Agrégateur de flux

Premier edit-a-thon pour le Groupe d’Utilisateurs basque

actualités - 20 juillet, 2016 - 08:54

Logo officiel du groupe

Dans le cadre de Donostia-San Sebastian, capitale européenne de la culture 2016, une partie des contributeurs basques a organisé un edit-a-thon le 9 juillet dernier sur la Zuloaga Plaza. Au sein du mouvement Wikimédia, un user group est un groupe de contributeurs, officiellement reconnu comme  membre du mouvement Wikimedia, par un organe appelé l’Affiliation Committee. Le groupe d’utilisateurs Wikimedia en basque a été reconnu à ce titre, en janvier 2016. Wikimédia France ayant été invitée à participer à l’événement, Kvardek_du, Lyokoï et Rémy Gerbet se sont donc rendus à Donostia. Les participants étaient logés dans une résidence universitaire sur le campus de l’Université du Pays Basque.

 

Message de Katherine Maher CC-By-SA Xenophon75

L’edit-a-thon débuta à 11 h avec la présentation officielle du groupe. Pour l’occasion, Katherine Maher, nouvelle Directrice Exécutive de la Wikimedia Foundation a adressé un message vidéo aux participants. Son allocution fut suivie d’une présentation de l’exposition 1516-2016 : Traités de Paix présente dans différents musées du Pays Basque, les Wikimédiens ont pu débuter la séance de contribution en s’appuyant sur une liste d’article concernant des œuvres d’art à traduire dans différentes langues. Des livres sur Donostia et des commentaires des œuvres en plusieurs langues étaient mis à disposition pour les participants. Après une visite commentée d’une partie de l’exposition au Musée San Telmo sur le thème de la paix, et le déjeuner, la séance de contribution se poursuivit jusque dans l’après-midi.

S’ensuivirent ensuite plusieurs présentations d’actions GLAM (acronyme pour Galeries, Libraries, Archives & Museums, l’équivalent des institutions culturelles et patrimoniales en France) menées par les différents groupes de Wikimédiens dont l’Amicale Wikipédia, Wikimédia Espagne, le groupe Basque et Wikimédia France. Pour cette dernière, c’est Kvardek_du qui a présenté aux participants les partenariats menés avec le Festival d’Avignon (dont la 70e édition se tenait ce week-end), l’Université Pierre et Marie Curie ou encore le Musée de Bretagne, sans oublier le projet Art et Féminisme. Lyokoï a quant à lui présenté le projet Langues de France tandis que Rémy a complété avec une introduction à l’outil d’enregistrement Lingua Libre.

Plusieurs rencontres informelles se sont tenues dans la continuité de cette intervention. Tout d’abord, avec Klara Ceberio, membre du Digital Language Diversity Project, dont Wikimédia France fait partie, avec Lyokoï comme représentant et conseiller du projet, financé par l’agence Erasmus +.  Lors de cette discussion, plusieurs points ont été abordées concernant l’enquête européenne sur les pratiques linguistiques qui sera lancée en septembre ainsi que sur les actions menées depuis un an par Wikimédia France pour soutenir le développement des versions linguistiques de Wikipédia en langues minoritaires. Ces différentes actions seront à nouveau présenté devant l’ensemble des partenaires du projet européen en octobre prochain.  Une autre rencontre s’est tenue avec des membres de l’Amicale Wikipédia afin d’avoir un échange d’expérience mais aussi d’aboutir à une collaboration renforcée entre l’Amicale et Wikimédia France autour de la contribution orale via Lingua Libre.

À 20 h, les derniers participants se retrouvèrent à la maison de la Rioja pour poursuivre les échanges autour de tapas, tortillas et autres spécialités locales. Cette rencontre en appelle d’autres et les membres des différents groupes de Wikimédiens sont d’ores et déjà tous d’accord pour renouveler cette expérience au plus vite !

 

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Wikilettre n°77

actualités - 12 juillet, 2016 - 16:08
Sommaire de la Wikilettre n°77 Éditorial

L’été s’est doucement installé et un premier regard sur les six premiers mois de l’année laisse entrevoir de belles opportunités. Dans de nombreux domaines des actions ont émergé et des groupes locaux se sont structurés afin de diffuser le libre partage des connaissances. Pendant l’été vous pouvez profiter de la seconde édition de l’Été des régions 2016 qui vise à rassembler des photos pour illustrer les pages des communes et des territoires sur Wikipédia. Vous trouverez en cliquant sur l’image le lien vers la campagne sur Commons.

La rentrée s’annonce déjà pleine de promesses avec des actions comme Lingua Libre et ma Commune Wikipédia qui pourront être déployés.

Nous vous souhaitons de bonnes vacances à tous,

Bonnes contributions !

Actualités régionales

 

Belfort et environs

ComputerHotline, wikimédien de Belfort, a couvert de nombreux événements. En voici quelques uns :

Bordeaux

La Cité du vin a ouvert à Bordeaux en juin. Son article sur Wikipédia a été enrichi lors d’un atelier du groupe local. En Gironde, un deuxième trimestre 2016 toujours très actif :

  • 9 avril, Wikiday à Bouliac, dans le cadre de la semaine digitale ;
  • 23 avril, wikipermanence à Saint-Médard-en-Jalles, avec une nouveauté, un atelier de création de comptes sur Vikidia pour les enfants ;
  • 28 mai, présentation Wikipédia à Gradignan ;
  • 4 et 5 juin, participation à la Giroll Party ;
  • 6 juin, intervention à l’opération Cyclo-biblio ;
  • 11 juin, ateliers Wikipédia à Gradignan faisant suite à la présentation de mai ;
  • 18 juin, wikirencontre du groupe.

Des projets sont en cours d’élaboration pour la rentrée de septembre à La Réole, à Bordeaux, etc. Des actions trimestrielles sont également en préparation à la bibliothèque de Bordeaux-Belcier dans laquelle deux formations se sont déroulées en janvier et mars. Ces animations seront en lien avec les périodes thématiques de la bibliothèque.

Les formations ont donné lieu à des productions de qualité, mises en ligne par leurs auteurs, qui sont autant d’outils réutilisables :

Nos rencontres mensuelles sont l’occasion d’accueillir et d’écouter les nouveaux contributeurs… et de nous réjouir du retour d’un ancien. Nous en profitons également pour approfondir dans un second temps les sujets qui nous ont posé problème : wikidata, contributions à wikisource, les bibliothèques en ligne (L’Harmattan), Gallica…

Deux membres du groupe ont encadré un club d’écriture hebdomadaire sur Vikidia au CDI du collège de Cestas-33 de janvier à juin.

Pour entrer en contact avec les Wikipédiens participants :

  • Sur Wikipédia, page du groupe local (raccourci « wp:cubale ») ;
  • Par courriel à l’adresse bordeaux@wikimedia.fr.

Brest Wikicheese à Brest

Wikicheese à Brest. Le Timanoix est un fromage au lait de vache pasteurisé affiné à la liqueur de noix élaboré à l’abbaye de Timadeuc à Bréhan dans le Morbihan.

Le 20 avril, Fabrice (Thesupermat) a organisé une séance Wikicheese à Brest sur le thème des fromages bretons en partenariat avec Wiki-Brest et la Maison du Libre de Brest. Cette séance, ainsi que la dégustation des produits, se sont déroulées au 214JJ dans les locaux de la Maison du Libre. Cette soirée a été l’occasion de nombreux échanges entre les contributeurs locaux et les membres de la MdL.

Brest 2016

Des contributeurs, en lien avec ceux de Wiki-Brest, vont donner à voir les fêtes maritimes à travers les sites de Wikipédia, Wikimedia Commons et Wiki-Brest (bateaux, villages étrangers, animations, portraits, …).

Dijon

La demande d’accréditation a été acceptée par le club de patinage artistique de Dijon. Le gala a été photographié, les photos sont en cours de traitement.

Travail sur les photos prises lors de l’étape du tour Auto Optic 2000 sur le circuit de Dijon Prenois, quelques photos ont été mises en ligne, notamment deux voitures de la marque Jidé et une Ferrari 625 TF qui n’avaient pas d’illustration sur Wikipédia et des voitures peu illustrées telle que la Maserati 200 SI.

Deux nouveaux matchs de Roller Derby ont été pris en photo, les fichiers sont en cours de traitement.

Paris

En mai, trois wikimédiens ont participé à une séance de prises de vue de la collection de zoologie de l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris dans la cadre d’un accord de partenariat entre l’association Wikimédia France et le département de zoologie de l’université. Les animaux photographiés étaient conservés dans des bocaux et préparés de manière à mettre en valeur leur système cardiovasculaire. La difficulté était donc de bien éclairer ces bocaux, de manière à minimiser les reflets, afin que les organes soient bien visibles.

Rennes

Erminig mascotte du groupe rennais

La saison Wikipédia dans Rennes 2015–2016 s’achève, l’heure est au bilan. Les wikipermanences à la bibliothèque ont eu un succès mitigé, avec un nombre de participants constamment faible. En revanche, les permanences outre-rocade ont toujours rencontré des participants nombreux et motivés. L’implication du musée de Bretagne et de la bibliothèque des Champs Libres est restée importante. Après concertation avec ces acteurs, les Rennais vont explorer de nouvelles pistes pour la saison à venir : le renforcement des permanences dans les communes périphériques et la concentration sur une thématique unique sur l’année pour les ateliers aux Champs Libres, en lien avec la programmation du lieu. Une nouvelle réunion de planification est prévue mi-juillet.

Le 14 mai, les wikipédiens de l’ouest ont, de nouveau, fêté les 15 ans de Wikipédia en organisant une sortie photo à l’écomusée du pays de Rennes. Erminig a pu rencontrer de nombreux animaux et les wikipédiens ont photographié vergers, chevaux, pommiers et autres cochons.

Le 12 juin, sous un crachin insistant, les wikimédiens du nord-ouest se sont retrouvés au Mont des Avaloirs, à la frontière entre la Mayenne, la Sarthe et l’Orne, pour une sortie photo. Ce secteur rural est encore très peu illustré, il ne fallait pas moins de sept explorateurs pour partir à la recherche des églises, mairies, répliques de la grotte de Lourdes et autres perles des Alpes mancelles ! L’initiative de Simon de l’Ouest n’est pas passée inaperçue et a fait l’objet d’un long article dans la presse locale.

 

Wikimédiens dans la brume

Les Wikimédiens rennais participent à l’assemblée des communs de Rennes, qui se réunit mensuellement depuis mars pour discuter des communs au niveau local. Fin juin avait lieu la 4e rencontre. Des comptes-rendus sont disponibles sur assemblee.encommuns.org.

Les Rennais envoient un petit contingent à la Wikimania, à Esino Lario (Italie). Cinq d’entre eux participeront aux hackaton, conférences, tables rondes, meetups pendant ces cinq jours. Erminig sera bien sûr du voyage et le nouveau drapeau du groupe local rennais ne manquera pas de flotter au vent, comme dans toute manifestation qui se respecte !

Pour s’occuper pendant l’été, les Rennais organisent une série de quatre ateliers Wikidata. Dédiés à l’auto-formation et au partage d’expérience, ils vont permettre aux contributeurs de mieux maîtriser ce projet en pleine expansion.

Enfin, les Rennais préparent déjà la rentrée avec des ateliers, stands, une sortie photo dans les Côtes d’Armor et d’autres rencontres à venir !

Orléans

Les Wikimédiens d’Orléans ont organisé le samedi 28 mai 2016 une sortie photo pour valoriser le Val de Loire, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Partis à 9h de la place du Martroi à Orléans, les Orléanais ont remonté le cours du fleuve en prenant des photos pour documenter Wikimédia Commons. Sous un temps superbe, le groupe a pique-niqué dans la commune de Chécy avant de rentrer sur Orléans où ils ont été accueillis à l’espace de co-working Eurêka pour commencer le tri et le téléversement des photos. Cette première action du groupe orléanais ouvrent la voie à plusieurs projets d’actions grâce à la présence d’un lieu partenaire et plusieurs contacts intéressants pour la suite.

Toulouse

Bustes d’empereur romains de la Villa Chiragan, musée Saint-Raymond de Toulouse. Pierre-Selim, CC-by-SA 4.0.

A l’occasion des journées nationales de l’archéologie, le musée Saint-Raymond, musée d’antiquités de Toulouse, a accueilli une quinzaine de contributeurs à Wikipédia dans sa bibliothèque. Traductions, photographies, wikidata, création et développement d’articles : une après-midi intense et productive, forcément trop courte !

Montpellier

Le groupe local a rencontré les archives départementales de l’Hérault pour discuter d’un partenariat. Il viserait, dans un premier temps, à sensibiliser tous le personnel (~60 personnes) au mouvement Wikimedia, à ses valeurs, ses principes et ses projets. Dans un second temps, pour former les personnels volontaires à contribuer sur Wikipédia et Wikimedia Commons, principalement. Les archives départementales étudient le versement de plusieurs documents sur Commons, et identifient des articles à améliorer liés à ces documents. Une convention de partenariat avec Wikimédia France est à l’étude, et tout ceci pourrait déboucher sur d’autres ateliers de sensibilisation, notamment aux usagers des Archives.

 

Écho de l’International Wikimania 2016 à Esino Lario

photo de groupe à la Wikimania

Du 21 au 28 juin se déroulait la 12e Wikimania à Esino Lario, un petit village de Lombardie. Plusieurs membres de Wikimédia France étaient présents lors de cet événement. Une rencontre WikiFranca (collaboration entre les chapitres francophones de Wikimédia et les groupes de travail affiliés) s’est tenue lors de laquelle a notamment été abordée la question de l’organisation de la prochaine Wikimania qui aura lieu à Montréal. Les membres du groupes lyonnais Lyokoï, Noé et Benoît Prieur ont présenté, lors d’une conférence, les succès du Wiktionnaire francophone et les projets à venir autour de son développement.

Jean-Frédéric (notre secrétaire adjoint) a, quant à lui, participé au Hackathon qui précédait la Wikimania, et durant cette dernière a présenté le projet WikiLovesMonument et les évolutions futures de cette action d’envergure.

Infos de la Wikimedia Foundation

Lors de la Wikimania, Jimmy Wales a annoncé la nomination de Katherine Maher comme nouvelle Directrice exécutive de la Wikimédia Foundation. Elle avait assuré l’intérim après le départ de l’ancienne directrice Lila Trétikov. Christophe Henner, ancien président de Wikimédia France, a été élu président du Bureau.

Katherine Maher

Conseil d’administration Subvention comité de distribution des fonds

Le Funds Dissemination Committee (FDC, ou Comité de distribution des fonds) a donné ses recommandations pour les demandes de subventions faites en avril, et ce pour les 5 organisations du mouvement Wikimedia qui demandent à cette période de l’année. Wikimédia France avait demandé 636 000 euros et se voit attribuer 570 000 euros. Pour comparaison, la demande de l’année dernière avait été de 600 000 euros et la recommandation avait été de 540 000 euros. De façon très résumée, le FDC apprécie le rôle de leader dans le mouvement ainsi que la grande majorité des programmes décrits, mais pense qu’une subvention complète n’aurait pas un impact suffisamment important.

Composition du Conseil d’administration

Christophe Henner a quitté le Conseil d’administration et son poste de président du fait de sa nomination au Conseil d’administration de la Wikimedia Foundation puis de son élection comme président du Bureau de Fondation. Il a en effet été élu par le collège des 40 organisations Wikimedia, et s’est d’ailleurs retrouvé en tête des préférences de vote. Le bureau a été reformé, mais seule la présidence change : Émeric Vallespi, alors vice-président, devient président, et Samuel Le Goff devient vice-président.

Direction Wikimédia France, week-end CA de mai 2016-7

Plan d’actions

 

Une nouvelle classification voit le jour pour le plan d’actions de l’association. Les détails restent à terminer, mais cette nouvelle classification sera utilisée pour le prochain exercice, débutant au 1er juillet. L’ancienne comprenait 6 axes de programme (et un 7e pour l’organisation interne) ; la nouvelle classification proposée comprend 3 axes uniquement :

  1. Accroissement des contenus
  2. Animation de communautés
  3. Actions sur l’environnement

 

Les avantages de cette modification sont multiples :

  • fait écho à notre démarche qualité précédente et à ses trois niveaux d’impact,
  • est cohérente avec notre offre de services,
  • facilite la communication auprès des parties prenantes externes (principalement pour la levée de fonds) et respecte la recommandation de la WMF sur le fait d’être « focus »,
  • encapsule les Global metrics (aucune n’étant ainsi laissée de côté).
Partenariat pour un Gouvernement Ouvert

Wikimédia France intègre le comité de programme du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO, ou Open Government Partnership en anglais). Ce comité aura pour mission d’aider à construire le programme du 4ème sommet mondial du PGO, et Wikimédia France siège pour la société civile aux côtés de deux autres associations (HelloAsso et OpenLaw). Nathalie Martin et Emeric Vallespi y représenteront l’association, et consulteront d’autres associations qui œuvrent sur les communs. Plus d’informations sur le billet de blog.

Groupes thématiques Lobbying

Après l’adoption d’une liberté de panorama avec restriction au commercial, la bataille continue. En effet, à travers le projet de loi création, le gouvernement met gravement en danger le rayonnement du patrimoine français : l’article 24 du projet de loi Patrimoine acte la nécessité d’obtenir une autorisation pour toute réutilisation commerciale d’une illustration représentant un domaine national. Vous imaginez les conséquences sur l’environnement Wikimédia comme par exemple le retrait de centaines de photographies sur Commons de ces fameux domaines nationaux, alors même que ces bâtiments sont tombés dans l’espace public !

Mais ce n’est pas tout, la deuxième mesure concerne la mise en place d’une redevance obligatoire liée à l’indexation des moteurs de recherche. Ces derniers vont devoir payer pour avoir le droit d’indexer des photos et illustrations et les présenter dans les résultats. Toutes les images qui vont être publiées sur Internet vont être automatiquement mises en gestion auprès des différentes sociétés d’ayants-droit. Cette affiliation d’autorité ne permettant pas d’identifier les auteurs, ni le statut juridique des contenus, les sommes vont êtres versées directement par les moteurs de recherche à ces sociétés de perception et de répartition des droits, sans que les auteurs touchent quoi que ce soit. Conséquences : des licences Creative Commons vidées de leur sens car rendues inopérantes et des images illicites qui vont générer des revenus similaires aux images licites.

Face à ces régressions qui ne correspondent pas du tout à la réalité des usages, nous mobilisons des médias, et nous dénonçons cela lors de nos rendez-vous publics, dernièrement à la Gaîté Lyrique à travers une table ronde sur l’open content culturel.

Pour plus de place dans l’espace public, nous avons formé un groupe de travail avec République citoyenne ainsi que d’autres associations où nous représentons la société civile, dans le cadre de l’Open Governnment Partnership, dont le sommet aura lieu en Décembre prochain. Wikimédia France fera d’ailleurs partie du comité de programme du sommet.

Communication

Sarah Krichen

Depuis le 6 juin 2016, Sarah Krichen est la nouvelle Chargée de Mission Communication et Événementiel à Wikimédia France. Vous pouvez la joindre à l’adresse suivante : sarah.krichen@wikimedia.fr.

Éducation

D’octobre 2015 à mai 2016, 60 classes du secondaire ont participé au Wikiconcours lycéen.

Cette action, organisée pour la quatrième année consécutive, associe le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) à Wikimédia France pour proposer aux lycéens et lycéennes de contribuer à Wikipédia (création d’articles et enrichissement de contenus existants). Le projet s’inscrit dans une démarche d’éducation aux médias et à l’information ainsi que d’éducation au numérique. L’écriture collaborative est au centre du travail et mobilise des compétences essentielles telles que savoir chercher, savoir organiser, savoir vérifier, savoir publier.

Ce Wikiconcours lycéen a rassemblé dix-sept académies et six lycées français à l’étranger : Aix-Marseille, Bordeaux, Caen, Corse, Créteil, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Paris, Poitou-Charentes, Rennes, Strasbourg, Toulouse, New-York (États-Unis), Port-Vila (Vanuatu), Tamatave (Madagascar), Londres (Royaume-Uni), Braila (Roumanie) et Madrid (Espagne).

Les coordonnateurs du CLEMI ont bénéficié d’une formation à la contribution en décembre 2015 ; les élèves, enseignants et documentalistes ont pu s’appuyer sur une page de ressources et d’aide dont l’objectif est de les guider dans leur découverte de Wikipédia. Une page de discussion a également permis des interactions avec la communauté wikipédienne.

Lauréats :

  • Le prix de la rédaction et de la contribution, qui récompense la qualité des contributions, est décerné au lycée français de New-York (États-Unis) ;
  • Le prix de la communauté, qui récompense le travail collaboratif et les interactions avec les Wikipédiens, est attribué à l’établissement Voltaire (Orléans, académie d’Orléans-Tours) ;
  • Le prix coup de cœur revient à l’établissement Jean Monet (Annemasse, académie de Grenoble)
Fiche pratique: Les outils de communication à disposition des groupes locaux Description

Vous animez un atelier, vous organisez une formation ou vous souhaitez présenter les projets Wikimedia à un possible partenaire, vous pouvez avoir besoin de documentations ou d’outils prêts à être utilisés. Grâce à vos identifiants du Wikimembres, vous pouvez consulter et choisir les documents dont vous pourriez avoir besoin.

Où puis-je trouver ces outils?

Sur le Wikimembres : https://membres.wikimedia.fr/Documents_de_communication

Comment recevoir ces documents?

Vous souhaitez recevoir ces outils de communication pour préparer un atelier ou une formation? Vous pouvez envoyer une demande de documentation par mail à Pierre-Antoine Le Page (pierreantoine.lepage@wikimedia.fr) ou à Rémy Gerbet (remy.gerbet@wikimedia.fr)

Vous souhaitez être formés?

Si vous souhaitez qu’une formation aux différents dispositifs mis à votre disposition par Wikimédia France ou plus largement aux projets Wikimédia soit organisée près de chez vous, ou si vous souhaitez être accompagné par rapport à une autre thématique, n’hésitez pas à contacter Mathieu Denel <mathieu.denel@wikimedia.fr>.

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Wiki loves archaeology

actualités - 4 juillet, 2016 - 10:04
Journées nationales de l’archéologie au musée Saint-­Raymond de Toulouse

Le musée Saint-Raymond, musée des antiques de Toulouse, est le musée archéologique de la ville situé dans l’ancien collège Saint-Raymond à proximité de la basilique Saint-Sernin. Il offre aux visiteurs une riche collection de sculptures et d’objets issus de fouilles réalisées à Toulouse et dans la région. Il développe une politique dynamique et audacieuse d’action culturelle favorisant l’expérience participative des publics comme dans l’exposition présentée actuellement « Archéo. Une expo à creuser ! »

Christelle Molinié (membre des projets GLAM) travaille à la bibliothèque de Toulouse où elle assure, entre autres choses, des formations à la publication sur Wikipédia à destination des usagers et de ses collègues. Dans le cadre de ses précédentes fonctions au musée des Augustins, elle a participé à un projet de valorisation des collections via les projets Wikimédia. Elle est intimement convaincue de l’intérêt pour les institutions culturelles d’investir les projets Wikimédia pour accomplir leur mission fondamentale de service public autour de la médiation du patrimoine dans un esprit d’ouverture et de partage.

 

L’atelier co-­organisé par le groupe local de Wikimédia et le musée Saint-Raymond a affiché complet ce samedi 18 juin après­ midi et on était probablement bien mieux à Tolosa en narbonnaise qu’à Narbonne­-Plage !

13 contributeurs accompagnés de deux membres de l’équipe de la conservation se sont retrouvés à la bibliothèque du musée pour enrichir les plateformes Wikimédia à partir des ressources documentaires mises à disposition autour des thèmes de l’archéologie, du musée et de ses collections. Cet atelier s’est tenu dans le cadre des Journées nationales de l’archéologie (17-­19 juin) qui ont pour objectif de promouvoir la diffusion des connaissances autour de l’archéologie auprès des publics, une ambition partagée par les projets Wikimédia.

La préparation en amont

On peut saluer l’implication particulière de l’équipe du musée dans la préparation de l’événement qui avait élaboré une proposition de thèmes à traiter et assuré la sélection bibliographique et documentaire correspondantes.

Une communication forte et bien relayée a par ailleurs été assurée via le site Internet, les réseaux sociaux et le programme des JNA.

Le Jour J

Le groupe de contributeurs a bénéficié d’une visite préalable du musée avec un accent mis sur les objets proposés à la publication. Très rapidement les rôles se sont répartis entre les photographes, les rédacteurs et les formateurs auprès des néo-­contributeurs. Les deux membres du musée ont assuré un support scientifique très utile durant tout l’atelier pour répondre aux demandes ponctuelles complémentaires.

Certains ont travaillé à l’amélioration et l’enrichissement d’articles Wikipédia comme celui portant sur le musée Saint ­Raymond et d’autres ont créé des articles sur des œuvres phares de la collection. Les photographes ont réalisé des prises de vue dans les salles venant enrichir les campagnes photos déjà réalisées par des Wikimédiens à l’occasion d’expositions temporaires comme L’Image et le pouvoir en 2012.

Tout cela s’est déroulé dans un climat très convivial et dans le plaisir de la découverte, du partage et de l’échange.

Atelier au musée Saint-Raymond
Photographe : Pierre-Selim

Et après ?

Le travail reste à poursuivre car les 4 heures d’atelier sont très vite passées.

Les articles ébauchés sur des pages brouillon seront publiés sur Wikipédia et les photos traitées et versées sur Wikimedia Commons dans les semaines venir. Une réflexion doit être menée sur la catégorisation des images et chaque œuvre photographié sera référencée sur Wikidata à partir des données d’inventaire fournies par le musée.

Le MSR nous invite déjà à renouveler l’expérience. Il encourage les photographes à poursuivre les prises de vues étant lui même un utilisateur régulier de Wikimedia Commons pour illustrer ses propres publications.

Il nous a été précisé que la bibliothèque était en libre accès toute l’année avec des ressources documentaires accessibles sur simple demande auprès de la conservation. Ce type d’événement est également l’occasion de faire connaître l’existence des fonds de bibliothèques et de musées bien trop souvent confidentielles mais pourtant complémentaires à l’offre des bibliothèques municipales et universitaires.

Les ressources Wikimedia disponibles seront signalées aux participants à Muséomix qui se tiendra au MSR en novembre prochain. Cet atelier Wikipédia constituant une bonne entrée en matière avant le lancement dans une aventure participative à plus grande échelle.

En guise de conclusion nous pouvons citer Romain qui, en en repartant vers Montpellier dont il était venu spécialement pour l’occasion, a lancé héroïquement : « Veni, vidi, wiki ! »

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Plaidoyer pour enseigner Wikipédia

actualités - 1 juillet, 2016 - 10:14

Ce billet, sous licence CC-BY-NC-SA, premier d’une série sur l’enseignement de Wikipédia à l’Université, fut initialement publié le 14/06/2016 sur le blog http://www.boiteaoutils.info par Alexandre Hocquet (Professeur des Universités à l’Université de Lorraine, appartenant au laboratoire de philosophie et d’histoire des sciences « Archives Henri Poincaré » dont le domaine est les STS, ou plus spécifiquement les Software Studies, et sa méthode l’analyse de conversations en fil).

Wikipédia est (ou devrait être) un objet extraordinaire à enseigner : tout le monde connaît Wikipédia, et presque tout le monde connaît mal Wikipédia. Cela devrait être la situation idéale pour un enseignant : intéresser les étudiants avec quelque chose qu’ils connaissent, les surprendre en leur montrant qu’ils peuvent y découvrir beaucoup de choses.

CC-By-SA Lane Hartwell

Malheureusement, mes propositions d’enseigner Wikipédia restent souvent lettre morte auprès des collègues qui font les maquettes pédagogiques. Je propose un cours à toutes les formations et tous les niveaux : enseigner Wikipédia est transversal et peut être fructueux du L1 au doctorat. Un des principaux malentendus est que « enseigner Wikipédia » est vu par les collègues comme une formation courte : au mieux « apprendre à l’utiliser », au pire « apprendre à s’en méfier ». Pourtant, il y a dans Wikipédia de quoi apprendre pendant tout un semestre. Tout d’abord, plonger dans Wikipédia demande de s’y faire petit à petit (voir les expériences pédagogiques de Lionel Barbe, ou le Wikimooc l’expérience massive d’enseignement par les wikipédiens eux mêmes). Surtout, Wikipédia est un objet d’étude sans égal du point de vue de la pertinence pour tout un tas d’aspects différents, pour moi qui voudrait enseigner mon domaine de recherche : les STS, ou, dit autrement, les relations entre sciences et sociétés.

Émilien Ruiz a développé en quoi Wikipédia est utile pour l’enseignement de la critique des sources. En tant qu’historien, je rejoins Émilien sur ce sujet : Wikipédia est un outil qui permet de distinguer ce qui est une bonne source selon Wikipédia et de le comparer à ce qu’est une source selon l’école méthodologique, l’école des Annales, la microhistoire, la ou encore la sociologie des épreuves : c’est un vrai cours d’histoire de la critique des sources, par la pratique.

L’enseignement de l’analyse critique est à la mode en ce moment, particulièrement dans l’injonction ministérielle à se méfier « des théories du complot », à peine différente de l’injonction ministérielle à se méfier « d’Internet » d’il y a quelques années. Pour l’école, pour l’université et pour la presse, ce qui vient d’Internet est suspect a priori et Wikipédia est le « usual suspect » dans les entreprises de décrédibilisation de la part de ces trois institutions. Pourtant Wikipédia est un laboratoire très intéresant pour tester une « analyse critique des médias ». Plonger dans Wikipédia permet de se mettre à l’épreuve d’une communauté de pairs plutôt que d’une voix magistrale. Intervenir dans Wikipédia, c’est soumettre sa production (ou tout simplement son avis) aux mécanismes de recherche de consensus, de la vérifiabilité, de la neutralité de point de vue (des notions wikipédiennes qui elles mêmes demandent à être déconstruites mais cela demande du temps d’enseignement pour le faire).

Ces notions épistémologiques ne sont pas seulement celles d’un mode de production de connaissance bien particulier, elles sont aussi liées (et se façonnent mutuellement) avec l’infrastructure technique et logicielle de Wikipédia (qu’est ce que le wiki et d’où vient-il ? Que sont les bots et comment travaillent-ils ?), l’infrastructure juridique et politique (quel est le rôle de la Wikimedia Foundation, en quoi la production est elle liée aux licences ?). Les licences utilisées dans Wikipédia, et Wikipédia elle même, sont aussi un projet politique lié au monde du libre, aux « creative commons », et plus généralement aux « communs ». Enseigner Wikipédia c’est aussi enseigner un projet politique particulier et nouveau : c’est le seul « commun » à avoir réussi à exister à grande échelle, et les politiques du libre ne sont pas seulement un projet, ce sont aussi une mise en oeuvre, dans lesquelles la notion de forking est primordiale (le forking, en tant qu’action politique, est l’équivalent d’un schisme. Il est à la fois une garantie de démocratie et une menca de division). De manière plus générale, Wikipédia est un des rares exemples à grande échelle d’un projet qui se veut « Open » et qui est obligé chaque jour par la pratique de définir ce qui est « Open » et ce qui ne l’est pas, parfois avec violence. Wikipédia est donc une étude de cas essentielle pour comprendre les « politiques de l’Open« , au delà d’un washing politique ou d’une vision militante, une critique de l’Open.

Enfin, Wikipédia est aussi une communauté et ce projet politique est aussi un projet d’organisation communautaire par les principes, les règles, les protocoles et la technique. L’organisation des débats, les règles de recherche de consensus, les procédures de vote s’y inventent. Wikipédia est une excellente étude de cas pour enseigner la « culture numérique » par l’exemple. Wikipédia permet de comprendre en quoi des projets techniques, des projets politiques, des projets épistémologiques (les trois mélangés) liés au monde du libre, au monde du software, au monde des « algorithmes » transpose ces notions dans un monde accessible au grand public. En ce sens, j’ai la conviction qu’il est bien plus utile pour comprendre ce monde, pour acquérir une « littératie numérique » de plonger dans les entrailles de Wikipédia que « d’apprendre à coder ».

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Open Content Culturel – conférence à la Gaîté Lyrique

actualités - 30 juin, 2016 - 14:28
Les enjeux

La valorisation et la diffusion des collections est une préoccupation ancienne des institutions culturelles (musées, galeries, bibliothèques, etc.). Cependant, répondre à ce besoin nécessite des moyens humains et financiers dont elles ne disposent pas toujours.

C’est de ce constat qu’est née la RMN (Réunion des Musées Nationaux). Elle a acquis le statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) par décret, le 14 novembre 1990. L’établissement est doté aujourd’hui de trois nouvelles missions : l’accueil du public, l’organisation d’expositions temporaires et la diffusion culturelle autour des expositions et des collections permanentes de 34 musées nationaux.

De par ces missions, elle se trouve en situation de monopole pour la commercialisation des reproductions des œuvres, et ce, quelque soit le support (beaux livres, posters, cartes postales, etc.).

Cet état de fait convenait à toutes les parties, jusqu’à ce que la révolution numérique vienne rebattre les cartes, et introduire un nouvel acteur dans le « jeu », à savoir le grand public.

En effet, celui-ci, avide d’informations et de partage, est au cœur même de la mutation en marche. Il consulte massivement Internet pour obtenir des contenus culturels et s’inscrit dans des processus collaboratifs et de partage pour améliorer l’accès à l’information.

Cet investissement est notamment possible grâce aux dispositions légales permettant un “domaine public” qui comprend des oeuvres qui sont la propriété de tous. Europeana¹ a publié en 2010 la charte du domaine public dont l’un des principes essentiels est le suivant :

Ce qui fait partie du domaine public doit rester dans le domaine public. Le contrôle exclusif des œuvres du domaine public ne peut pas être rétabli en réclamant des droits exclusifs sur les reproductions techniques des œuvres ou en utilisant des mesures techniques ou contractuelles pour limiter l’accès aux reproductions techniques de ces œuvres. Les œuvres qui font partie du domaine public sous leur forme analogique continuent de faire partie du domaine public une fois qu’elles ont été numérisées.”

Ce nouveau contexte rend la RMN désuète et contraint les institutions culturelles à (re)considérer l’outil numérique, notamment du point de vue économique, et tout particulièrement concernant leurs collections relevant de ce domaine public.

Toutefois, une forme d’instinct de survie, ou d’appât du gain (voir des deux), conduit la RMN à maintenir la main mise sur la diffusion des œuvres détenues par les musées, qui ont signé avec elle. Ils ne sont ainsi plus libres de décider de leurs politiques en matière d’Open Data, et ce, même si ce modèle économique n’est clairement plus viable.

Cette absurdité est possible au motif que les principaux établissements publics culturels sont soumis à un régime dérogatoire (loi 78-753 sur les données publiques et son article 11 sur les données culturelles) : ils restent libres d’ouvrir ou non leurs données, une conséquence de la fameuse exception culturelle française. Cette privatisation du domaine public conduit à de nombreuses aberrations.

Quelques exemples :

  • les historiens des estampes font leurs recherches sur des ressources françaises, dans des lieux culturels français, mais ils privilégient des ouvrages étrangers (librement réutilisables) lorsqu’il s’agit d’illustrer leurs publications.
  • Les étudiants (thésards) en histoire de l’art ne peuvent pas publier leurs recherches, seuls ceux qui ont les moyens de payer les droits de reproduction le peuvent.
  • Les professeurs de l’Ecole du Louvre, pour pouvoir illuster leurs cours devraient payer à la RMN des droits qui leur coûteraient dix fois plus cher que ce que leur rapportent leur cours.

 

Les atouts de l’ouverture des contenus culturels

 

Pour les établissements culturels déjà, nous pouvons lister plusieurs pistes :

– l’opportunité de développer de nouveaux produits ou services autour des données publiques culturelles,

– la possibilité de créer une médiation entre les institutions et l’émergence d’un nouveau type d’entreprenariat,

– la création de modèles économiques innovants pour les institutions qui vont générer des moyens supplémentaires et qui vont représenter un levier de croissance pour l’industrie culturelle française.

Pour les pouvoirs publics ensuite, des perspectives enthousiasmantes se dessinent :

– l’impulsion de nouvelles dynamiques dans le secteur du tourisme culturel,

– la modernisation et la dynamisation de l’action publique et l’occasion de repenser le service public,

– la transparence économique.

 

Un exemple, le cas du Rijksmuseum au Pays-Bas

 

Europeana a travaillé avec ce musée depuis 2011 pour rendre les collections d’oeuvres d’art appartenant au domaine public disponibles, en ligne et sans restrictions. Cela a donné lieu à plus de 150 000 images en haute résolution visualisables, téléchargeables, remixables, copiables et utilisables. Dans le cas du Rijksmuseum, seuls 8 000 objets sur 1 000 000 sont accessibles aux visiteurs. En rendant ces images disponibles sans restrictions, leurs portées se sont étendues de façon exponentielle.

Quels ont été les motifs de cette stratégie employée par le musée ?

– Faire le pari que libérer du contenu de qualité va aiguiser l’intérêt du public, et les inciter à venir sur place, plutôt que mettre en danger les revenus potentiels de l’institution.

– Lutter contre la prolifération des représentations numériques non officielles de célèbres peintures sur le web. (Comme les images proviennent d’une source fiable, les bonnes copies numériques ont été rapidement adoptées par les plates-formes de diffusion de savoir en ligne comme Wikipédia, ce qui fait baisser dans le même temps la popularité de représentations non officielles ou de mauvaise qualité.)

– Atteindre les utilisateurs : à ce jour 6 499 images provenant du Rijksmuseum ont été téléversées sur Wikimedia Commons. 2 175 d’entre elles sont actuellement utilisées dans divers articles de Wikipedia. Ces images ont été vues plus de 10 millions de fois. La visibilité est donc accrue pour les oeuvres de l’institution et pour l’institution elle-même.

– Augmenter leurs sources de revenus : le Rijksmuseum a, comme la plupart des musées, une banque d’images où se vendent des copies numériques des images. Lorsque fin 2011, ils ont commencé à libérer des images, ils ont proposé deux tailles à la vente. L’image de qualité moyenne (au format JPG, de 4500x4500px, à ± 2MB) est disponible gratuitement en téléchargement à partir de leur site web, sans aucune restriction. Lorsque l’utilisateur clique sur le bouton de téléchargement, une fenêtre s’ouvre et demande à l’utilisateur de créditer le Rijksmuseum lors de l’utilisation du fichier. Pour de la très haute résolution, 40€ sont demandés. En 2010, quand aucune photo n’était disponible dans des conditions ouvertes, il y avait effectivement moins de revenus qu’en 2011, lorsque le premier jeu a été mis à la disposition. Il est encore plus intéressant de voir qu’en 2012, il y a une augmentation significative des ventes. Cela montre que libérer des images de qualité moyenne au public en 2011 a permis d’avoir un modèle économique viable, et a, en fait, augmenté les ventes d’images.

Le coût des recherches et de la mise à disposition de demandes individuelles d’oeuvres peu connues coûte parfois plus cher que le revenu qui en découle. Du coup, le Rijksmuseum a persévéré dans sa démarche de rendre disponible en résolution suffisante le plus d’oeuvres possibles, et a ainsi choisi de recentrer le travail de ses agents sur la recherche de fonds auprès de fondations artistiques, de manière à numériser de nouvelles collections.

La renommée acquise pour avoir libéré du contenu sans restrictions semble aussi avoir facilité l’obtention de ces subventions. Le Rijksmuseum a ainsi été invité à participer à de nombreuses conférences pour expliquer sa démarche, ce qui a attiré l’attention des médias et de nouveaux publics.

¹ Europeana est une bibliothèque numérique européenne lancée en novembre 2008 par la Commission européenne. Elle est une mise en commun des ressources (livres, matériel audiovisuel, photographies, documents d’archives, etc.) numériques des bibliothèques nationales des 27 États membres. Source Wikipédia Articles pouvant vous intéresser:

Day 3: Ce n’est qu’un au revoir

actualités - 29 juin, 2016 - 15:58

C’est sous une chaleur écrasante que s’est déroulée la troisième et dernière journée de la Wikimania 2016 à Esino Lario. Au programme de ce dimanche 26 juin, questions et réponses à la nouvelle directrice exécutive de la Wikimedia Foundation ainsi que conférences et discussions autour de l’héritage culturel dans le monde par les wikimédiens.

Katherine Maher, nouvelle directrice exécutive de la Wikimédia Foundation a répondu à une série de questions de la part des wikimédiens afin d’évoquer la vision future du mouvement ainsi que la stratégie de la Fondation. Puis c’est un focus sur la Wikimedia Foundation qui a été opéré afin de préciser les différents services et missions que cette dernière propose pour le mouvement.

 

Dans l’après-midi, c’est Jean-Frédéric Berthelot, secrétaire adjoint du conseil d’administration de Wikimédia France, et Philip Kopetzky, membre du conseil d’administration de Wikimédia Autriche, qui ont présenté le projet Wiki Loves Monuments et les évolutions futures de ce projet.

Puis, en fin d’après-midi a eu lieu la traditionnelle cérémonie de clôture de la Wikimania 2016. Ce fut l’occasion de remercier les habitants du village d’Esino Lario ainsi que les organisateurs de cette Wikimania pour leur accueil chaleureux et leur organisation minutieuse. Ce fut aussi l’occasion d’annoncer que la Wikimania 2017 sera notamment organisée par WikiFranca et aura lieu à Montréal au Canada !

 

Comme chaque année, la Wikimania permet un rassemblement de toute la communauté internationale des wikimédiens qui est finalisée par une belle photo de groupe. Aucun doute que cette 12ème édition restera gravée dans les mémoires.

 

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Day 2 : Journée pluvieuse mais fructueuse à la Wikimania 2016

actualités - 26 juin, 2016 - 14:50

C’est sous une pluie diluvienne qu’ont démarré les conférences, rencontres et ateliers de cette deuxième journée à Esino Lario. Rien n’a pu néanmoins doucher l’enthousiasme des wikimédiens français. Ils ont en effet animé une conférence sur l’importance qu’a pris en France le projet Wiktionnaire, dont nous avions publié l’extraordinaire odyssée il y a quelques articles… Très attendus et largement soutenus par les francophones, c’est avec beaucoup d’énergie que Noé Gasparini, Lucas Lévêque et Benoît Prieur ont détaillé l’engouement qu’il y a eu autour du développement de ce projet en France et ses retombées positives, notamment dans les médias.

Sebastiaan ter Burg (CC-BY-2.0)

En fin de journée, s’est tenu un meeting réunissant les directeurs exécutifs des chapitres Wikimédia,  auquel Nathalie Martin a participé pendant qu’une autre réunion se tenait avec l’ensemble des présidents des organisations affiliées au mouvement, à laquelle Emeric Vallespi  à participé, afin d’aborder divers sujets liés à l’amélioration des échanges de bonnes pratiques entre les chapitres et dans le mouvement, et à la rencontre avec la nouvelle Directrice Exécutive de la Wikimedia Foundation. Enfin, dans la continuité du travail entrepris suite à la Wikimania 2015 à Mexico, Anne-Laure Prévost a participé à la réunion du groupe de travail ‘Partnerships and Resource Development’ afin d’enrichir l’espace dédié aux récits d’expérience et aux bonnes pratiques des chapitres en terme de partenariats.

 

Cette journée s’est conclue par un concert sur la place principale du village. On se retrouve encore demain pour faire le point sur le troisième  et dernier jour de cette Wikimania 2016.

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Day 1: un démarrage sur les chapeaux de roues pour Wikimania 2016 !

actualités - 25 juin, 2016 - 09:37

C’est à Esino Lario près du lac de Côme en Italie que la 12e édition de Wikimania se déroule. Des annonces et rencontres pimentées ont été à l’ordre du jour.

Après deux jours de pré-conférence, notamment technique avec la tenue du traditionnel hackathon, ce jeudi 24 juin a vu le lancement de la Wikimania 2016. À cette occasion, Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, a pris la parole pour annoncer l’élection de Christophe Henner, ancien président de Wikimédia France, comme membre et président du conseil d’administration de la Wikimédia Foundation pour une durée de 3 ans. À la suite de son intérim, Katherine Maher a été nommée directrice exécutive de la Wikimedia Foundation. Ces annonces officielles ont été suivies d’une inspirante présentation de l’impact positif de la Wikimania 2016 sur Esino Lario, par Catherine de Senarclens, membre du conseil municipal du village. Jimmy Wales s’est d’ailleurs vu remettre les « clefs du changement » par le maire de la ville pour clore cette séance.

Du “coolest project” aux enjeux de la confidentialité comme frein à l’accès à la connaissance, c’est un programme riche qui est proposé aux 1000 wikimédiens accueillis par les habitants d’Esino Lario. C’était aussi l’occasion pour tous les francophones de se retrouver lors du Meetup de fin de journée et d’échanger sur les projets en cours et à venir. À ce titre, un zoom sur la première Wikiconvention Francophone, qui se déroulera du 19 au 21 août à Paris, a été fait par Pierre-Yves Beaudouin (les inscriptions sont ouvertes, pour rappel !).

Les Wikimédiens francophones pris en photo par Pierre-Selim (CC-BY-SA 4.0)

Rendez-vous demain pour un nouveau point autour de la deuxième journée
à Esino Lario ! Vous pouvez aussi suivre le fil twitter #Wikimania2016 et le compte @WikimaniaEsino pour plus d’informations.

Crédits photo galerie : Niccolò Caranti – CC-BY-SA 4.0

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Privatisation du domaine public : avec la loi création, on a touché le fond !

actualités - 21 juin, 2016 - 15:38

 

 

 

Mercredi dernier a eu lieu la Commission Mixte Paritaire dans le cadre du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, les parlementaires ont frappé particulièrement fort avec deux mesures notablement absurdes et scandaleuses.

La première concerne la privatisation de l’image des domaines nationaux qui a été entérinée. Nous vous expliquions cette affaire, en détails, dans un précédent article de blog. Demain, Wikipédia va donc se retrouver privée d’illustrations pour des articles emblématiques de l’histoire et de la culture française tels que : le Château de Chambord, le Château de Versailles, le Château de Saint Germain en Laye… Alors même que ces bâtiments sont tombés dans le Domaine public, les parlementaires ont créé un droit inédit pour leurs gestionnaires, afin de susciter de nouveaux revenus liés à l’utilisation des images.

La deuxième mesure concerne la mise en place d’une redevance obligatoire liée à l’indexation des moteurs de recherche. Ces derniers vont devoir payer pour avoir le droit d’indexer des photos et illustrations et les présenter dans les résultats. Voici l’objectif affiché mais ce qui est intéressant c’est la stratégie déployée pour y parvenir !

Toutes les images qui vont être publiées sur le web (réseaux sociaux, blog ou site personnel, forums, etc) vont être automatiquement mises en gestion auprès des différentes sociétés d’ayants-droit. Cette affiliation d’autorité ne permettant pas d’identifier les auteurs, ni le statut juridique des contenus, les sommes vont êtres versées directement par les moteurs de recherche à ces sociétés de perception et de répartition des droits, sans que les auteurs touchent quoi que ce soit.

 

C’est tout simplement une spoliation des œuvres réalisées, avec la complicité de l’Assemblée Nationale et du Sénat, qui au-delà de l’aspect du gain illégitime pose d’autres questions :

– les licences Creative Commons sont tout simplement niées donc rendues inopérantes,

– les images illicites vont générer des revenus similaires aux images licites.

 

On se demande vraiment comment les parlementaires ont pu cautionner à la fois ce non-respect du droit des auteurs et à la fois ce mépris éhonté de la légalité d’une image.

Ces régressions sont d’autant plus douloureuses qu’au même moment, nos voisins belges ont su faire preuve de plus de discernement en adoptant le jeudi 16 juin dernier la liberté de panorama, sans restriction commerciale. Ils viennent grossir les rangs des pays européens qui s’engagent en faveur du partage de la connaissance et d’un droit correspondant à la réalité des usages.

Pendant ce temps-là la France, quant à elle, n’a jamais fait autant d’efforts pour privatiser les biens communs…

 

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La Wikimania se met au vert…

actualités - 21 juin, 2016 - 13:05

Connaissez-vous Esino Lario ? C’est un petit village de 761 habitants, situé à 12 kilomètres au-dessus du lac de Côme et à 100 kilomètres de Milan, dans la province de Lecco en Lombardie. Cet endroit diffère en tous points des lieux d’accueil des précédentes Wikimania, qui se sont tenues depuis 2005 au cœur de mégapoles mondiales telles que Hong-Kong, Washington, Londres, Alexandrie ou encore Mexico. Cette année, une équipe de plus de 35 bénévoles, avec le soutien de Wikimedia Italie, s’est mis en tête de permettre à plus de 1000 contributeurs aux projets Wikimedia venant du monde entier d’avoir pour terrain de jeu et lieu de retrouvailles un village tout entier.

Un challenge et une épopée qui partent d’un questionnement : que représente la Wikimania pour ses participants ? L’objectif de cet événement est-il de rassembler le plus grand nombre de personnes possible ? L’organisation d’une telle conférence est-elle durable pour les pays qui l’accueillent ? Quelles traces de son passage, au-delà d’un événement éphémère ? Wikimania Esino Lario 2016 a pour vocation de remettre en question un format bien rodé et d’embarquer les participants à travers une expérience au grand air, au cœur des montagnes italiennes. Une occasion d’offrir à la communauté des wikimédiens une occasion unique d’intensifier ses échanges et de vivre au rythme des habitants qui l’accueillera.  Et surtout, un objectif de pérennité : un développement territorial pour ce village, qui perdurera après la grand-messe des contributeurs à Wikipédia.

Plus qu’un rassemblement,  un projet de développement à fort impact

Pour pouvoir satisfaire aux exigences d’un rassemblement tel que la Wikimania, c’est un projet de développement territorial qui a vu le jour en 2014, de manière à disposer d’assez de temps pour rendre le village apte à l’accueil des participants. Les aménagements prévus ont été conçus pour être pérenne et apporter au village d’Esino Lario et ses habitants, des infrastructures durables qui auront un impact sur leur quotidien. En premier lieu, une connexion wi-fi disponible dans toute la ville et l’installation de la fibre optique dans 7 bâtiments publics, mais aussi : la réhabilitation de la salle de sport municipal afin qu’elle soit accessible à tous, la rénovation de l’ancien cinéma local en une salle polyvalente, la création d’une salle multimédia et la réhabilitation du musée de la ville dans un nouveau bâtiment, la rénovation des équipements sportifs en extérieurs et la création d’un nouveau parking. Derniers travaux, et non des moindres : la rénovation de la seule et unique route menant à Esino Lario, qui n’avait pas été faite depuis plus de 40 ans.

Pour réussir un tel exploit et mener un projet de cette envergure, les équipes bénévoles mobilisées sont allées à la recherche de soutiens financiers : ils ont obtenu 200 000 € de la part de la Fondation Wikimedia, 190 000 € de la Fondation Cariplo, 500 000 € de la région de Lombardie, sans compter les nombreux sponsors locaux et le soutien du conseil municipal.

Wikimédia France se rendra à Esino Lario la semaine prochaine, pour une expérience qui promet d’être unique en son genre : nous vous tiendrons informés de la suite de nos aventures sur ce blog !

 

 

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La première Wikiconvention francophone arrive à Paris !

actualités - 20 juin, 2016 - 10:09

La toute première WikiConvention francophone aura lieu à Paris du 19 au 21 août 2016 !

Comme son nom l’indique, elle accueillera près de 160 participants francophones issus des communautés des projets Wikimedia comme Wikipédia et ses projets-frères. Elle a été conçue pour contribuer à l’émergence et au développement d’entités francophones locales. Des Wikimédiens venant d’Algérie, de Belgique, de Côte d’Ivoire, de Madagascar, de Suisse, du Sénégal, de France, de la Tunisie, du Canada et d’ailleurs sont attendus. Un tel événement s’inscrit dans les missions de WikiFranca, coopération des entités francophones du mouvement Wikimedia, où Wikimédia France s’investit de manière conséquente.

Organisée pour la première fois pour et par les Wikimédiens francophones, comme cela a été le cas, depuis plusieurs années dans les communautés germanophones, hispanophones, ou encore néerlandophones, la WikiConvention sera un événement dédié au partage de savoirs, de pratiques et de perspectives pour encourager les synergies et développer des stratégies d’enrichissement des projets Wikimedia en français, sans oublier de valoriser les langues régionales et minoritaires des pays participants. Elle cherchera également à assurer la présence de contributrices, notamment par la mise en œuvre d’une garderie sur place. En effet, moins de 15 % des contributeurs à Wikipédia aujourd’hui sont des femmes. Ce fossé des genres est un combat prioritaire du mouvement, tout comme l’est la contribution des pays dits du “Sud”. En effet, l’un des objectifs prioritaires de la Wikimedia Foundation, comme pour le reste du mouvement Wikimedia est d’agir face au fossé qui se creuse entre les pays dits “du Nord” et ceux dits “du Sud” tant au niveau de la diversité des contenus qui se trouvent sur les projets Wikimedia, que sur la diversité des contributeurs à ces projets.

L’événement sera accueilli au sein de la Halle Pajol, un bâtiment récemment réhabilité, éco-conçu, pourvu de 7 salles de réunion et d’une auberge de jeunesse, afin de faciliter l’hébergement des participants à moindres frais. Dans cette même idée, plusieurs partenaires soutiennent cet événement. L’Organisation Internationale de la Francophonie finance généreusement la venue de 15 Wikimédiens d’Afrique francophone, dont la contribution aux débats est essentielle ; Google soutient financièrement la mise en œuvre de l’événement et la Fondation L’Oréal participe quant à elle à permettre l’accueil d’enfants lors de la convention, afin de favoriser la venue des parents, comme évoqué ci-dessus. Wikimedia CH soutient également cette action, à travers un soutien financier mais aussi grâce à l’attribution de bourses pour les participants suisses.

Le programme est encore en train d’être affiné, mais les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes et ce jusqu’au 15 juillet.

Plus d’informations sur la page Meta de l’événement.

Pour retrouver toute l’actualité de la WikiConvention, abonnez-vous au fil Twitter @wikiconvention et suivez le hashtag #WikiConvFR !

 

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Prochain sommet mondial de l’OGP à Paris

actualités - 17 juin, 2016 - 17:32

OGP, kézako ?

“Inaugurée en septembre 2011 par huit pays fondateurs, l’Open Government Partnership est une initiative multilatérale qui compte aujourd’hui 65 pays membres, ainsi que des ONG et représentants de la société civile. Le Partenariat s’attache, au niveau international, à promouvoir la transparence de l’action publique et la gouvernance ouverte, à renforcer l’intégrité publique et combattre la corruption, et à exploiter les nouvelles technologies et le numérique pour renforcer la gouvernance publique, promouvoir l’innovation et stimuler le progrès.”

Source : Blog de la mission Etalab, https://www.etalab.gouv.fr/ogp

 

 

 

 

 

Présidence française en 2016

La France a rejoint le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (OGP en anglais) en avril 2014 et en assurera la présidence à partir de septembre 2016, pour une durée d’un an, après en avoir occupé la vice-présidence lors du mandat de l’Afrique du Sud. Un plan d’action 2015-2017, co-construit avec des acteurs de la société civile, a été rendu public l’année dernière et est disponible en ligne. La France prend ainsi 26 engagements, sur 5 axes :

  1. rendre des comptes ;
  2. consulter, concerter, et coproduire l’action publique ;
  3. partager des ressources numériques utiles à l’innovation économique et sociale ;
  4. poursuivre l’ouverture de l’administration ;
  5. positionner le gouvernement ouvert au service du climat et du développement durable.

4e sommet mondial à Paris

Le quatrième sommet mondial de l’OGP se tiendra à Paris du 7 au 9 décembre 2016, dans trois lieux d’exception : la salle Pleyel,  le palais de Tokyo et le palais d’Iéna. Des représentants des gouvernements, du monde universitaire, de la société civile et des organisations internationales se réuniront à cette occasion pour partager leurs expériences et bonnes pratiques et faire progresser l’agenda du gouvernement ouvert à l’aune des grands enjeux de notre monde. Le programme de cette rencontre sera là encore co-construit avec les participants, et sa version finale sera présentée à la rentrée. Un comité de programme a été constitué, comprenant 3 représentants de la société civile. Les candidatures retenues ont été les suivantes :

  • Benjamin Jean, président d’Open Law
  • Ismaël Le Mouël, co-fondateur de HelloAsso
  • Emeric Vallespi et Nathalie Martin, président et directrice exécutive de Wikimédia France

Nous ne manquerons pas de vous faire part, dans les prochaines semaines, de l’avancée de ces travaux !

Crédits : Logo de l’OGP – Open Government Partnership – CC-BY-SA 3.0

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Copyfraud sur les Domaines Nationaux

actualités - 8 juin, 2016 - 14:10

A l’occasion d’un projet de loi sur le patrimoine, les parlementaires ont introduit des amendements permettant aux domaines nationaux de s’arroger un droit à l’image sur les bâtiments qu’ils gèrent. Droit qui n’existait pas jusqu’alors !

C’est ainsi que le domaine national de Chambord, ou celui de Versailles, pourront demander le paiement de droits concernant l’utilisation des photos des châteaux qu’ils gèrent, s’ils estiment qu’elle revêt un caractère commercial.

À maintes reprises, nous avons expliqué la difficulté actuelle de déterminer ce qui relève ou non d’un périmètre commercial. (1)

Or, depuis des siècles, ces monuments historiques appartiennent au patrimoine de la Nation et au domaine public.

Ce ne sont pas à des gestionnaires, mandatés par l’État français pour prendre soin des témoignages de notre histoire, de décider de l’usage qui doit être fait, ou pas, de leur image. Chacun doit être libre de la réutiliser comme il l’entend, puisqu’ils constituent des (biens) communs !

Cette nouvelle volonté des gestionnaires d’exploiter un nouveau filon commercial n’est rien d’autre qu’un copyfraud manifeste, une privatisation illégitime d’un bien public que Wikimédia France dénonce avec vigueur.

Le château de Chambord par Arnaud Scherer [CC BY-SA 4.0 ]

Si cet article de loi est adopté définitivement, le 15 juin prochain, lors de la CMP (Commission Mixte Paritaire : commission constituée de parlementaires du Sénat et de l’Assemblée Nationale), il entraînera un retrait de toutes les photos de ces lieux emblématiques de notre passé, des projets Wikimédia, car elles ne seront plus libres de droits.

Ce serait un appauvrissement conséquent de la qualité des articles de Wikipédia, ce que nous déplorons. En effet, ces articles et photos offrent une visibilité incomparable à ces sites, dont il serait dommage de se priver. Plus largement, c’est donc le rayonnement de la culture française qui est directement menacé.

Qu’est-ce qui explique un tel retour en arrière aujourd’hui ?

Le Château de Chambord a voulu empêcher une marque de bière d’utiliser son image pour ses publicités. Après avoir essayé d’imposer au brasseur une facture s’élevant à 251 160 € sans succès, l’affaire est portée en justice. Après moult épisodes, la Cour d’appel de Nantes confirme, en 2015, les jugements antérieurs, et condamne le château à verser 1 500 €, au titre des frais de justices.

Qu’à cela ne tienne, n’ayant pas eu gain de cause devant les tribunaux, il essaie aujourd’hui de faire changer la loi ! (2)

Nous n’avons plus que quelques jours pour éviter l’inscription de cette nouvelle enclosure dans la loi.

C’est pourquoi, nous lançons un appel aux parlementaires pour qu’ils défendent l’espace public, ainsi que la visibilité sur internet de notre patrimoine, malgré les demandes, à très courte vue, des gestionnaires financiers des domaines nationaux.

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Wiki Loves Earth 2016 : la 2e édition française terminée

actualités - 6 juin, 2016 - 14:46

Vous avez pu découvrir le concours photo Wiki Loves Earth en 2015, année de la première participation de la France à cette compétition internationale visant à collecter des photos de sites du patrimoine naturel – tels que les réserves naturelles, les zones de conservation du paysage, les parcs nationaux, les zones et paysages pittoresques, les jardins remarquables… Tout cela dans le but à la fois d’illustrer des articles de l’encyclopédie libre Wikipédia et également de sauvegarder sur Internet aussi ces espaces protégés.

En 2015, 108 000 photos avaient été soumises entre le 1er et le 31 mai, par plus de 8 900 participants de 26 pays différents. Pour cette deuxième édition française, qui est également la troisième édition internationale, autant de pays se sont impliqués dans le concours, et nous pouvons notamment citer l’Australie, qui pour sa première participation a recueilli 4 126 photos !

Quelques chiffres-clés pour l’édition française (source : Wikimedia Commons) :

  • 2 442 images téléversées
  • 161 contributeurs, dont 115 nouveaux
  • En moyenne, 15 photos téléversées par contributeur
  • Plus de 20 % de photos non admissibles (notamment des gros plans de plantes ou d’animaux)

Une standing ovation au top 5 des contributeurs de l’édition 2016 : Ibex73, PIERRE ANDRE LECLERCQ, Espirat, Lionel Allorge et X-Javier, qui à eux seuls ont téléversé plus de la moitié des photos en compétition.

Il faut également remercier les personnes impliquées dans l’organisation du concours et notamment Pmau, qui, dans l’ombre, a vérifié la grande majorité de toutes ces photographies. Il nous livre quelques informations sur son travail de vérificateur :

Les vérifications « faciles »

  • taille du fichier : produit de la largeur par la hauteur inférieur à 2000000 pixels
  • licence bien renseignée
  • espace naturel bien renseigné
  • présence de watermark

Les vérifications « moyennes »

  • apprécier si la photo respecte le cadre du concours (espaces naturels)
  • apprécier si la photo a bien été faite dans l’un des espaces naturels
  • contrôler si la commune éventuelle fait partie d’un parc naturel régional ou d’un parc national
  • ajouter d’autres catégories (plantes, animaux, communes, coucher de soleil, etc)

Les vérifications « difficiles »

  • corriger les emplacements incorrects ou manquants
  • géolocaliser quand c’est possible : retrouver le cadrage avec Google Earth et geolocator

Un travail de titan (et de fourmi !) pour que le jury de cette édition 2016 puisse ensuite faire son travail de sélection des 10 images gagnantes. Cette année, il se compose de 5 gagnants de l’année dernière ; d’Anne-Sophie Novel, docteur en économie, journaliste et blogueuse et de Philippe Julve, enseignant, chercheur en écologie et membre du conseil d’administration de Tela Botanica et du réseau des Conservatoires d’espaces naturels.

Les résultats seront connus durant l’été : à suivre !

 

Crédits photos (toutes sous licence CC-By-SA 4.0) :

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Lauréats du Wikiconcours lycéen 2015-2016

actualités - 1 juin, 2016 - 14:25

By Jean-Philippe WMFr (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

D’octobre 2015 à mai 2016, 60 classes du secondaire ont participé au Wikiconcours lycéen.

Cette action, organisée pour la quatrième année consécutive, associe le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) à Wikimédia France pour proposer aux lycéens et lycéennes de contribuer à Wikipédia (création d’articles et enrichissement de contenus existants). Le projet s’inscrit dans une démarche d’éducation aux médias et à l’information ainsi que d’éducation au numérique. L’écriture collaborative est au centre du travail et mobilise des compétences essentielles telles que savoir chercher, savoir organiser, savoir vérifier, savoir publier.

Ce Wikiconcours lycéen a rassemblé dix-sept académies et six lycées français à l’étranger : Aix-Marseille, Bordeaux, Caen, Corse, Créteil, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Paris, Poitou-Charentes, Rennes, Strasbourg, Toulouse, New-York (États-Unis), Port-Vila (Vanuatu), Tamatave (Madagascar), Londres (Royaume-Uni), Braila (Roumanie) et Madrid (Espagne).

Les coordonnateurs du CLEMI ont bénéficié d’une formation à la contribution en décembre 2015 ; les élèves, enseignants et documentalistes ont pu s’appuyer sur une page de ressources et d’aide dont l’objectif est de les guider dans leur découverte de Wikipédia. Une page de discussion a également permis des interactions avec la communauté wikipédienne.

Lauréats

  • Le prix de la rédaction et de la contribution, qui récompense la qualité des contributions, est décerné au lycée français de New-York (États-Unis) ;
  • Le prix de la communauté, qui récompense le travail collaboratif et les interactions avec les Wikipédiens, est attribué à l’établissement Voltaire (Orléans, académie d’Orléans-Tours) ;
  • Le prix coup de cœur revient à l’établissement Jean Monet (Annemasse, académie de Grenoble) pour la création de l’article Dessin de presse en France ;

Le jury remercie et félicite chaleureusement l’ensemble des participants pour leurs contributions. Le rapport du jury est consultable ici afin que les différents participants puissent progresser dans la maîtrise de l’outil Wikipédia.

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L’extraordinaire odyssée du Wiktionnaire

actualités - 2 mai, 2016 - 09:30

Lyokoï, wiktionnariste et référent du groupe local de Lyon – aussi connu sous le nom de “cabale de la quenelle” – retrace pour notre blog le chemin parcouru jusqu’à la création de la première Wikipermanence au monde autour du Wiktionnaire. Un récit vivant et plein d’humour, à la découverte d’un projet moins bien connu que sa grande sœur Wikipédia.

Le Wiktionnaire fait partie des projets Wikimédia, impulsés par la Wikimedia Foundation. Son objectif est de « définir tous les mots de toutes les langues dans toutes les langues ». Il existe en 172 langues, est fondé sur un système de wiki et son contenu, librement réutilisable, est publié sous licence CC-BY-SA. Image : logo du Wiktionnaire – Smurrayinchester – CC-BY-SA 3.0

Genèse d’une idée

« Tiens ? T’es sur le Wiktionnaire toi aussi ? » Tout a commencé ainsi. Depuis, quelque chose d’inédit s’est mis en place en France : la seule et unique Wikipermanence (réunion informelle et régulière autour d’un projet lié à l’univers Wikimedia) du monde uniquement dédiée au projet du Wiktionnaire.

Mais revenons au commencement : Lyon, une ville où il fait bon vivre, et surtout bon manger, accueille un groupe local de Wikimédiens important. Une vingtaine de personnes se réunissent ainsi régulièrement pour discuter, boire un coup, mais surtout ripailler. Fait inhabituel pour ce groupe, il dispose d’une forte représentation de wiktionnaristes – c’est-à-dire, contributeurs au Wiktionnaire – alors qu’ils sont peu nombreux dans le reste du pays. Cette prise de conscience de leur existence mutuelle les a amenés à un coup de génie à la fin de l’année scolaire 2014-2015 : tenir une permanence pour parler de ce projet.

Première étape : le lieu et les personnes

Il existe à Lyon un lieu génial pour les philologues, répondant au doux nom de KoToPo, qui en espéranto signifie : « etc ». C’est un bar, tenu par l’association Mille et une langues, qui, envers et contre tout, s’est donné pour objectif d’apprendre au plus grand nombre de personnes possible une des 45 langues enseignées en son sein. Dictionnaire – Langue ? Le lien est évident. Il n’a pas fallu longtemps pour que Noé, un membre appartienne aux deux entités et lance l’idée que la minorité agissante du Wiktionnaire pouvait bien former les apprentis du KoToPo à utiliser ce dictionnaire en tant qu’outil d’apprentissage d’une langue.

Ainsi fut-il : tous les premiers jeudis du mois, de 17h à 20h (officiellement, mais ça a tendance à déborder…), un groupe de 3-4 personnes se réunissent pour présenter le projet aux curieux et pour discuter entre eux. Les curieux sont peu nombreux, mais certains sont devenu des contributeurs occasionnels, et c’est ce que l’on pouvait espérer de mieux.

Cet espace de discussion de vive voix bouleversa le petit monde du Wiktionnaire (enfin petit… si on regarde les chiffre, c’est plutôt le contraire : presque 3 millions de mots venant de presque 4000 langues y sont décrits). En effet, depuis que ces wiktionnaristes disposent d’un temps dédié au débat autour du Wiktionnaire, ils ont formalisé de nombreuses avancées.

Deuxième étape : porter la bonne parole et impliquer la communauté

Cette permanence est par ailleurs directement issue d’une série de conférences que j’ai pu donner, depuis septembre 2014, en sillonnant la France pour présenter le Wiktionnaire à des publics très variés : lexicographes, linguistes, locuteurs de langues régionales, enseignants, libristes, etc. Les compte-rendus de ces interventions, établis de manière quasi-systématique, donnent souvent lieu à des retours de la part de la communauté en vue d’améliorer la visibilité du projet.

Cette même communauté fait preuve d’une grande curiosité quant à son propre fonctionnement ainsi que de l’avancement de son projet. Certains questionnements ont pu se mettre en place grâce au rassemblement quasi mensuels des Lyonnais. En effet, il n’est pas rare qu’un minimum de wiktionnaristes soient présents et engagent une discussion sur leur sujet préféré (après les bugnes, cela va sans dire !) : le Wiktionnaire.

Troisième étape : des projets pilotes pour inspirer la réflexion

C’est ainsi que s’est d’abord construit le projet WikiFromages (en écho au WikiCheese sur Wikipédia) qui amena notre communauté de Wiktionnaristes lyonnais à s’interroger sur de multiples facettes cachées du projet :

  • réflexion sur les annexes et les thésaurus ; proposition de les intégrer par défaut dans la recherche de base ;
  • mise en place d’une réflexion et d’un début de protocole sur l’intégration du gaulois, qui pourra servir à terme à d’autres langues mortes partiellement écrites ;
  • établissement du premier bilan annuel du Wiktionnaire ;
  • proposition et mise en place de l’actualité mensuelle du projet ;
  • retravail des pages d’aides et de convention ;
  • changement de mise en forme des signes de prononciation pour rendre compte de la diversité…

Au-delà des questionnements propres au fonctionnement du Wiktionnaire et à ses potentialités en tant qu’outil, l’analyse du projet a changé et une vraie réflexion s’est mise en place. Que peut-on faire avec le Wiktionnaire ? Quelles sont ses limites ? Comment l’améliorer ? Qui en a besoin sans le savoir ? Comment faire connaître le projet ?

Quatrième étape : partager avec d’autres le chemin parcouru

On peut considérer, grâce au chemin parcouru, que le Wiktionnaire français fait parti des petits projets les plus actifs de la Wikimedia Foundation, et qu’il a beaucoup à apprendre aux autres. Lorsque nous avons pris conscience de cela, nous sommes allés voir comment cela se déroulait ailleurs. Les anglophones vivant dans des lieux très éclatés ont actuellement énormément de mal à se rassembler, les autres petits wikis sont malheureusement souvent trop peu peuplés pour disposer d’une base de contributeurs minimale. Dans cette optique, nous proposons de partager notre cheminement lors de la Wikimania 2016, qui aura lieu en juin en Italie, où notre proposition de conférence a été acceptée (en plus d’une câlinothérapie entre petits projets).

Si l’encyclopédie Wikipédia est de mieux en mieux comprise par les professionnels du savoir, les autres projets sont encore complètement dans son ombre et leur milieu est souvent à des kilomètres d’une réflexion poussée (environ un centaine d’étude pour le Wiktionnaire contre plus de 5000 pour Wikipédia, toutes langues confondues pour les deux projets). A titre d’exemple, les éditions Larousse et Robert ont découvert l’ampleur du projet Wiktionnaire lors de ma conférence aux Journées Des Dictionnaires en février 2015…

Mais l’avenir est de toute façon radieux : parce que les projets sont libres et que les idées sont folles, parce que les besoins de sauvegarde linguistique sont phénoménaux et les données gigantesques (comptez plusieurs milliers d’entrées par langues, pour plus de 7500 langues), parce que tout le reste n’est finalement pas assez pour ceux qui veulent partager leur savoir et parce qu’il faudra toujours des petits projets pour qu’ils deviennent grands…

« Quoi ? Encore un wiktionnariste ? » est désormais une réflexion commune dans la cabale de la quenelle à Lyon.

Lyokoï

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Liberté de panorama : le Sénat persiste dans l’erreur et signe !

actualités - 28 avril, 2016 - 17:01
Comme nous vous le disions mardi, de nombreux sénateurs ont soutenu notre vision de la liberté de panorama. Le sujet de la liberté de panorama aura déchaîné les passions tant à droite qu’à gauche. Malheureusement, tardivement, la lourde machine des lobbies de l’industrie culturelle s’est mise en marche, de manière pour le moins efficace.Le sénateur Assouline, grand porte-parole des sociétés d’ayants-droit, nous parle de la « population d’artistes la plus fragile », « sous le seuil de pauvreté », pour défendre les architectes et les sculpteurs ayant vendu leurs ouvrages à des collectivités territoriales. La sénatrice Robert instrumentalise, quant à elle, la cause des photographes professionnels alors que les droits de ces derniers ne sont pas touchés par la liberté de panorama (nous vous le disions, ils en seraient pourtant même les premiers bénéficiaires).

Néanmoins, le combat ne fut pas vain. Bien au contraire. En voyant les courageuses positions prises par les sénateurs Chaize, Leconte et Rome, nous constatons que nos parlementaires peuvent faire preuve de pragmatisme et évoluer avec leur société. Malgré cela, plusieurs sénateurs n’ont pas tenu compte des réalités d’Internet en faisant voter un amendement inapplicable.

Le séanteur Assouline se félicite d’une prise en compte des usages d’Internet faite « sans barrages conservateurs ». Il fait cependant preuve de méconnaissance du droit lorsqu’il reconnaît que, jusque là, le particulier pouvait être poursuivi, mais qu’aujourd’hui, en déposant une photo sur un réseau social seule la plateforme pourrait être incriminée. Or, c’est bien le particulier qui signe les conditions générales d’utilisation permettant l’utilisation commerciale de sa photo. A ce titre, le sénateur Chaize rappelle que les sénateurs sont également là pour défendre le particulier en danger, qui jusque là, n’a été représenté par personne. Ils étaient pourtant près de 19 000 à demander une liberté de panorama applicable.

Malgré les efforts remarquables de l’industrie culturelle pour rendre cette loi inopérante, nous pouvons, néanmoins, nous réjouir du fait que le principe de liberté de panorama ait eu un tel impact médiatique et politique. La sénatrice Mélot, rapporteur sur ce projet de loi, conviendra même du fait qu’il s’agissait d’une « exception justifiée ».

A l’instar de la sénatrice Mélot, nous pensons que cette liberté est appelée à évoluer. Deux occasions se présenteront : la discussion en Commission Mixte Partiaire et celle de la révision de la directive européenne sur le droit d’auteur. D’autant que notre gouvernement, par la voix d’Axelle Lemaire, est désormais favorable à cette exception.

A ce sujet, n’hésitez pas à répondre, comme nous, à la consultation européenne sur la liberté de panorama.

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Projet de loi numérique : début des débats au Sénat

actualités - 26 avril, 2016 - 16:01
Les débats sur le projet de loi « pour une République numérique » ont commencé cet après-midi, et se poursuivront jusqu’à jeudi, vers l’adoption du projet de loi par vote solennel le 3 mai.

De nombreux sénateurs, de tous bords, ont entendu les 19 000 signataires de notre pétition. En effet, durant toute la phase au Sénat, 36 sénateurs ont, et vont, soutenir notre vision de la liberté de panorama, à travers 5 amendements.

16 sénateurs en commissions (3 amendements), puis 30 en séance (2 amendements) demandent une liberté de panorama fonctionnelle. Aucun amendement n’a été déposé pour demander le retrait de la notion de liberté de panorama tant cette exception est justifiée.

Ainsi, nous vous livrons la liste de ces 36 sénateurs, accompagnés des liens vers les textes d’amendements :

Jérôme Bignon
Jean Bizet
François Bonhomme
Gilbert Bouchet
François Calvet
Agnès Canayer
Caroline Cayeux
Patrick Chaize (amendements n°COM-187 et n°71)
Gérard Cornu
Philippe Dallier
Dominique De Legge
Louis-Jean De Nicolaÿ
Catherine Deroche
Dominique Estrosi Sassone
Bernard Fournier
Joëlle Garriaud-Maylam
Jean-Pierre Grand
Loïc Hervé
Jean-François Husson
Fabienne Keller
Claude Kern (amendement n°COM-158)
Marc Laménie
Robert Laufoaulu
Philippe Leroy
Michel Magras
Didier Mandelli
Patrick Masclet
Philippe Mouiller
Cyril Pellevat (amendement n°COM-154)
Jean-François Rapin
Yves Rome (amendement n°196)
René-Paul Savary
Jean-Pierre Sueur
André Trillard
Michel Vaspart
Alain Vasselle



Les débats sur la liberté de panorama devraient avoir lieu demain en fin d’après-midi ou en soirée (article 18 ter du projet de loi). N’hésitez pas à suivre ici les débats en direct.

Il est toujours temps de signer notre pétition !. Articles pouvant vous intéresser:

Retour sur la première journée contributive sur l’entrepreneuriat social à Paris !

actualités - 26 avril, 2016 - 12:56

Pierre Chevelle, à l’initiative du projet-livre “Changer le monde en 2 heures” revient pour nous sur la tenue du premier edit-a-thon sur l’entrepreneuriat social à Paris.

Les participants à l’edit-a-thon entrepreneuriat social – par Jérôme Bonpierre – CC-BY-SA 4.0

Dans le cadre du mois de la contribution s’est tenu le premier edit-a-thon sur des projets solidaires samedi 19 mars 2016 à Paris. Avec le soutien de Wikimédia France, cette journée contributive, organisée par Changer le monde en 2 heures et le Noise, a rassemblé 60 participants pour créer et enrichir les articles Wikipédia de projets solidaires. Après une introduction aux principes de Wikipédia et à la contribution par un administrateur, les participants ont travaillé en petits groupes sur un article parmi un corpus d’articles éligibles préparé en amont.

Au total, les participants, débutants pour la majorité, ont créé et enrichi les articles Wikipédia d’une quinzaine de projets solidaires parmi lesquels le Mouvement Colibris de Pierre Rabhi, le collectif Disco Soupe ou l’association Passerelles & Compétences. Dans une ambiance bienveillante, le prix du meilleur article a été remis à l’équipe de l’article microDON et celui de la plus grosse « galère » à l’équipe de l’article des Gueules Cassées.

Qu’en ont pensé les participants ? Quelques retours :

« J’ai appris à rédiger un article en respectant les codes de Wikipédia, notamment la neutralité et l’objectivité. »

« Merci à notre wikipédien qui nous a maternés car il a bien compris qu’on débarquait sur la planète Wikipédia ! »

« Je suis fière de moi et j’ai envie de continuer à contribuer à Wikipédia ! »

Merci aux 11 wikipédiens venus prêter main forte aux débutants et aux partenaires de l’événement. On espère renouveler l’événement l’an prochain pour continuer à rendre le savoir accessible à tous et former de nouveaux contributeurs à l’encyclopédie !

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Liberté de panorama : contradictions de toutes parts !

actualités - 13 avril, 2016 - 15:41
Mercredi dernier, nous vous avions partagé le sort de la liberté de panorama après son passage en commission culture, puis en commission des lois du Sénat. Les débats n’étant pas diffusés en direct, vous pouvez simplement retrouver, depuis quelques jours, leur transcription en deux comptes rendus (ici celui de la commission culture, et, ici, celui de la commission des lois). Il convient de revenir sur les arguments en faveur d’une restriction “non-commerciale“, qui ont été déployés à cette occasion.

Une exception commerciale au détriment des architectes et artistes plasticiens ? FAUX !

Si la sénatrice Mélot semble se féliciter de l’inscription de la liberté de panorama dans le projet de loi « pour une République numérique », elle indique :

Si la France est effectivement l’un des derniers pays à autoriser l’exception de panorama, très rares sont ceux qui permettent un usage lucratif de cette liberté, dans la mesure où il se ferait au détriment des architectes et des artistes plasticiens.

Cette allégation est erronée à double titre :

1) Les pays permettant l’utilisation commerciale sont majoritaires au sein des états membres de l’Union européenne. En effet, sur les 82 % des états membres ayant adopté la liberté de panorama, 74 % d’entre eux ont une liberté de panorama commerciale. Seuls 6 pays ont une liberté de panorama non-commerciale (la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie).

Carte des législations européennes basée sur l’œuvre de King of Hearts et Quibik [CC BY-SA 4.0]

Gris très foncé : liberté de panorama, y compris dans les intérieurs publics
Bleu
 : liberté de panorama, y compris dans certains intérieurs publics
Bleu clair
 : liberté de panorama, y compris pour les œuvres d’art
Gris
 : liberté de panorama, pour les bâtiments uniquement
Orange
 : liberté de panorama, pour les usages non commerciaux uniquement
Rouge
 : Pas de liberté de panorama



2) Également, sur la base des chiffres d’une étude du Conseil des architectes d’Europe, nous nous apercevons que dans les pays où il existe la liberté de panorama, les architectes sont les mieux payés.

Cette disposition est donc une véritable opportunité économique pour ces créateurs sans jamais remettre en cause leur droit moral.

En Estonie, par exemple, ce sont toutes les associations d’architectes qui demandent à ce que leur liberté de panorama aille au-delà du non-commercial !

Une exception commerciale au détriment des photographes ? FAUX !

Corinne Bouchoux, sénatrice écologique de Maine et Loire ajoute :

Je suis sensible à la situation des photographes : ils ont beaucoup de mal à gagner leur vie. Or, cette disposition pourrait leur porter préjudice.

Nous ne voyons pas en quoi une liberté de panorama commerciale nuirait à la profession, bien au contraire ! Sans restriction “commerciale” les photographes professionnels n’auraient plus à demander une autorisation, pour chaque photographie d’un monument ou d’une sculpture, aux ayants-droit, ni à payer un droit de reproduction. Cela faciliterait, par conséquent, leur travail.

A ce sujet, voici quelques commentaires laissés par des photographes sur notre pétition :

Je signe parce que je suis aussi photographe. Dans chaque pays où je vais, je n’aimerais pas devoir demander une autorisation chaque fois que je fais un cliché.
Gérard MAVEL, Mulhouse, France

Je suis un photographe averti et essaye de publier mes plus belles photos dans les Commons de Wikipédia et suis parfois débouté pour avoir photographié, de près, un bâtiment historique.
Guy LEBÈGUE, France

Je signe car je suis photographe et trouve anormal que de tels monuments historiques soient interdits de photo !
Damien LECARPENTIER, Outreau, France

Je suis moi même reporter photographe et je sais combien ces restrictions sont ridicules et tout à fait invraisemblables.
Gotin MICHEL, France

Photographe, je trouve ces restrictions inadmissibles !
Christophe CUENOUD, France

Je suis étudiant en photographie et j’estime que ces mesures sont contraires à la liberté d’expression.
Philippe LAMBERT, Vivegnis, Belgique

Parce que vivre de la photo n’est déjà pas facile…
Laurent Laveder, pluguffan, France

Colette Mélot conclut en assurant que son « amendement ne satisfait en rien les demandes de Wikimédia ». Ce point est assuré, elle a cédé face aux sociétés d’ayants-droit tout en faisant croire que l’exception pourra profiter aux particuliers et aux associations, alors que la limitation “non-commerciale” rend la liberté de panorama inutilisable en France. Il serait pourtant grand temps pour les sociétés d’ayants-droit de faire primer les intérêts des artistes qu’ils représentent plutôt que les leurs !

Rappelons notre position…

Nous lisons à regret des commentaires mensongers, dans la communication de ces dernières, au sujet de notre “réelle identité” ou de la “véritable finalité de nos actions”.

Ces organisations persistent à qualifier Wikimédia France comme une société américaine, ayant pour but de gagner de l’argent, en ne payant pas les créateurs.

Rappelons que Wikimédia France est une association loi 1901, qui fait partie de l’économie sociale et solidaire et qui œuvre au sein de l’économie de partage. L’association, au même titre que la fondation Wikimedia, n’est absolument pas propriétaire des contenus. Elle se positionne en appui d’une communauté, notamment de photographes (par le biais de son projet Wikimedia Commons). Ce sont ces utilisateurs qui administrent les projets, dans un but de libre diffusion de la connaissance. Notre association ne réalisera donc pas de bénéfice en lien avec la liberté de panorama.

De plus, dans les débats autour du projet de loi « pour une République numérique », nous communiquons ouvertement sur les actions de sensibilisation que nous menons, nous exposons nos arguments publiquement. Nous proposons des rencontres aux auteurs et groupements réticents à cette disposition, afin de leur expliquer nos arguments.

L’ADAGP quant à elle, à court d’arguments, se contente de lancer en l’air des chiffres sur les pertes pour les auteurs qu’engendrerait la liberté de panorama, chiffres que la commission culture inclut dans son avis. Hier, cette organisation indiquait un certain pourcentage, aujourd’hui elle en donne un autre sans jamais expliquer le détail de ces chiffres.

Nous avons, depuis le début des débats en septembre 2015 (via une consultation publique) et constamment depuis, demandé une liberté de panorama réduite :
* aux seules œuvres architecturales ou sculpturales dont les créateurs vivent de la commande publique (excluant ainsi, par exemple, le street art ou les photographies) ;
* aux œuvres étant en permanence dans des extérieurs publics (excluant ainsi toute exposition temporaire, de photos par exemple, mais aussi, les intérieurs publics comme certaines lois européennes le permettent).

Ainsi, après en avoir longuement débattu lors de notre audition avec la rapporteure de la commission culture, il nous semble peu adéquat de signifier que nous défendons « la liberté de panorama dans son acception la plus large » (avis rendu par la commission culture).


Nous avons bon espoir : aucun amendement pour le retrait de la liberté de panorama n’a été déposé, il reste quelques jours pour poursuivre la sensibilisation afin de faire sauter la restriction “non-commerciale”.

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