrit depuis 6 mois ou plus, et ayant effectué au moins 500 contributions sur les projets peut faire une demande d’accès sur la page dédiée à la ressource. Le nombre de comptes offert pour chaque ressource est limité, dépêchez-vous !

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Les Bretons parlent aux Bretons… mais pas que !

11 juin, 2015 - 10:02

Manuel Moreau, chargé de l’action culturelle numérique et en poste au musée de Bretagne depuis 5 ans a été interviewé par Léa Lacroix, membre du conseil d’administration de Wikimédia France et wikimédienne rennaise. Retour sur les liens entre le groupe local rennais et le musée de Bretagne[1]. 

Manuel Moreau : A l’époque des premiers contacts avec le musée, il y avait une véritable méconnaissance de la démarche des wikipédiens et des questions d’ouverture des données publiques […]. En 2012, nourri d’expérience menée dans des structures similaires comme les musées de Toulouse, le musée de Bretagne s’oriente vers une plus grande participation des publics au sein du musée […]. Si le musée était timoré sur la collaboration sur Wikipédia au départ, c’est que la démarche le questionne en propre sur son mode de fonctionnement, son mode de production des données, de leur diffusion, et de la propriété de ces données. En rentrant dans l’échange avec les wikipédiens, on a pu trouver ce terrain d’une forme de collaboration. L’ouverture des données culturelles est aujourd’hui un enjeu fort pour le musée de Bretagne comme pour tous les musées de France !

Léa Lacroix : Le projet avait d’ailleurs commencé par une longue réflexion autour de la question des droits, pour déterminer ce sur quoi le musée pouvait choisir de mettre sous une licence Creative Commons…

Vase à cordons Néolithique ancien – Musée de Bretagne, CC BY-SA

M. M. : […] Nous sommes dans une collectivité (Rennes Métropole, ndlr) qui a des actions très incitatives pour la libération des données. Le mode de partenariat développé avec le groupe local de wikimédiens rennais, […] permet au musée de prendre le temps de la sélection, de choisir ce qu’il va diffuser, et d’animer des ateliers plus intéressants car plus thématisés pour un public qui ne connaît pas Wikipédia mais qui est habitué du musée. C’est une approche qui nous convient pour l’instant, avant d’aller au delà.

L. L. : Au musée de Bretagne, c’est de la sélection quasiment au cas par cas, image par image, qui sont ensuite importées directement par le personnel du musée. Cela permet avant tout à tes collègues […] de comprendre comment ça marche et d’être vraiment impliqués dans cette démarche d’ouverture, non ?

M. M. : Exactement. On a d’ailleurs sollicité la disponibilité des wikimédiens rennais pour ces temps d’initiation voire de formation […] avec un photographe du musée présent et mes collègues de la cellule “Inventaire et Documentation”, qui ont la responsabilité des informations sur les objets, et notamment les fichiers image. Cela a permis d’avoir ce temps de réflexion sur ce qu’est Wikipédia, posément, et aux gens d’aller parfois un peu plus loin […]. Cette action va d’ailleurs au-delà du musée : on peut parler des amis du musée de Bretagne, qui ont été présents sur les premières rencontres et ont suivi ce qui se passe […]. Ils ont une forme de vraie expertise culturelle, mais qui n’est pas toujours diffusée comme on pourrait le faire au sein du musée.

Edit-a-thon réalisé par les membres rennais de Wikimédia France au Musée de Bretagne, juin 2014 – Auregann, CC BY-SA 3.0

L. L. : Début 2015 au musée, nous avons organisé un atelier autour du thème de la préhistoire

M. M. : Nous réouvrions le centre de documentation du musée […]. En l’occurrence on a créé ici un événement un peu particulier puisque la visite se faisait sur inscription seulement et accompagnée d’une conservatrice. Françoise Berretrot […], responsable des collections archéologiques et notamment celles liées à la préhistoire, a fait bénéficier les Wikipédiens et les personnes qui venaient découvrir Wikipédia, d’une visite commentée du parcours permanent. Nous avons pu ensuite prolonger cette rencontre au centre de documentation du musée avec la mise à disposition de matériel informatique… 

L. L. : Et ça a très bien marché ! Une quinzaine de personnes qui ont participé. 

M. M. : Notamment parce que la sollicitation d’associations travaillant dans le domaine de la préhistoire a été tout à fait favorable, comme l’association Men ha Houarn[2], un salarié de l’INRAP[3], et même des personnes qui venaient d’autres départements pour venir découvrir les ateliers. Tout ceci a permis d’avoir un atelier très riche ! 

Wikipermanence au Musée de Bretagne, janvier 2015 – Trizek, CC BY-SA 3.0

L. L. : Quelles étaient les motivations, les objectifs du musée pour s’investir dans le partenariat ? 

M. M. : Les motivations sont celles d’une ouverture du musée le plus largement vers l’extérieur […]. Les wikipédiens et les gens qui s’intéressent à Wikipédia sont des publics qu’on approcherait pas autrement. Pour nous, c’est aussi l’obligation d’être un musée qui favorise au maximum la diffusion de ses collections et de la connaissance. On peut dire tout ce qu’on veut, Wikipédia est aujourd’hui quand même un outil qui a cette vocation d’ouverture au plus large des publics, dépassant très largement les frontières et les périmètres du musée de Bretagne tel qu’il est aujourd’hui. Ne pas utiliser cet outil, ne pas collaborer avec les Wikipédiens, c’est négliger une bonne partie des potentiels de diffusion qui existent, quand bien même on a pas encore résolu toutes nos problématiques de droit […] Je dirais même que les wikipédiens ont aussi le mérite de nous interroger plus précisément sur la question des licences qu’on appliqué à nos productions. 

L. L. : Si l’on devait faire un petit bilan de ce que nos actions conjointes ont pu apporter au musée, au personnel du musée et aux personnes qui ont travaillé sur ce projet, que dirais-tu ? 

M. M. : […] Wikipédia, c’est un agrégateur de sources. A ce titre-là c’est intéressant pour nous d’appréhender plus précisément le fonctionnement de Wikipédia, et justement de voir en quoi cela interroge nos pratiques professionnelles […]. Le travail qui avait été mené avec Wikipédia nous a aussi permis de prendre un autre point de vue sur la question de la diffusion en ligne de nos collections […].

Plan de Rennes sous la 2nd Guerre Mondiale – Musée de Bretagne, CC BY-SA

L. L. : Et après ? 

M. M. : J’aimerais qu’au sein du musée, on puisse avoir le panel complet des personnes qui se sentent les plus concernées et qui seraient à même de contribuer. Je pense par exemple à mon collègue médiateur bretonnant qui aurait tout lieu, même si il est très occupé (rires) de faire bénéficier des productions en breton qu’on mène déjà au musée et qui pourraient très bien rejoindre les pages Wikipédia […]

L. L. : Tout à fait, il y a au moins trois wikimédiens bretonnants qui l’attendent de pied ferme dès qu’il aura un peu de temps (rires).  De toutes façons, le chantier n’est pas terminé : on a encore une rencontre au mois de juin ! 

M. M. : Exactement, sur la thématique des coiffes, ou plus globalement du costume en Bretagne […]. Le musée essaye aussi de faire coïncider les ateliers Wikipédia avec les thématiques qui sont celles de sa programmation culturelle. Comme on accueille l’exposition d’un photographe qui a travaillé sur les cercles celtiques bretons, et ces femmes qui portent encore la coiffe à l’occasion des événements organisés par les cercles, c’est l’occasion d’aborder ce sujet-là pour faire aussi caisse de résonance sur ces projets. 

Coiffe bretonne de la région de Melrand, 2011 – XIIIfromTOKYO, CC BY 3.0

L. L. : Et nous, chez les wikipédiens, on s’intéresse beaucoup à ces sujets-là. Globalement, ce partenariat est-il positif ? 

M. M. : Pour moi le bilan est positif mais […] la difficulté aujourd’hui, c’est de savoir comment le musée peut véritablement bien répondre à ce partenariat. A-t-on la possibilité d’aller au-delà de ce que l’on fait déjà en termes d’actions et de moyens ? La validation prochaine du projet scientifique et culturel du musée permettra certainement d’imaginer comment peut évoluer cette collaboration. 

L. L. : Côté wikimédiens, les bénévoles du groupe de Rennes ne se sont pas tournés vers le musée de Bretagne par hasard. Notre groupe local a naturellement des affinités avec l’histoire de Rennes, l’histoire de la Bretagne… Ce qui est formidable c’est le fait d’avoir pu nouer des relations partculières et individuelles avec des personnes du musée. La possibilité de discuter avec les conservateurs, avec le personnel à été super enrichissant. Tu parlais tout à l’heure de la visite spéciale qui a été faite pour les wikipédiens, c’est valorisant et ça justifie entièrement le temps bénévole qu’on peut passer sur ces actions.  […] Il y a t-il quelque chose que tu voulais rajouter ? 

M. M. : Pourvu que ça continue !

Les articles consacrés à la Bretagne ont dépassé les 100 contenus de qualité[4]… Nous espérons que ce partenariat continue à prospèrer et encourage ces excellents résultats !

Retrouvez l’interview dans son intégralité sur la Wikirevue n°9 !

[1] Site du Musée de Bretagne
[2] Site de l’association  Men ha Houarn
[3] Site de l’INRAP
[4] Listes des articles Wikipédia sur la Bretagne labellisés “bons articles” et “articles de qualité”

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Lauréats du Wikiconcours lycéen 2014-2015

28 mai, 2015 - 14:00

En cours, les élèves sont plus habitués à faire glisser leur plume sur le papier que leurs doigts sur les claviers. Pourtant, d’octobre 2014 à mai 2015, près de 700 d’entre eux ont participé au Wikiconcours lycéen. Cette action, organisée pour la troisième année consécutive, associe le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) à Wikimédia France pour proposer aux lycéens et lycéennes de contribuer à Wikipédia (création d’articles et enrichissement de contenus existants). Le projet s’inscrit dans une démarche d’éducation aux médias et à l’information ainsi que d’éducation au numérique.

Jean-Philippe WMFr, CC-BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Ce Wikiconcours lycéen a rassemblé quinze académies (pour trente-trois établissements) et neuf lycées français à l’étranger : Aix-Marseille, Bordeaux, Rennes, Dijon, Orléans-Tours, Caen, Corse, Strasbourg, Créteil, Limoges, Lyon, Nancy-Metz, Poitiers, Grenoble, Besançon, Vienne, Londres, Le Cap, San Salvador, Kahartoum, Beyrouth, Tamatave, Athènes, Pékin. Les coordonnateurs du CLEMI ont bénéficié d’une formation à la contribution courant janvier 2015 ; les élèves, enseignants et documentalistes ont pu s’appuyer sur une page de ressources et d’aide dont l’objectif est de les guider dans leur découverte de Wikipédia. Une page de discussion a également permis des interactions avec la communauté wikipédienne.

Lauréats

  • Le prix de la rédaction et de la contribution, qui récompense la qualité des contributions, est décerné à l’établissement Paul-Éluard (Saint-Denis, académie de Créteil) ;
  • Le prix de la communauté, qui récompense le travail collaboratif et les interactions avec les Wikipédiens, est attribué à l’établissement Charles-de-Gaulle (Longperrier, académie de Créteil) ;
  • Le prix coup de cœur revient à l’établissement Gabriel-Fauré (Annecy, académie de Grenoble) pour la création d’articles particulièrement utiles et pour la qualité globale de ses contributions ;
  • Une mention spéciale du jury est par ailleurs attribuée à l’école élémentaire d’Arcomps (académie d’Orléans-Tours), qui a participé au concours à titre dérogatoire, pour la qualité du projet pédagogique et des contributions des jeunes élèves.

Le jury remercie et félicite chaleureusement l’ensemble des participants pour leurs contributions. Ils recevront du jury un retour sur leurs apports afin qu’ils puissent progresser dans la maîtrise de l’outil Wikipédia. La composition du jury peut être consultée sur la page du projet.

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Quand un article Wikipédia rentre au musée

26 mai, 2015 - 09:45
L’année 2015 marque le 800e anniversaire de la Magna Carta Libertatum. Aussi appelé la “Grande Charte des Libertés d’Angleterre“, ce manuscrit de soixante-trois articles garantit, dès le XIIIe siècle, le droit à la liberté individuelle, en limitant l’arbitraire royal et en établissant l’habeas corpus qui empêche, entre autres, l’emprisonnement arbitraire. La Magna Carta est considérée comme “la plus ancienne manifestation […] d’un long processus historique qui a conduit aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons”[1]. A l’occasion de cet anniversaire, la Ruskin School of Art de l’Université d’Oxford et la British Library ont sollicité Cornelia Parker pour imaginer une œuvre réinterprétant ce document fondateur.

L’extrémité supérieure de la tapisserie (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

Cette artiste anglaise a eu l’idée un peu folle de reproduire en tapisserie la page Wikipédia dédiée à la Magna Carta, à la date de son 799e anniversaire. Pour réaliser ce minutieux et long travail, Cornelia Parker s’est entourée de plus de 200 personnes. L’artiste a ainsi dispersé les 87 fragments de la reproduction de 13 mètres de long de la page Wikipédia au quatre coins du globe, chacun des participants brodant alors un mot, une photographie, un logo, ou une phrase. A l’image de la diversité des contributeurs de Wikipédia, l’artiste a “recruté” ses brodeuses et brodeurs dans des univers très différents : ils sont écrivains, hommes et femmes politiques, musiciens, militants, etc. Mais surtout, la majeure partie de l’œuvre a été brodée par 36 prisonniers, purgeant des longues peines dans 13 établissements différents. Les prisonniers n’étant pas généralement autorisés à accéder à Internet, pour certains d’entre eux, “Magna Carta” était le premier article Wikipédia qu’ils lisaient. Finalement, très peu des participants sont des brodeurs professionnels : quelques membres de l’Embroiderers’ Guild et de la Royal School of Needlework ont œuvré sur les parties les plus délicates (photographies, reproductions, logos). Cornelia Parker a souhaité montrer, au travers de cette diversité, la portée de la Magna Carta et de Wikipédia. Au milieu de tous ces anonymes, certaines personnalités ont elles aussi apporté leur contribution : par exemple, Edward Snowden s’est chargé du mot “liberty”, Julian Assange a brodé “freedom” et Jimmy Wales s’est attelé à “user’s manual”. Quant au journaliste Alan Rusbridger, il a taché le tissu avec son sang en brodant les mots “contemporary political relevance” ‘(“pertinence politique contemporaine”).

Détail de la réintréprétation brodée de la version de 1225, par Ann Carrick et Elaine Dunn (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

Pourquoi choisir de figer dans une tapisserie des contenus, qui, par essence, sont en perpétuelle évolution ? Cornelia Parker ne souhaite t-elle pas ici nous interroger sur l’héritage que nous laisserons à nos descendants ? Que retiendront-ils des années 2000, dans 10, 50 ou 800 ans ? L’artiste dira de cette œuvre : J’ai aimé cette idée de saisir un instant et de l’immortaliser. Wikipédia est comme une tapisserie. C’est très subjectif et démocratique, avec de nombreux contributeurs. Tout le monde peut participer.[2]

L'”original” et sa “copie” (photo : British Library, CC BY-SA, via Wikimedia Commons)

La tapisserie sera exposée à la British Library à partir du 15 juin dans le cadre de l’exposition dédiée au 800e anniversaire du manuscrit original, et ce, jusqu’à la fin du mois de juillet. Ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour l’admirer pourront profiter d’une numérisation intégrale en haute définition réalisée par la British Library et mise en ligne sur Wikimedia Commons, sous licence Creative Commons[3]. Et pour ceux qui voudraient poser leur pierre à l’édifice, l’article Wikipédia au sujet de l’œuvre[4] n’a pas été encore traduit en français !

[1] Article “Magna Carta“, Wikipédia.
[2] Zoe Craig, “Someone’s Embroidered Magna Carta’s Wikipedia Page“, Londonist, 16 mai 2015.
[3] Reproduction intégrale de “Magna Carta (An Embroidery)” par la Britsih Library (CC BY-SA, via Wikimedia Commons).
[4] Article “Magna Carta (An Embroidery)“, Wikipédia.

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Des photographes tous terrains

21 mai, 2015 - 11:11

Aux quatre coins de la France, nos membres photographes travaillent quotidiennement à l’enrichissement des projets Wikimedia. Et nous pouvons dire qu’ils ont du travail ! Afin de les épauler dans cette tache, l’association dispose de différents leviers. Elle équipe notamment les membres en matériel photographique professionnel et aide à l’obtention d’accréditations. Par ailleurs, les sorties photo organisées par Wikimédia France sont l’occasion pour les photographes confirmés de former les plus novices, tout en les intégrant dans l’association et les projets. Certains de nos membres sont photographes dans la vie, d’autres s’adonnent à cette activité régulièrement, comme passion… Mais tous ont en commun cette même envie de donner à voir leurs images au plus grand nombre en partageant leurs travaux sur Wikimedia Commons. Wikimédia France soutient donc toutes les productions photographiques, quelqu’en soit le sujet, le volume et l’importance.  Nous voulons ici mettre à l’honneur trois des photographes les plus productifs.

“Pierre-Yves Mevel photographiant Jean-Robert Pitte”, par Claude Truong-Ngoc – CC BY-SA 3.0

Pyb

Wikipédia est très développé dans le domaine du sport. Mais la plupart du temps les articles sont pas ou mal illustrés. Depuis deux ans et demi, je photographie le sportsous toutes ses formes : masculin, féminin, handisport, sports classiques (foorball, rugby, handball, athlétisme, etc.) et des sports méconnus (lutte sénégalaise, chanbara, kin-ball, etc.). En deux ans et demi, j’ai identifié les événements à couvrir, j’ai appris les techniques de la photo de sport, mais aussi les us et coutumes pour se faire accréditer afin d’avoir accès au bord du terrain aux côtés des photographes de l’Equipe et de l’AFP. Je suis devenu accro à la photo de sport, à l’ambiance lors des finales de coupe de France, à ces matchs clés qui se terminent dans la joie pour les uns et la déception et les larmes pour les autres. J’aime avoir quelques secondes pour réussir la photo déterminante.

En 2014 j’ai photographié le meeting d’athlétisme paralympique de Paris. J’étais un peu réticent, mal à l’aise à photographier le handisport. Malgré mes 5 heures sous la pluie sans pouvoir m’abriter, ce fut une expérience marquante. Voici une photo de l’épreuve de saut en longueur. La brésilienne Simplicio da Silva s’élance et est guidée par le son afin de courir droit.

Au cours du gala de lutte sénégalaise au palais omnisport de Paris Bercy, j’ai retrouvé l’ambiance de ce que j’ai vécu lors de mes séjours au Bénin et au Ghana. A l’heure où les sports professionnels français tentent de créer sans grand succès des spectacles, la lutte sénégalaise est un véritable spectacle : sport, danse, musique, gris-gris, marabouts.

Avec le match amical Mali-Ghana à Paris, je découvre l’organisation d’un match amical à Paris. Mais qui l’organise ? Qui délivre les accréditations ? J’ai moins d’une semaine pour obtenir le fameux sésame. Emails, Twitter et Facebook sont des outils très pratique et incontournables dans la photo de sport. J’ai finalement obtenu le 06 grâce au compte Facebook de la fédé malienne et obtenu sans problème (Wikipédia ouvre de nombreuses portes) l’accord pour l’accréditation 24h avant le début de la rencontre. Ce match aura permis d’illustrer 350 articles de Wikipédia, toutes langues confondues.

“Pyb at work”, par Cyrille BERTIN – CC BY-SA 4.0

Thesupermat J’ai sérieusement commencé à verser des photos sur Commons à partir de 2010, année où j’ai acheté mon reflex. Etant équipé à peu près correctement, j’ai décidé de demander des accréditations pour des festivals bretons, en vue d’illustrer les articles Wikipédia avec des photos de qualité correcte. J’en ai sollicité plusieurs et le premier à me répondre favorablement (grâce à l’aide de (:julien:), qu’il en soit remercié), a été le festival de musique celtique de Cornouaille de Quimper, en 2010. Depuis, j’ai été accrédité sur plusieurs festivals : festival du bout du Monde (Crozon, Finistère), la fête de l’Humanité, Solidays et pour finir en apothéose en 2014 avec une accréditation pour le plus grand festival de France, les Vieilles Charrues. A ce jour, festivals obligent, j’ai couvert plus de 150 concerts, que ce soit l’artiste local ou la star internationale. En plus de photographier les artistes, une accréditation est aussi le moyen de les croiser dans les coulisses et de voir l’envers du décor. Tout cela n’aurait pas été possible sans l’aide apportée aux photographes par Wikimédia France, que ce soit la mise à disposition de matériel photographique de qualité professionnelle ou un soutien à l’obtention d’accréditations. Mon meilleur souvenir restera le jour où Cali a fait monter les photographes sur scène pour “participer” au show. Se retrouver ainsi face à 20 000 spectateurs procure des émotions indescriptibles.

Ma participation ne se limite pas aux concerts, je suis également accrédité pour des événements liés à l’automobile, que ce soit le Mondial de l’auto, Rétromobile ou encore le salon du deux roues. Ces accréditations sont l’occasion de produire une documentation iconographique nombreuse et variée dans des conditions favorables ; absence de public, véhicules présentés sous leur meilleur jour… En plus de ces salons, je couvre aussi des ventes aux enchères automobiles qui offrent de meilleurs opportunités que les salons car y sont présentés de nombreux véhicules de collections couvrant la production automobile mondiale, avec des véhicules parfois exclusifs, de ses début jusqu’aux années 80-90.

Pour finir car c’est aussi une grosse partie de ma production photographique, je “chasse le monument historique” ! Le concours Wiki loves Monuments y est pour beaucoup. Cela m’a permis, en plus d’enrichir Commons, de découvrir le patrimoine architectural proche de mes lieux de résidence ou de vacances et de le photographier dans les moindres détails. J’ai ainsi versé plus de 1600 photos de détails architecturaux du palais du Louvre sur Commons et il n’est pas rare que je produise plusieurs centaines de clichés dans un enclos paroissial finistérien.

“Main de Wikimédien photographiant des mains votives”, par Myrabella – CC BY-SA 3.0

Thomas Bresson J’ai commençé petit à petit à couvrir certains événements depuis 2007. Mais c’est en 2013, à l’occasion des débats et autres meetings électoraux que j’ai commencé à couvrir des événements de façon intensive. Ainsi, pour l’année 2014, 52 événements ont été couverts par mes soins, quant à 2015, c’est déjà 49 événements qui ont été illustrés… Et l’année n’est pas finie ! Je couvre donc aussi bien des meetings politiques que des événements sportifs ou culturels. De plus, j’ai réalisé quelques dossiers photographiques sur des lieux précis, notamment le sentier du kilomètre zéro situé dans le sundgau alsacien ou le jardin des papillons à Hunawihr. Plus récemment, l‘événement le plus intéressant que j’ai couvert récemment était l’éclipse partielle de soleil du 20 mars 2015.

“Views of the CICG during 10th Plenary of the Group on Earth Observations (GEO-X) in Geneva”, par Rama – CC BY-SA 2.0

Mise à jour : Discrètement mais sûrement, le cap des 100 000 fichiers de versés sur Wikimedia Commons grâce au soutien de Wikimédia France vient d’être passé ! Bravo et merci à tous ceux grâce à qui cela a été possible !

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C’est parti pour Wiki Loves Earth !

11 mai, 2015 - 09:40

Photographiez la Terre et participez à la mise en valeur du patrimoine naturel. Wiki loves Earth, le concours international qui met la biodiversité à l’honneur sur Wikimedia Commons et Wikipédia a démarré le 1er mai. Rendez­-vous sur wikilovesearth.fr !

Cette troisième édition du concours  Wiki Loves Earth, organisé par le mouvement Wikimedia, a été lancée le 1er mai. Jusqu’au 30 mai 2015, vous pouvez enrichir les articles consacrés à la biodiversité en partageant vos photos.

Une première en France

Organisé pour la première fois en France et simultanément avec 21 autres pays, les photographes amateurs et professionnels sont invités à photographier notre patrimoine naturel protégé et à partager leurs œuvres.

Le territoire français est concerné, via 377 zones allant des parcs nationaux jusqu’aux réserves régionales, englobant ainsi la globalité des paysages et des biotopes variés.

Chacun est donc invité à aller photographier la nature. Ce concours est une manière de sensibiliser les Français à leur propre patrimoine, de créer un lien de proximité avec celui-­ci et de faire connaître les projets Wikimédia au grand public. Les photographies des aires naturelles sont placées sous licence libre (CC­-by­-sa) pour permettre au plus grand nombre d’y accéder gratuitement et légalement via Internet (principalement via l’encyclopédie Wikipédia et sa médiathèque Wikimedia Commons).

Un concours international

Lors de l’édition internationale 2014, ce sont plus de 70 000 photos représentant 15 pays du monde qui ont été mises en ligne. Parmi les pays se trouvait notamment l’Autriche, le Népal ou le Brésil. En Allemagne uniquement, ce sont près de 15 000 photos qui ont été importées !

Pendant l’été, un jury national sélectionnera les dix meilleures photographies de France. Elles rejoindront alors les sélections des autres pays participants pour être visées par un jury international. Le jury international constituera à son tour une sélection des meilleures photographies mondiales.

Envie de participer ?

Vous trouverez toutes les informations sur le site du concours. Pour verser vos photos numériques, rendez-vous sur Wikimedia Commons. N’oubliez pas que vous allez photographier des lieux protégés et fragiles !

Wikimédia France met également à l’honneur chaque jour du mois de mai une photographie soumise dans le cadre du concours, sur son site wikilovesearth.fr et sur les réseaux sociaux.

http://wikilovesearth.fr/post/118102053011/coup-de-coeur-du-jour-premieres-neiges-sur-les

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Prêts, feu, remixez !

7 mai, 2015 - 10:00
En partenariat avec l’Open Knowledge Foundation[1], Wikimédia France ouvre le 9 mai 2015 la 2e édition du Public Domain Remix ! Initié en 2013, ce concours est une invitation à réutiliser et remixer les œuvres appartenant au domaine public. Nous estimons que cette précieuse ressource n’est pas suffisamment valorisée et utilisée : avec cet événement, nous souhaitons montrer en quoi le domaine public est une inestimable source de création dans tous les domaines de l’art et de l’invention. Vous êtes plasticien, vidéaste, sculpteur, photographe, illustrateur ou animateur ? Amateurs ou professionnels, ce concours est pour vous !

En France, une œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort de son auteur. Une fois ce délai passé, il n’est plus nécessaire de demander une autorisation d’exploitation quelconque. Imaginez les possibilités induites par le domaine public ! Cependant, malgré l’apparente précision du code de la propriété intellectuelle en la matière (et notamment le détail des exceptions : œuvres de collaboration, collectives, anonymes, pseudonymes, posthumes et prorogations de guerre), il n’est pas si simple de déterminer la mise dans le domaine public d’une œuvre. Nos amis de Romaine Lubrique[2] ont par exemple eu quelques difficultés à déterminer les trente et un élus de leur calendrier de l’Avent du domaine public de 2015[3].

Avec le Public Domain Remix, Wikimédia France souhaite continuer à faire découvrir ces artistes, souvent tombés dans l’oubli. Ainsi, la seule contrainte du concours est l’obligation de remixer l’une des œuvres des artistes sélectionnés dans le fameux calendrier de l’Avent. Vous avez de la chance, nous profitons cette année d’une très belle « promotion » ! Pour ne citer qu’eux, vous trouverez dans cette liste des artistes comme Edward Munch, Piet Mondrian, et Vassily Kandinsky… Mais n’hésitez pas à nous faire redécouvrir les vingt-huit autres artistes proposés.

Dans cette même idée, nous avions soutenu en janvier dernier le premier Festival du domaine public[4]. Nous avions notamment noué un partenariat avec l’École supérieure des arts et techniques (ESAT). L’idée était de donner carte blanche aux étudiants pour la création de la charte graphique du festival. Ainsi, nous invitons les participants du Public Domain Remix à suivre l’exemple de Manon Darcel et Lucie Broulou. Ces étudiantes de l’ESAT ont utilisé une œuvre d’André Devambez pour réaliser l’affiche du Festival du Domaine Public. Grâce au domaine public, Le seul oiseau qui vole au-dessus des nuages, peint en 1910, continue à vivre, et ce, au-delà des cimaises du vénérable musée d’Orsay.

Retrouvez toutes les infos sur le Public Domain Remix sur son site dédié
http://publicdomainremix.org/

[1] http://fr.okfn.org/
[2] http://romainelubrique.org/ [3] http://www.aventdudomainepublic.org/ [4] http://festivaldomainepublic.org/ Articles pouvant vous intéresser:

WikiArabia, une place au soleil

27 avril, 2015 - 12:56
La communauté Wikimedia se renforce progressivement sur le continent Africain et plus précisément dans la région du MENA (“Middle East and North Africa”, littéralement “Moyen-Orient et Afrique du Nord”). Le mouvement se structure peu à peu, avec la création en 2014 de groupes d’utilisateurs en Tunisie, en Egypte et en Algérie. Les membres de la communauté arabe Wikimédia avaient déjà eu l’occasion de se rencontrer et d’échanger en marge de la Wikimania de Londres en 2014[1]. De cette première rencontre est née l’envie d’officialiser et pérenniser ce type de rassemblements.

Par Fjmustak, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ainsi, la première conférence WikiArabia a eu lieu du 3 au 5 avril 2015 à Monastir (Tunisie). Cet événement, le premier dans son genre dans le monde arabe, a été co-organisé par l’association pour la Culture numérique Libre (CLibre) et la communauté Wikimedia Tunisie. L’association CLibre est une association qui travaille sur la promotion de la culture numérique libre et qui assiste les autres associations en leur fournissant des outils libres. Elle travaille aussi sur l’arabisation des logiciels libres. Quant à lui, Wikimedia Tunisia User Group n’est pas un groupe d’utilisateurs comme les autres : il est devenue en juin 2014 le premier officiellement reconnu par la fondation Wikimédia sur le continent africain.

Pendant trois jours, cet événement a rassemblé près d’une cinquantaine de participants, issus principalement de pays comme le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, la Syrie, la Jordanie et les Émirats arabes unis. Lila Tretikov, la directrice exécutive de la Fondation Wikimedia, était aussi présente. Elle a pu transmettre sa connaissance transversale du mouvement, ainsi que sa vision “d’un monde noyé dans l’information où on confond informations, connaissances et vérité”[2].

Par Habib M’henni, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Tous   les  participants, membres de groupes d’utilisateurs ou non, se sont  retrouvés à l’occasion de rencontres et d’interventions variées, et ont pu  présenter leurs diverses approches expérimentales. Ils ont poursuivi  leurs échanges autour de différents sujets, comme la motivation des utilisateurs de Wikipédia, la neutralité des contenus et la délicate question de l’usage des dialectes locaux.

Le rassemblement  WikiArabia a aussi été pensé comme un  événement de promotion des  projets Wikimedia en langue arabe auprès du grand public et du monde de l’éducation et de la culture[3]. Tighe Flanagan de la Wikimedia Foundation, Walaa AbdelManaem et Reem AlKasheef du groupe d’utilisateurs égyptien sont ainsi intervenus au sujet du programme d’éducation de Wikipédia. Des collaborations futures avec des universités et des académiciens ont été proposées et permettront dans le futur d’améliorer le capital confiance des lecteurs de Wikipédia en arabe.

Ainsi, tous les acteurs du mouvement impliqué dans cette région s’accordent sur un point : malgré la grande évolution de la Wikipedia arabe des dernières années, cela ne reflète pas complètement le véritable potentiel de la communauté arabe. Mark Graham, du Oxford Internet Institute, a pu exposer le fossé entre les contributions par pays, tout en démontrant la richesse des langues et des cultures de cette région

Par Agnieszka Wolska, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

WikiArabia 2015 a aussi été l’occasion pour le Groupe d’utilisateurs Wikimedia Tunisie d’organiser la cérémonie de remise des prix de la 2e édition du concours national Wiki Loves Monuments 2014. Sur les 1176 photos téléversées, dix photographies ont été récompensées, et la 1ère place a été attribuée à une image de l’Amphithéâtre d’El Jem, photographié par Agnieszka Wolska. Cette photo illustre depuis l’article Wikipédia labellisé “Article de qualité” dédié à ce monument.

Les membres de WikiArabia seront à nouveau réunis à l’occasion de la Wikimania, à Mexico en juillet prochain, où ils pourront continuer à renforcer leur communauté. Une seconde conférence WikiArabia sera organisée ultérieurement, sans doute du côté de Dubaï. L’organisation de ce type d’événements peut aider les pays dans la région du MENA à finaliser leurs demandes pour devenir les nouvelles structures reconnues par la fondation : l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’Iran en tant que chapitres ; et le Maroc et la Jordanie comme groupes d’utilisateurs. Tous les participants ont salué la réussite de ce rassemblement unique organisé par la communauté Wikimédia Tunisienne.

[1] “WikiArabia Monastir 2015 à partir du 3 avril prochain“, Tunisie Haut Débit, Mariam Hammouda [2] “WikiArabia 2015 comme si vous y étiez“, Jamaity, Ahmed Zoghlami [3] “Communiqué de presse WikiArabia Monastir 2015“, Association CLibre

 

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Wikimédia France organise le Hackathon Européen Wikimedia

22 avril, 2015 - 15:36

Depuis plusieurs années, il est de coutume que les organisations du mouvement Wikimedia organisent à tour de rôle un Hackathon Européen. Et cette année… c’est Wikimédia France !

Mais alors… qu’est ce qu’un Hackathon Wikimedia ?

Hackathon 2014 à Zurich – Chandres – CC-BY-SA

Durant 3 jours et 3 nuits, plus de 200 développeurs du mouvement Wikimedia vont se réunir pour travailler sur diverses thématiques permettant l’amélioration et le développement des projets Wikipédia, Wikimédia Commons, Wikidata et les 9 autres. D’après Lila Tretikov, Directrice générale de la Wikimedia Foundation :

“Certains des projets travaillés sont l’incarnation même du mouvement Wikimedia : élargir notre façon de recueillir, de structurer et de partager le savoir, et comment nous reconnaissons et nous encourageons les contributions et la participation à tous les projets.”[1]

Outre ce hackathon européen annuel réunissant 150 à 200 participants venant de plus de 20 pays, un autre de même ampleur est organisé chaque année en marge de la Wikimania, la grande convention annuelle du mouvement. La Wikimania aura lieu cette anné, à Mexico. D’autres Hackathons de grande envergure ont lieu ponctuellement sur d’autres continents (principalement en Inde), complétés par de petits événements en Europe (réunissant entre une dizaine et une trentaine de participants).

Cette année, c’est à Lyon !

Valpré Lyon – Alexandre Cella – CC-BY-SA

Wikimédia France organisera donc le prochain Hackathon du 23 au 25 mai 2015. Il se tiendra à Lyon, et plus particulièrement à Valpré, un centre de congrès et séminaires, pour répondre aux exigences logistiques d’un tel projet. Le choix de la ville permet d’impliquer le groupe local des Wikimédiens lyonnais, qui est en fort développement depuis quelques mois.

Une attention particulière sera portée aux projets sémantiques : Wikidata, le projet de base de données éditée de manière collaborative pour aider à la mise à jour des données de Wikipédia ; et Sémanticpédia, qui vise à faciliter la sémantisation et la publication de données issues des projets Wikimedia en français. Wikimédia France souhaite profiter de cet événement pour mettre en évidence la complémentarité de ces deux projets. Les personnes ayant participé à la mise en place de Sémanticpédia en France (la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique et l’entreprise Vocal Apps) seront ainsi invitées à participer à ce Hackathon.

Cette année, Wikimédia France ouvre les portes du Hackathon Wikimedia au grand public. Une présentation du mouvement Wikimedia et des projets (Wikipédia, Wikimedia Commons, Wiktionnaire et bien d’autres !) ; ainsi que de l’association Wikimédia France et de ses actions sera proposée aux curieux. Vous pouvez vous y inscrire dès maintenant !

[1] “Hacker osmosis: Ideas abound at the European Hackathon in Zurich“, Wikimedia Blog, Lila Tretikov

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